Dodge renoue avec la NASCAR et revendique le moteur thermique
Dodge officialise son retour en NASCAR Cup Series 2027 avec la Charger et un discours pro-moteur thermique. Reste à voir ce que cache vraiment ce virage assumé.
À Las Vegas, pendant l’ouverture du SEMA Show 2026, Dodge a choisi la scène la plus bruyante possible pour annoncer son grand retour en NASCAR Cup Series en 2027. Quatorze ans après le titre de Brad Keselowski, la marque engage à nouveau une Dodge Charger officielle et profite de l’occasion pour marteler que la performance essence redevient le cœur de son identité.
Retour de Dodge en NASCAR : un come-back express
Dans une industrie focalisée sur l’électrique, ce signal est tout sauf anodin. La même Dodge qui peine à convaincre avec son coupé Charger Daytona à batteries choisit de s’afficher à nouveau dans un championnat 100 % thermique, avec un discours très assumé pour rassurer les fans de muscle cars inquiets de voir disparaître le V8. Le calendrier donne la mesure du défi : l’annonce tombe début novembre 2026, et la première Dodge officielle doit déjà prendre le départ du Daytona 500 en février 2027 : "Tout le monde disait que c’était impossible de revenir en un an. Nous avons répondu : regardez-nous", a lancé Tim Kuniskis, patron des marques américaines de Stellantis. Pour aller aussi vite, Dodge s’appuie sur Kaulig Racing, qui fera rouler deux Charger engagées officiellement. Tim Kuniskis assume une mise au point accélérée : "on pourrait tout planifier, tester et peaufiner pendant trois ans, ou tout faire en temps réel sur la piste". La composition de l’équipe sera dévoilée lors du Championship Weekend de Homestead‑Miami, avant la présentation de la voiture au Snowball Derby, en Floride, le 4 décembre 2026.
La NASCAR, vitrine parfaite du moteur thermique pour Dodge
Sur le plan technique, la Cup Series reste l’un
des derniers bastions du gros V8 thermique aux États‑Unis : les
moteurs tournent au carburant E15 et remplissent les tribunes d’un
son très loin du chuchotement des modèles
électriques. Avec le retour de Dodge, la NASCAR
comptera de nouveau quatre constructeurs face à Ford, Chevrolet et
Toyota. Selon Tim Kuniskis, ce programme doit
montrer que Dodge : "double la mise sur la performance
américaine". S’aligner dans un championnat où l’hybride et
l’électrique sont absents revient à revendiquer
publiquement son expertise essence, au moment où le marché
des voitures à batteries ralentit. La NASCAR sert ici de mégaphone
idéal pour toucher une base de fans très attachés au thermique.
Derrière la communication musclée, le contexte
produit est plus délicat. Le nouveau coupé
Charger Daytona électrique a démarré avec une offre de leasing
jugée très peu attractive et une hausse de prix à cinq chiffres,
alors même que la demande reste timide. Beaucoup de fidèles
reprochent surtout à Dodge d’avoir tout fait pour
moderniser l’icône… sauf lui redonner un V8.
En avril, le patron de Dodge, Matt McAlear, reconnaissait un lancement chaotique mais disait rester "enthousiaste" et "confiant" pour la Charger, avant d’admettre que : "on ne réussit jamais tout du premier coup". Dans le même temps, le plan Stellantis prévoit 60 nouveaux modèles et 50 restylages d’ici 2030, avec une future Charger V8 et une Super Bee à six cylindres très suralimenté, signe que chez Dodge, le moteur thermique n’a pas dit son dernier mot.














