La F1 risque-t-elle une pénurie de pneus ?

La F1 veut enchaîner les courses après la pandémie de coronavirus... mais Pirelli pourra-t-il fabriquer suffisamment de pneus ?
La pandémie de coronavirus a poussé la F1 à repousser le début
de sa saison mais le championnat envisage d'enchaîner les courses à un rythme effréné
quand la situation le permettra, avec des séries de trois courses
en trois week-ends, espacées d'un week-end de pause. Les équipes
devront fabriquer plus de pièces de rechange et Pirelli
devra accélérer la production de pneus. Le manufacturier
pourra-t-il répondre à la demande ?
« Habituellement, nous demandons 14 semaines de préparation
pour les courses outre-mer, » a expliqué Mario Isola, le
responsable de la compétition automobile de Pirelli, à Auto Motor
und Sport. « 15 semaines avant une course, nous devons choisir
les trois composés. Ensuite, les équipes font leur sélections. En
14 semaines, nous devons fabriquer et fournir les pneus. »
Isola pense que Pirelli pourra fabriquer les pneus dans le temps
imparti : « Dans ces circonstances particulières, nous pouvons
apporter plus de flexibilité et réduire la durée (pour le choix
puis la fabrication des pneus), » précise Isola. Pirelli aura
cependant besoin d'être prévenue à l'avance puisque les usines
tournent au ralenti actuellement.
Les pneus de la F1 et de la F2 sont produits à Slatina, en
Roumanie, et ceux de la F3 en Turquie. Les pneus produits pour
Shanghaï, une course reportée, sont stockés en Grande-Bretagne.
Pirelli a également conservé les pneus fabriqués pour Sakhir et
Hanoï. Ceux pour Melbourne ont en revanche été détruits, puisqu'il fallait les enlever des
roues. Les replacer sur les roues aurait pu les endommager.
Certaines contraintes sont à prendre en compte
La Formule 1 étudie plusieurs possibilités pour la reprise du
championnat. Aucun scénario n'est écarté et il est même possible
que deux courses aient lieu durant un même week-end. Dans ce cas
aussi, Pirelli devra s'adapter.
« Tout dépend du nombre de trains à fournir pour chaque
voiture, » explique Mario Isola. « Pour le moment, la
logistique est faite pour 1 800 pneus, que nous apportons à chaque
course. Si nous devons en apporter 3000, il faudra plus de camions,
plus de containers, plus de personnel. Ils y a aussi les limites du
paddock. Peut-on imaginer d'apporter les containers pour 3 000
pneus, par exemple, à Montréal ? Il faudrait les mettre sur l'eau,
parce qu'il n'y a pas d'autre endroit. Donc ce n'est pas
qu'une question de pneus supplémentaires. »
« Il faut prendre en compte tous les effets des modifications
du format de course. Nous pourrions évidemment mobiliser les
personnels de la Formule 2, de la Formule 3 ou d'autres
championnats. »
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