Cette Lamborghini Diablo cachait le premier W16 de la Bugatti Veyron… elle réapparaît 20 ans plus tard
Derrière cette Lamborghini Diablo se cache l'un des prototypes les plus secrets de Volkswagen. Pendant des années, elle a servi à mettre au point le mythique W16 de la Bugatti Veyron. Ce modèle unique est aujourd'hui visible au Louwman Museum, aux Pays-Bas.
Sur les photos, on jurerait une Lamborghini Diablo comme les autres. Sauf que cette auto cache un secret de famille XXL : sous sa carrosserie jaune, cette Lamborghini Diablo W16 a servi de labo roulant au futur moteur Bugatti. Longtemps planquée dans les coulisses de Volkswagen, elle est aujourd’hui exposée au Louwman Museum, aux Pays-Bas.
Construite à la fin des années 1990 sur base de Diablo VT, elle reçoit le tout nouveau W16 8,0 litres à quatre turbos développé pour la future Veyron de plus de 1 000 ch. Après des essais à très haute vitesse, le prototype disparaît des radars pendant plus de vingt ans… avant de réapparaître brièvement, puis de filer vers La Haye.
Lamborghini Diablo W16 : la mule secrète imaginée par Volkswagen
Quand Volkswagen rachète à la fois Lamborghini et les droits Bugatti en 1998, Ferdinand Piëch a une idée fixe : créer un moteur hors norme pour relancer la marque alsacienne. L’ingénierie maison planche alors sur un W16 de 8,0 litres, quatre turbos, censé délivrer 1 001 ch et environ 1 250 Nm pour permettre à la future Bugatti Veyron de frôler les 400 km/h.
Pour tester ce monstre, il faut un châssis existant à moteur central, robuste et assez long : la Diablo VT s’impose. Son V12 quitte le compartiment moteur, remplacé par le W16 encore en développement. Les ingénieurs valident ainsi l’implantation, la transmission et le refroidissement en roulant jusqu’à environ 300 km/h, bien avant que n’apparaisse le moindre prototype 100 % Bugatti.
À quoi ressemble vraiment cette Lamborghini Diablo W16 unique
De l’extérieur, la Lamborghini Diablo W16 ne trompe pourtant pas un œil un peu averti. La carrosserie a été élargie, les voies augmentées, et un splitter massif a été ajouté à l’avant. Le capot gagne des prises d’air et des ouïes de refroidissement supplémentaires, indispensables pour évacuer la chaleur du W16 quadriturbo qui remplit presque tout l’arrière de la voiture.
À l’arrière, quatre grosses sorties d’échappement sont regroupées au centre et le bloc optique gauche a disparu pour laisser passer conduits et échangeurs. Le prototype est même parfois présenté avec l’aile arrière gauche déposée, façon vitrine technique. Les visiteurs du musée peuvent ainsi repérer d’un coup d’œil tout ce qui distingue cette Diablo d’un modèle de série.
De l’ombre aux projecteurs : la Diablo W16 au Louwman Museum aux Pays-Bas
Une fois sa mission accomplie, la voiture quitte les pistes d’essai et rejoint un entrepôt anonyme du groupe Volkswagen. Aucun communiqué, aucune photo officielle : pendant plus de deux décennies, cette mule ne vit que pour les ingénieurs. Ce n’est qu’au début de 2026 qu’elle ressort, d’abord à l’Autostadt de Wolfsburg, puis lors de la Bremen Classic Motorshow, présentée comme véhicule de test du W16.
Depuis le 10 juillet, elle a pris la route des Pays-Bas pour rejoindre l’exposition temporaire "Beasts of Bugatti" au Louwman Museum, à La Haye. Le musée y retrace l’ère du W16 avec neuf Bugatti d’exception, de la Veyron à la Chiron, et cette intruse italienne comme point de départ. L’exposition est programmée jusqu’au 30 août 2026, tous les jours de 10 h à 17 h, avant que le prototype ne retourne en coulisses.














