Essai - Ferrari 849 Testarossa Spider : au volant de la dernière pépite de Maranello (+ images)
C’est l’histoire d’une rencontre entre l’une des plus belles routes d’Europe et l’un des spiders les plus accomplis de tous les temps. Bienvenue sur l’île de Tenerife, aux Canaries, au volant de la Ferrari 849 Testarossa Spider, le joyau de Maranello.
A la question « Quelles sont les plus belles routes en
Europe ? », les réponses fusent : Transfagarasan, col du
Stelvio, route Napoléon, Grandes Alpes, etc. Tout cela étant
éminemment subjectif, car dépendant de la météo et de la monture.
Mais si l’on ne se refusait vraiment rien, on élargirait la
recherche à l’Europe ultrapériphérique… jusqu’à englober les îles
Canaries. Tiens, en Ferrari.
Cabriolet, tant qu’à faire. Imaginez les 1 050 ch de la toute
dernière 849 Testarossa Spider pour
serpenter en liberté sur les routes volcaniques de Tenerife et
redescendre vers les plages à travers la myriade de virages, puis
longer la côte escarpée. Un rêve exaucé par ce roadbook savamment
sélectionné par les pilotes-essayeurs de chez Ferrari, qui sont à
l’automobile ce que les sommeliers sont aux plus grandes
tables.
Dans ce menu dégustation qui frise la perfection, la première bonne
surprise provient de la mise en bouche. Je parle de la réapparition
d’un vrai bouton rouge de démarrage, qui s’enfonce quand on appuie,
à la place de la commande tactile du volant. Plus besoin de le
caresser dans le sens du poil, avec le bout du doigt, et au bon
endroit, en tendant l’oreille pour déceler le « toudoum » de
Netflix qui signale la mise en route.
Ferrari 849 Testarossa Spider : allumage
Un coup de pouce et basta… ça peut paraître tout bête, mais on
n’a encore rien trouvé de mieux. Il suffit ensuite de sélectionner
le mode Qualifying de l’hybridation et la position Race du
Manettino pour sonner le clairon. La 849 Testarossa se met à
ronronner avec des intonations qui trahissent la réactivité d’un
moteur de course.
A peine sommes-nous sortis du parking que le V8 démontre déjà son
double visage. Un caractère placide aux régimes usuels et une
propension à partir au quart de tour dès la moindre sollicitation.
Cette absence d’inertie est devenue la signature des motoristes de
Maranello. Dans une bourrasque à vous plaquer les omoplates contre
le dossier, la 849 explose et se projette en avant comme une
fléchette. Par rapport à la sensation de suralimentation de la SF90
Spider, la Testarossa donne l’impression d’une poussée plus
immédiate, plus progressive et surtout plus élastique.
Disons qu’il y a moins d’effet On/Off et que la réactivité du
moteur est encore plus sidérante. Ce n’est pas le genre de biturbo
à boxer chez les poids lourds. Il est plus subtil et déploie sa
force en deux phases simultanées. La première est une réaction
instantanée, puis une poussée qui détone comme un boulet de canon.
Rien de plus sécurisant pour doubler : à peine posé le pied sur
l’accélérateur que la Testarossa Spider bondit.
Ce V8 et son coup de pouce électrique rapprochent l’inconciliable
au point d’inventer un nouveau concept : l’instantanéité
progressive. Cette réponse immédiate, qui s’allonge à l’infini,
apporte un agrément indescriptible. L’autre source de satisfaction
inépuisable provient de la boîte de vitesses, juste parfaite. Aussi
bien pour les montées de rapports que pour les rétrogradages, en
mode manuel comme automatique.
Ferrari 849 Testarossa Spider : dentelle
Au volant de la 849 Spider, je jubile au gré de
la route découpée en dentelle et entourée de roche volcanique, avec
l’océan en contrebas. Dans les virages qui remontent en direction
du sommet du Teide (point culminant d’Espagne avec 3 715 m de
hauteur), le Spider donne l’impression d’une parfaite stabilité.
Avec des mouvements de caisse dûment régulés, sans être raide comme
la justice.
Par rapport au Coupé, la conduite apporte une plus grande connexion
à la route en position ouverte. Avec une baisse de rigidité que
l’on ressent seulement légèrement, en manœuvre à basse vitesse sur
un sol non plat, ou en changement d’appuis à un rythme plus élevé.
C’est juste histoire de pinailler parce que, sous le soleil des
Canaries, l’agrément est éclatant.
La 849 Spider galope dans les virages telle une antilope. Elle
enroule les courbes et suit des arcs de cercle avec une précision à
donner le tournis. Sans concéder le moindre degré de roulis. Puis
en passant de l’autre côté du versant, la Testarossa file au rythme
de la balade en faisant preuve d’une polyvalence remarquable. S’il
n’y avait pas ce coffre vraiment étriqué, elle serait parfaite pour
les longues virées. Tenerife le démontre avec ses parfums de bout
du monde et ses panoramas dépaysants. Aussi grandioses que
changeants, au gré de son altitude.
Ferrari 849 Testarossa Spider : agilité
La 849 profite d’une pause photos pour se faire muette comme une
carpe en basculant sur le mode tout électrique. Il faut reconnaître
que, même pour les amateurs de vrais moteurs, c’est un plaisir de
pouvoir repasser en mode furtif en fonction de la situation. Dans
le parc national du Teide, la Testarossa s’aventure sur un parking
rocailleux, en rehaussant sa garde au sol grâce au lift system pour
ne pas érafler sa lame en carbone. Après une courte halte dans ce
paysage déchiqueté de roche volcanique noir ébène, il est temps de
mettre le cap au sud.
Le bitume se déroule comme un tapis au gré des minéraux ciselés et
le V8 détone. Il est définitivement moins bestial que celui de la
SF90 Spider, mais ce n’est pas un mal. Malgré sa puissance de
fusée, il a une faculté à se plier à toutes les conditions de
roulage. Un filet de gaz pour doubler une brochette de touristes
égarés et fâchés avec les clignotants, un bref coup de frein pour
stopper net devant un refus de priorité : tout est facile, fluide
et sécurisant. On prend un réel plaisir, à un rythme coulé, à
constater cette façon décontractée de dévorer le bitume.
En dépit de ses 1 050 ch, la 849 Spider est utilisable au
quotidien, depuis le paradis canarien jusqu’à l’enfer des bouchons
parisiens. Comme si la double suralimentation n’avait besoin
d’aucune mise en pression. C’est très différent de ce que l’on
retrouve chez McLaren, Bentley ou Aston Martin par exemple. Le
comportement dynamique de la 849 Spider est du même acabit. Tout
simplement parce qu’on ressent à peine la hausse de poids par
rapport au Coupé (90 kg à cause du toit rétractable et des renforts
de caisse). Cabriolet ou pas, l’impression reste celle d’une grande
précision et d’une agilité innée. Avec des aides à la conduite qui
rattrapent les excès d’optimisme tout en se faisant discrètes.
Ferrari 849 Testarossa Spider : puissance démesurée
Il faut avouer qu’avec ce niveau de puissance, on réfléchit à
deux fois avant de passer sur la position CST Off du Manettino.
Mais autant l’accélération à pleine charge pouvait être brutale sur
une SF90 Spider, autant la 849 Spider se montre plus raffinée.
Finalement, cette maîtrise de puissance permet une plus grande
sérénité. Mais également de mieux en profiter.
C’est en cela que Ferrari parvient à une alchimie qui confine au
génie. Cette alliance de puissance démesurée et de maîtrise
technologique repousse encore l’agrément au volant. La 849 Spider
est plus agile et plus prévenante que la SF90 Spider, sans être
moins émouvante. Peu importe le virage, elle s’y jette en vous
communiquant le moindre de ses mouvements.
Avec toujours la même fluidité, transparence, stabilité et
précision. Le combo parfait… d’autant que le freinage est à
l’avenant. Aussi bien en matière de décélération que de contact à
la pédale de frein, malgré la régénération. Franchement, à part la
taille du coffre insuffisante pour les virées à deux, il n’y a pas
grand‑chose à ajouter.
L'avis de Laurent Chevalier : 5/5
Malgré la (très) légère baisse de rigidité due à l’ablation du toit, la 849 Spider reste un scalpel. Et par rapport à la SF90 Spider, elle donne l’impression d’être moins brutale, plus agile, plus précise et plus efficace. Au volant, il en ressort un agrément phénoménal. Un mariage parfait entre une fluidité de conduite limpide et des performances explosives.
Ferrari 849 Testarossa Spider : sa fiche technique
- Moteurs : V8 biturbo, 32 S + 3 électriques
- Cylindrée : 3 990 cm3
- Régime maxi : 8 300 tr/mn
- Puissance thermique maxi : 830 ch à 7 500 tr/mn
- Couple thermique maxi : 85,8 mkg à 7 500 tr/mn
- Puissance électrique : 220 ch
- Puissance maxi cumulée : 1 050 ch
- Capacité batterie (brute) : 7,45 kWh
- Autonomie électrique : 25 km
- Transmission : intégrale, 8 rapports à double embrayage (roues avant déconnectées au-delà de 210 km/h)
- Antipatinage : de série
- Autobloquant : E-diff
- Poids annoncé : 1 660 kg à sec
- Rapport poids/puissance : 1,58 kg/ch
- L - l - h : 4 718 - 1 989 - 1 225 mm
- Empattement : 2 650 mm
- Pneus AV & AR : 265/35 & 325/30 R 20
- Prix de base : 492 426 €
- Options/malus : 123 106/80 000 €
- Prix du modèle essayé : 695 532 € (malus compris)
- V. max. : 330 km/h
- 0 à 100 km/h : 2’’3
- 0 à 200 km/h : 6’’5
Retrouvez notre essai de la Ferrari 849 Testarossa Spider dans le Sport Auto n°775 du 31/07/2026.















