Occasion - BMW 540i (2000) : en vaut-elle vraiment le coup ?
Face à une BMW 540i E39 de 2000, les passionnés oscillent entre rêve et prudence. Entre plaisir, fiabilité et budget, le bilan réserve des surprises.
Une annonce de BMW 540i E39 de 2000, V8 et boîte manuelle six vitesses, ça fait toujours battre un peu plus vite le cœur des amateurs de belles mécaniques. Berline discrète, moteur noble, image de "dernière vraie Série 5" encore assez analogique pour parler aux passionnés. Mais en occasion, la question qui pique reste la même : plaisir XXL, oui, mais à quel prix réel.
BMW 540i E39 : V8, boîte méca et vraie gueule de sport
En effet, cette BMW 540i E39 coche autant de cases séduisantes que de cases à risque. Une 540i bien entretenue peut offrir des années de plaisir sans drame, là où un mauvais exemplaire peut engloutir plusieurs milliers d’euros en quelques mois. Tout se joue dans ce qu’on ne voit pas sur les photos : l’historique, les grosses interventions déjà faites… ou pas. Sur le papier, la 540i de 2000 a tout pour plaire : V8 4,4 l atmosphérique de 286 ch et 440 Nm, propulsion, et possibilité d’une boîte manuelle 6 rapports Getrag identique à celle de la M5. Le tout dans une berline au châssis très équilibré, avec direction précise et confort sérieux. On est proche des performances d’une sportive, mais avec quatre portes et un coffre. L’E39 est aussi réputée pour sa finition : plastiques solides, cuir qui vieillit bien si entretenu, tableau de bord orienté vers la conductrice, ergonomie simple. Une 540i propre garde un charme très "youngtimer" sans paraître totalement datée. L’agrément moteur reste son atout maître : douceur à bas régime, gros couple disponible tôt, et une sonorité grave qui donne l’impression de conduire quelque chose de spécial à chaque trajet.
BMW 540i E39 : ce qu’il faut regarder avant de signer
Le gros point noir du V8 M62 concerne les
guides de chaîne de distribution, en plastique.
Avec l’âge, ils peuvent se désagréger et provoquer des
bruits de cliquetis au démarrage, puis un risque
de décalage de distribution. La remise à neuf complète chez un
spécialiste tourne souvent autour de 4 000 à 5 500 € pièces et main
d’œuvre. Sur une auto de plus de vingt ans, c’est l’élément à
vérifier en priorité dans les factures. Autres classiques : système
de refroidissement (radiateur, vase d’expansion, pompe à eau,
thermostat) à remplacer périodiquement pour éviter la surchauffe,
silent-blocs et bras de suspension avant à revoir, fuites d’huile
sur joints de couvre-culasse ou carter, électronique
capricieuse (pixels de l’ordinateur de bord, capteurs
divers). Une remise à niveau sérieuse peut vite
dépasser les 2 000 à 3 000 €. Une 540i intéressante est donc une
auto dont ces postes lourds ont déjà été traités, factures à
l’appui.
Les ventes récentes montrent des 540i E39 autour
de 14 000 $ en moyenne, soit environ 13 000 à 14 000 € pour un bel
exemplaire. Une berline de 2000, boîte manuelle, 150 000 km
environ, trains roulants refaits, embrayage récent et gros
entretien suivi peut légitimement s’afficher dans la tranche haute.
C’est le cas de cette annonce en question, avec un
exemplaire américain à 95 500 miles, look M5, historique détaillé
et nombreux travaux récents proposé autour de 14 500 $, typique du
"haut du panier".
En pratique, la 540i 2000 "vaut le coup" si vous l’achetez pour ce qu’elle est : une berline de caractère, devenue rare, que l’on garde longtemps. Il faut accepter un prix d’achat souvent supérieur à 10 000 €, garder une enveloppe de 3 000 à 5 000 € pour d’éventuels gros travaux, et s’appuyer sur un bon spécialiste ou quelques compétences mécaniques. Si vous cherchez un daily sans surprise et au budget serré, une 530i bien suivie ou un modèle plus récent sera plus rationnel. Si vous assumez le risque calculé, cette 540i reste l’une des façons les plus enthousiasmantes de rouler en V8.














