BYD : l'avenir de Maserati pourrait-il s'écrire en Chine ?

Publié le 7 juin 2026 à 07:00
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BYD évoque Maserati comme une « marque très intéressante ». Entre ambitions de luxe et usines en crise, un scénario inattendu se dessine...

Quand le géant chinois BYD prononce le nom de Maserati, tout l’écosystème du luxe auto européen se crispe un peu. À Londres, lors du forum Future of the Car en mai 2026, la vice‑présidente Stella Li a expliqué regarder de près plusieurs marques européennes en difficulté et jugé Maserati "très intéressante"...

BYD : pourquoi la Chine cherche une vitrine de luxe européenne ?

Dans les faits, rien n’est signé : le directeur des opérations de Maserati, Santo Ficili, répète que la marque "n’est pas à vendre", et BYD assure ne mener aucune négociation formelle. Pourtant, l’équation BYD et Maserati intrigue : d’un côté un champion de la voiture électrique coincé par les droits de douane européens, de l’autre un blason italien fragilisé mais toujours désirable. Build Your Dreams, mieux connue sous le sigle BYD, s’est imposée comme poids lourd mondial des batteries et des véhicules électriques. Après avoir construit une usine à Szeged, en Hongrie, prévue pour 2027, le groupe veut accélérer en rachetant des usines européennes sous‑utilisées plutôt qu’en multipliant les chantiers neufs. Stella Li explique viser des sites industriels que BYD pourrait exploiter seule, sans coentreprise locale. Le constructeur a déjà lancé des marques haut de gamme comme Denza et Yangwang en Chine. Ces noms restent toutefois inconnus en Europe, où le luxe automobile se confond encore avec quelques étiquettes italiennes ou allemandes. De nombreux analystes estiment qu’acquérir une marque européenne installée serait pour BYD un raccourci puissant pour crédibiliser une BYD/Maserati comme une marque de luxe, plutôt que d’imposer un nouveau label chinois dans l’ultra‑premium.

BYD : Maserati, icône en difficulté qui coche toutes les cases de BYD

Maserati reste associée aux coupés sportifs et aux berlines italiennes chic, mais ses comptes racontent une autre histoire. La marque, intégrée au groupe Stellantis, a perdu près de 840 M€ en 2025. L’usine de Cassino, en Italie, qui assemble notamment le SUV Maserati Grecale, tourne très en dessous de ses capacités, symbole d’un outil industriel trop lourd pour des volumes modestes. Un partenaire comme BYD offrirait à Maserati un accès direct à des plateformes électriques modernes et à des batteries maison, avec des investissements massifs dans de nouveaux modèles. En retour, BYD récupérerait une image de luxe européenne immédiatement exploitable, un réseau de concessionnaires et une base industrielle en zone euro, loin des droits de douane frappant les véhicules électriques importés de Chine. Même l’idée d’un retour du trident en Formule 1 avec un soutien financier chinois circule dans les scénarios envisagés par certains observateurs.
Pour l’instant, Stellantis s’en tient à la ligne officielle : Maserati doit être relancée en interne, avec de nouveaux produits, et n’est pas à vendre. Le chercheur Stefan Bratzel, directeur du Center of Automotive Management, juge qu’un rachat de Maserati par BYD n’a rien d’irréaliste, tout en précisant qu’il "ne le voit pas se produire pour le moment". Le coût d’une telle opération, ajouté aux pressions concurrentielles en Chine, ferait peser un risque financier important sur BYD.

Les spécialistes du secteur voient plutôt ce feuilleton comme le symptôme d’un mouvement plus large : si des groupes européens décident un jour de se séparer de certaines marques historiques, plusieurs constructeurs chinois se placeront aussitôt...

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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