Ces moteurs devaient disparaître d’ici 2026... mais BMW M a d’autres plans
Refusant de sacrifier ses moteurs six cylindres et V8 sur l’autel des normes Euro 7, BMW M a d’autres plans...
Alors que les normes d’émissions Euro 7 s’apprêtent à
entrer en vigueur en novembre 2026, nombreux sont ceux qui
redoutaient la fin programmée des blocs les plus emblématiques du
paysage automobile européen.
Mais du côté de BMW M, la réponse est claire. Il n’est pas question
de tirer un trait sur les moteurs six cylindres en ligne ou V8. Le
patron de la division sportive, Frank van Meel, l’a affirmé avec
fermeté.
Pas de downsizing ni de désaccord moteur chez BMW M
Dans un entretien accordé à nos confrères
d’Autocar lors du Festival of Speed de Goodwood,
Frank van Meel a tenu à rassurer les puristes.
Contrairement à la tendance actuelle, BMW M ne prévoit pas
de réduire la cylindrée de ses moteurs. Ni de les
affaiblir pour satisfaire aux futures normes. « Je ne peux pas
imaginer mettre un quatre cylindres dans une M5 », a-t-il
lancé, écartant sans détour toute idée de downsizing.
Autrement dit, les moteurs turbocompressés à six cylindres
en ligne et les V8 bi-turbo continueront d’animer les futures BMW
M. Une position audacieuse, alors que d’autres marques
préfèrent jouer la sécurité en rognant sur les performances pour
s’aligner avec les exigences réglementaires.
Repoussée à fin 2026, la norme Euro 7 ne bouleversera pas
les seuils d’émissions en tant que
tels. Mais elle imposera des conditions de test bien plus
strictes. Les véhicules devront respecter les limites sur une durée
de vie doublée. C’est-à-dire 200.000 kilomètres ou 10 ans.
Et dans un éventail plus large de conditions de conduite,
censé mieux refléter la réalité du terrain. Voilà qui ne
fait pas peur à BMW M.
Une stratégie pensée pour l’ensemble du marché
Cela oblige les ingénieurs à trouver de
nouvelles solutions thermiques, car la technique
traditionnelle de refroidissement des moteurs via l’enrichissement
du mélange air-carburant (au détriment des émissions) devient
proscrite. « En performance élevée, le carburant servait de
moyen de refroidissement. Avec Euro 7, c’est impossible. Il faut
donc innover », explique Van Meel. Et il l’assure :
pas question de brider les performances des moteurs pour contourner
le problème.
Même si les États-Unis ne sont pas concernés par la norme Euro 7,
les marques européennes comme BMW M
doivent uniformiser leurs motorisations pour des raisons de coût et
de logistique. Il serait en effet peu rentable de
développer une gamme différente exclusivement pour le marché
nord-américain. D’où l’importance de rendre les moteurs
actuels compatibles avec les futures normes sans compromettre leur
caractère.
Van Meel cite ainsi l’exemple de Volkswagen. Le géant
allemand a supprimé les boîtes manuelles sur les Golf GTI et R en anticipant une
norme Euro 7 plus
sévère qu’elle ne l’est réellement. Une décision prise
dans la précipitation, et sur laquelle le constructeur ne reviendra
pas.
Dans un contexte où la pression environnementale pousse de
nombreuses marques à revoir à la baisse leur ambition mécanique,
BMW M fait figure de bastion de résistance. Le message de Frank van Meel est sans
ambiguïté. Les blocs emblématiques de la marque continueront de
vivre après 2026. Et cela, sans compromis sur le plaisir de
conduite. Reste à voir si cette position tiendra sur le long terme.
Mais pour l’instant, les fans de BMW M3, M5 ou M8 peuvent souffler
(et vrombir) un bon coup.















