A quoi servent les outils aérodynamiques des équipes ?

Les équipes de F1 utilisent d'imposants outils, nommés aero rakes, et une peinture colorée, le Flow-vis, pour étudier l'aérodynamique des voitures (photos).
Durant les essais hivernaux, et plus rarement durant les essais
libres des Grands Prix, les équipes de F1 utilisent différentes
solutions pour étudier l'aérodynamique de leurs voitures.
Les pilotes peuvent prendre la piste avec des imposants outils de
mesure aérodynamique, nommés « aero rakes » dans le
monde de la Formule 1, ce qui peut se traduire
par « râteau aérodynamique » en français. Ils
peuvent aussi avoir du Flow-vis (pour flow visualisation, soit
visualisation de l'écoulement), une peinture colorée et même
fluorescente.
Les aero rakes permettent de créer une cartographie aérodynamique
Les grilles des aero rakes sont généralement équipées de sonde
de Kiel, qui servent à évaluer la pression de l'air, et plus
précisément la pression totale, qui cumule la pression statique, la
pression dynamique et la densité volumique d'énergie potentielle de
gravité. Les équipes peuvent aussi utiliser des tubes de Pitot,
beaucoup plus petits, qui permettent de mesurer la vitesse des
fluides. Le rake peut être placé à différents endroits, derrière
les roues avant ou à l'arrière de la monoplace.
L'ensemble des données recueillies permet de définir une
cartographie complète de l'écoulement de l'air, tout autour de la
voiture. Les équipes voient ainsi concrètement les vortex, c'est à
dire les tourbillons dans l'écoulement de l'air, qui peuvent être
provoqués par des éléments comme les ailettes de l'aileron avant,
une roue ou le diffuseur.
« On peut créer une peinture avec toutes les images des
différentes structures de l'écoulement et des différentes
structures de vortex, sur plusieurs parties de la voiture, »
explique Rob Smedley, consultant de la F1, sur le site officiel du
championnat. « Cette information est transmise à l'équipe
aérodynamique, pour optimiser et améliorer la structure de
l'écoulement. » L'ancien ingénieur de course de Felipe Massa
chez Ferrari et ancien ingénieur performance de
Williams précise que les données sont récupérées
« presque en temps réel » : « Les équipes ont
développé des programmes qui prennent les données brutes et en font
des images et des vidéos vraiment intéressantes, »
explique-t-il.
Le Flow-vis, une peinture colorée
Les équipes ont aussi recours au Flow-vis. Cette peinture
colorée est faite de poudre et d'huile, en général de la
paraffine. Elle est placé sur la carrosserie, et parfois sur
des éléments comme les étriers de freins ou les suspensions.
Lorsque le pilote est en piste, le Flow-vis s'écoule sur la partie
de la voiture que l'équipe souhaite analyser. En étudiant les
trajectoires prises par la peinture, une équipe peut voir
l'écoulement de l'air d'une manière très concrète.
« En analysant ça, nous cherchons généralement des choses comme des
séparations, c'est à dire l'endroit où l'écoulement se divise et où
il n'a pas la bonne structure sur la voiture, » indique
Smedley. « Les aérodynamiciens peuvent apprendre beaucoup de
choses sur ce qui se passe en amont, en espérant que cela aidera à
corriger certains problèmes de la voiture. »
Ce procédé peut paraître rudimentaire mais il a l'avantage d'être
fiable : « Une méthode simple, mais très utile dans
l'environnement de la piste, un environnement très tumultueux pour
des expérimentations, » résume Smedley.
Des données importantes pour la corrélation
Les données recueillies par les aero rakes, autour de la
monoplace, et le Flow-vis, directement sur la carrosserie, ont
l'avantage d'être dans des conditions réelles, contrairement à
toutes les simulations, que ce soient celles des essais en
souffleries ou celles des simulations sur ordinateur (CFD, pour
Computational Fluids Dynamics, soit mécanique des fluide
numériques).
Le recours aux rakes et au Flow-vis ne signifie pas qu'une équipe
doute de l'exactitude de ses outils de simulation. Rob Smedley
précise qu'« aucune soufflerie n'a une corrélation à
100% » et qu'il est important de comprendre toutes les
différences entre les simulations et les conditions
réelles. Aux essais de Barcelone, toutes les équipes ont ainsi
recours à ces solutions, pour vérifier que leur monoplace réagit
comme prévu, et éventuellement corriger le tir.
Les données recueillies en piste permettent quand même de vérifier
la précision des simulations. Les ingénieurs vérifient la
corrélation entre les deux types de données. Les équipes peuvent
ainsi vérifier que leurs outils de simulation sont précis, et
apporter des correctifs en cas de besoin. Si une équipe voit
une incohérence, elle a « un problème » selon
Smedley. « Au lieu de consacrer du temps au développement
et à l'amélioration des temps de la voiture, on met toutes ses
compétences et son talent d'ingénierie pour comprendre d'où
viennent les problèmes de corrélation, » explique
l'ingénieur.
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