Aston Martin Valhalla : la marche arrière de cette hypercar doit absolument être bridée
Pendant ses essais, l’Aston Martin Valhalla a pu atteindre près de 140 km/h… en marche arrière, grâce à ses moteurs électriques avant. Le constructeur britannique a depuis sévèrement limité cette marche arrière, pour des raisons moins évidentes qu’il n’y paraît.
Une hypercar capable de filer à environ 140 km/h en marche arrière, ce n’est pas une blague d’ingénieurs : c’est ce qui est arrivé à la Aston Martin Valhalla pendant son développement. Ce coupé hybride rechargeable, nouveau vaisseau amiral du constructeur britannique connu pour ses apparitions dans la saga James Bond, a révélé un comportement pour le moins surprenant lorsqu’il roulait uniquement sur ses moteurs électriques.
Sur le papier, la fiche technique donne le tournis : V8 4,0 litres biturbo et trois moteurs électriques pour un peu plus de 1 000 ch, 0–100 km/h en 2,5 s environ et 350 km/h en pointe. En mode 100 % électrique, les deux moteurs sur l’essieu avant entraînent la voiture jusqu’à 87 mph, soit près de 140 km/h. C’est justement là que les choses se sont compliquées.
Aston Martin Valhalla : une hypercar hybride sans vraie marche arrière
Pour gagner du poids et de la place, la boîte de vitesses double embrayage à 8 rapports ne comporte aucun rapport de marche arrière mécanique. La fonction est confiée aux deux moteurs électriques avant, qui entraînent chacun une roue et donnent à la Valhalla une transmission intégrale. Quand le conducteur sélectionne la marche arrière, la boîte reste en position neutre et ces moteurs tournent simplement dans l’autre sens pour faire reculer la voiture.
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Martin
Outre la DB12 S, la Valhalla AMR est arrivée en 2026.
Un troisième moteur électrique est intégré à la boîte et aide surtout le V8 lors des accélérations, en remplissant le creux entre deux rapports. En conduite douce, la Valhalla peut rouler uniquement sur ses moteurs avant sur une quinzaine de kilomètres, jusqu’à environ 140 km/h. Comme ces moteurs gèrent aussi la marche arrière, la vitesse maximale en mode électrique était la même dans les deux sens pendant les premiers essais.
Une marche arrière à 140 km/h qui a surpris les ingénieurs
En développement, les deux moteurs avant pouvaient propulser la Valhalla jusqu’à 87 mph, soit environ 140 km/h, que l’auto avance ou recule. Autrement dit, en sélectionnant R, il était théoriquement possible d’atteindre la même vitesse qu’en mode électrique vers l’avant. Sur une voiture aussi puissante et basse, avec une visibilité arrière réduite, une telle vitesse en marche arrière devient très difficile à contrôler, même pour un pilote aguerri.
Pour la version de série, la marque a donc programmé une vitesse limitée électroniquement à environ 18 mph en marche arrière, soit un peu moins de 30 km/h. Ce plafond reste largement suffisant pour sortir d’une place de parking ou manœuvrer sur circuit. Le cas de la Valhalla rappelle qu’un véhicule électrique peut aller très vite en marche arrière : en 2023, la Rimac Nevera a établi un record Guinness à 171 mph, environ 276 km/h, en roulant… en sens inverse.
Ce que l’affaire de la marche arrière de la Valhalla annonce pour les hypercars
Cette histoire montre à quel point les hypercars modernes dépendent de lignes de code autant que de mécanique. Sans simple paramètre logiciel, l'Aston Martin Valhalla se retrouvait capable d’exploiter tout son potentiel électrique en marche arrière, dans un cadre impossible à gérer sur route ouverte ou même en essai privé classique. À l’avenir, des modèles toujours plus puissants devront composer avec ces limites invisibles, posées pour garder la performance dans une zone exploitable.














