Chevrolet pourrait s'inspirer de Ferrari pour faire évoluer la Corvette
Avec sa 12Cilindri Manuale, Ferrari prouve qu’il est possible de recréer les sensations d’une transmission mécanique grâce à l’électronique, une piste qui pourrait intéresser Chevrolet.
Chevrolet pourrait bientôt trouver une source d’inspiration inattendue chez Ferrari. Avec sa 12Cilindri Manuale, la marque italienne a imaginé une nouvelle façon de faire revivre la boîte manuelle : un levier à grille, une pédale d’embrayage et des sensations d’ancienne, mais avec une transmission toujours pilotée par l’électronique. Une technologie qui pourrait ouvrir une piste intéressante pour l’avenir de la Corvette.
Corvette : Ferrari montre comment réinventer la boîte manuelle
Actuelle référence en matière de rapport performances/prix, la Corvette C8 a pourtant fait un choix radical : abandonner la boîte manuelle au profit d’une transmission automatique à double embrayage avec palettes au volant. Une décision que les passionnés ont fini par accepter mais qui n’empêche pas General Motors d’avoir déjà développé plusieurs briques technologiques capables de recréer les sensations d’une boîte traditionnelle… sans remettre une véritable transmission mécanique au catalogue. Le principe repose sur une approche by-wire : le levier de vitesses et la pédale d’embrayage ne sont plus reliés physiquement à la transmission. Ils deviennent des interfaces électroniques qui transmettent des informations à une boîte automatique, chargée ensuite d’ouvrir ou fermer ses embrayages et de sélectionner le rapport demandé. C’est exactement l’approche retenue par Ferrari avec la 12Cilindri Manuale, équipée d’un levier à grille 6 rapports plus marche arrière. Le prestigieux constructeur italien explique que le plus grand défi n’a pas été la gestion électronique de la boîte, mais la mise au point du ressenti : « développer la pédale d’embrayage et le levier physiques, et leur donner la sensation d’organes mécaniques » aurait été l’étape la plus complexe. Pour y parvenir, le système utilise des capteurs et un retour d’effort artificiel capables de reproduire le point de patinage de l’embrayage, la résistance d’une grille en H et même certains défauts d’une vraie boîte manuelle, comme la possibilité de caler. L’électronique garde toutefois le dernier mot en empêchant les erreurs susceptibles d’endommager la transmission ou de provoquer un surrégime.
Corvette : les technologies existent déjà pour recréer une boîte manuelle
Sur la Corvette actuelle, Chevrolet
dispose déjà de plusieurs briques technologiques qui pourraient
servir de base. Dans son communiqué consacré au sélecteur de
vitesses électrique de la C8, la marque précise
qu’« avec ce sélecteur électrique, il n’y a plus d’interface
mécanique entre le levier de vitesses et la boîte ». Le
conducteur donne une consigne, l’électronique se
charge d’exécuter l’ordre. Cette logique de
shift-by-wire supprime les contraintes liées aux
longues liaisons mécaniques entre le levier et la
transmission. Elle constitue donc une première étape vers une
éventuelle boîte manuelle électronique.
Chevrolet avait déjà exploré cette voie sur la
précédente C7 : le levier de la boîte manuelle recevait un capteur
capable d’indiquer au calculateur le rapport sélectionné, notamment
pour piloter le système de talon-pointe automatique.
General Motors a également déposé en 2018 un
brevet baptisé « Electric Slave Cylinder for Manually
Shifted Vehicles ». Le principe : une pédale d’embrayage
équipée de capteurs, capable de commander électroniquement
l’actionnement de l’embrayage tout en conservant un retour d’effort
artificiel pour maintenir un ressenti naturel, même avec l’usure
des composants.
En réunissant ces différentes technologies, GM
pourrait théoriquement installer dans une future Corvette un levier
en H et une pédale d’embrayage reliés à des capteurs, tout en
conservant la boîte double embrayage 8 rapports déjà développée,
testée et homologuée. Le travail consisterait alors principalement
à programmer la transmission pour qu’elle réagisse
comme une boîte manuelle lorsque le conducteur passe un rapport ou
actionne l’embrayage.
Le véritable défi serait donc moins technique que sensoriel : donner l’impression de manipuler une mécanique authentique. Le brevet GM montre déjà qu’un retour d’effort réaliste est possible sur la pédale ; il resterait désormais à développer un levier capable de reproduire les crans, les résistances et les sensations d’une vraie grille en H. Un domaine où les fabricants de simulateurs de course accumulent déjà une solide expérience.














