Ferrari 849 Testarossa : comment fonctionne sa suralimentation ?
La nouvelle 849 Testarossa adopte les plus gros turbocompresseurs jamais montés sur une Ferrari de route. Comment fonctionnent-ils ? Les explications techniques de Sport Auto.
Il s’agit ici d’extirper du V8 biturbo de la SF90 la bagatelle de 50 chevaux supplémentaires pour propulser la Ferrari 849 Testarossa, testée ici par Sport Auto.
La suralimentation de la Ferrari 849 Testarossa : à quoi ça sert ?
En toute logique, l’objectif principal des motoristes a été de
faire entrer plus d’air à l’intérieur des chambres de combustion
pour pouvoir y brûler plus de carburant afin d’obtenir une
puissance accrue. Pour y parvenir, tout ou presque a été re-conçu,
le bloc, les culasses, les collecteurs d’admission, mais aussi et
surtout ceux d’échappement désormais fabriqués en Inconel et
présentant des conduits dont la section a notamment forci de 20
%.
Enfin, au bout de ces collecteurs, la 849 a droit aux plus gros
turbocompresseurs jamais montés sur une Ferrari de route. Les
dimensions exactes de roues de turbine et de compresseur n’ont pas
été fournies par le constructeur, mais elles seraient environ 10 %
plus grandes en diamètre que celles de la SF90, le tout pour une
pression de suralimentation augmentée de 0,5 bar. Résultat au banc,
la puissance du V8 italien passe ainsi de 780 à 830 ch.
C.Q.F.D.
La suralimentation de la Ferrari 849 Testarossa : comment ça marche ?
Toute la difficulté a consisté pour les motoristes Ferrari à
limiter les effets de l’inertie forcément accrue de ces gros
turbocompresseurs. Dès lors, outre la reconduction d’une
architecture à double entrée séparée comme sur la SF90, permettant
notamment d’éviter le phénomène typique de ce genre de mécanique de
réaspiration des gaz d’échappement sortant d’une chambre par une
autre, les turbos de la 849 sont montés sur des
roulements à billes en céramique tels que ceux de la F80 pour
réduire les frottements et faciliter leur mise en vitesse.
Mieux, une stratégie spécifique de calage de distribution a été
développée pour éviter une chute de régime des turbos en phase
transitoire, lors par exemple d’un lever de pied de l’accélérateur.
L’idée consiste à augmenter la pression des gaz d’échappement
entraînant les turbines en utilisant le phénomène dit « de
balayage ».
Il s’agit d’obtenir un croisement de distribution en fermant
tardivement les soupapes d’échappement tandis que celles
d’admission commencent à s’ouvrir. Ainsi, une partie des gaz frais
encore poussés par les turbos passent directement dans les
collecteurs d’échappement, ce qui contribue à maintenir la vitesse
de rotation des turbocompresseurs.
La suralimentation de la Ferrari 849 Testarossa : vont-ils trop loin ?
Cette stratégie ne peut toutefois pas fonctionner lorsque le
régime des turbos a eu le temps de retomber, comme après une
utilisation prolongée à faible charge. Dans ce cas, le système
hybride sollicite alors autant que possible ses moteurs électriques
de propulsion (deux à l’avant, un à l’arrière) pour fournir le
couple correspondant à la demande du conducteur tout en recourant
le moins possible à des méthodes de gestion moteur traditionnelles,
telles que le retrait d’avance à l’allumage ayant pour effet de
faire monter la température et donc la pression des gaz
d’échappement.
Cela permet certes d’accélérer la rotation des turbos, mais au
détriment de leur durée de vie, et au prix d’une augmentation de la
consommation et surtout des émissions bientôt incompatible avec les
futures normes de dépollution.
La suralimentation de la Ferrari 849 Testarossa : l'avis de Sport Auto
La Testarossa prouve qu’il est possible d’augmenter la puissance d’une mécanique suralimentée grâce à des turbos plus gros tout en améliorant sa réponse à l’accélérateur. Encore une démonstration de savoir-faire pour les motoristes de Maranello !
Retrouvez notre focus technique sur la Ferrari 849 Testarossa dans le Sport Auto n°770 du 27/02/2026.














