Nouvelle Toyota MR2 : vingt ans après, la sportive culte prépare son retour
Sur les circuits japonais, la nouvelle Toyota MR2 prend forme sous l’impulsion d’Akio Toyoda et de Gazoo Racing. Entre moteur G20E et design FT-Se, les enjeux dépassent la simple nostalgie.
Après près de vingt ans de silence, la nouvelle Toyota MR2 se prépare loin des projecteurs, en plein jour sur les circuits japonais. Derrière ce futur coupé léger à moteur central, on retrouve Akio Toyoda, président de Toyota, décidé à offrir une descendante moderne à la petite icône.
Nouvelle Toyota MR2 : Akio Toyoda relance la sportive à moteur central
Concrètement, Toyota met au point une nouvelle sportive compacte, à moteur thermique et architecture centrale arrière, en s’appuyant sur un prototype de course dérivé de la GR Yaris. Le badge exact n’est pas confirmé, mais tout pointe vers une GR MR2 développée par Gazoo Racing, avec un travail intense en endurance qui en dit long sur la fiche technique à venir. Vendue sur trois générations entre le milieu des années 80 et 2006, la Toyota MR2 a laissé un vrai vide chez les fans de petites propulsions à moteur central. En 2019, au lancement de la dernière Supra, Akio Toyoda évoquait déjà son envie de faire renaître les "trois frères" Supra, Celica et MR2. Président du groupe de 2009 à 2023, il a supervisé la Lexus LFA, les Toyota GT86 et GR86, puis le retour du nom Supra, en parallèle de ses propres engagements en course sous le pseudonyme "Morizo". Pour cette héritière de la MR2, Akio Toyoda s’appuie sur Toyota Gazoo Racing, la branche compétition. En 2025, le constructeur a déposé les appellations "GR MR2" et "GR MR-S", clin d’œil au nom utilisé au Japon pour l’ancienne MR2. L’idée est claire : une sportive légère, badgée GR comme les GR Yaris et GR86, développée d’abord sur piste avant de passer sur route, tout en restant fidèle à un moteur essence plutôt qu’à une solution 100 % électrique.
Nouvelle Toyota MR2 : le prototype qui cache la MR2
Le cobaye s’appelle Concept M, aussi décrit
comme GR Yaris M Concept : une GR Yaris profondément modifiée avec
moteur en position centrale. Cette auto court dans le championnat
d’endurance japonais Super Taikyu. Elle a débuté en 2025, avec
trois mois de retard le temps de corriger des problèmes de
freinage, de direction et de comportement. Sur le
Fuji Speedway, le Concept M s’est qualifié deuxième de sa catégorie
avant de couvrir 473 tours, signe d’une endurance déjà solide. Sur
ce même circuit, Akio Toyoda a résumé la
philosophie maison : "Si nous ne nous lançons pas en sport
auto, peut-être que nous n’échouons pas, mais si nous relevons le
défi, peut-être que nous échouons", explique-t-il, en parlant
des données récoltées en conditions réelles. Il ajoute : "Nous
montrons à nos employés que l’on peut oser, dire ce que l’on veut,
parce que nous le faisons, devant tout le monde." Ce
laboratoire roulant sert donc autant à mettre au point la voiture
qu’à faire évoluer la culture interne.
Au cœur du Concept M se trouve un nouveau moteur
G20E, un 2,0 litres turbo donné jusqu’à 500 ch en configuration
course. L’objectif annoncé est qu’il soit plus puissant et plus
efficient que le 2,4 litres de la Toyota GR86, tout en étant 10 %
plus compact pour se loger derrière les sièges. "Ce moteur
représente le début d’un nouveau développement qui vient du sport
auto avant de passer en production", détaille Naohiko Saito,
patron de l’ingénierie GR. Le concept est une
propulsion, mais Toyota vise probablement une
transmission intégrale, avec un bloc monté transversalement et la
boîte automatique 8 rapports déjà développée pour la GR Yaris. Le
châssis devrait mêler acier à haute résistance et aluminium afin de
contenir masse et coûts.
Le style de la future MR2 s’inspirerait fortement
du concept FT-Se : formes
exagérées, hanches arrière marquées, surfaces anguleuses et
carrosserie comme "plaquée" sur le moteur et le châssis. Le
refroidissement passerait surtout par l’avant et le dessous de la
voiture, sans énormes prises d’air latérales visibles. À l’arrière,
on attend des feux LED horizontaux, un diffuseur agressif et un
petit becquet type ducktail, avec en option des éléments GR plus
extrêmes. L’habitacle resterait strictement biplace, avec une
visibilité étonnamment bonne grâce à une planche
de bord très basse, et un poste de conduite épuré, centré sur le
conducteur, animé par de petits écrans numériques.
Reste à voir à quelle échéance cette recette arrivera en série, les rumeurs allant d’une fenêtre autour de 2026 à la fin de la décennie, et comment elle se positionnera entre GR86, Supra et les rivales européennes à moteur central.














