Cette voiture modeste a été transformée en Lamborghini par un jeune Indien
À Mavilayi, au Kerala, un jeune tatoueur a métamorphosé une Tata Nano, ex‑voiture la moins chère du monde, en réplique de Lamborghini Aventador. Entre débrouille, YouTube et modèle réduit, son projet fascine autant qu’il interroge.
À Mavilayi, un petit village du Kerala, une banalité jaune attire désormais tous les regards : une fausse Lamborghini Aventador construite sur la base d'une modeste Tata Nano. Derrière cette métamorphose spectaculaire se cache K K Sarin, 28 ans, tatoueur autodidacte et passionné de voitures.
Sa particularité fait déjà parler : cette Nano, connue comme l'ancienne voiture la moins chère du monde, a été transformée en supercar sans que son créateur ait jamais vu une Aventador en vrai. Il s'est contenté d'un modèle réduit, de vidéos YouTube et de beaucoup de patience. L'histoire, partagée sur YouTube par Arun Smoki, intrigue.
De la Tata Nano bon marché au rêve Lamborghini Aventador
La Tata Nano a été lancée en 2008 par Tata Motors pour motoriser les familles indiennes au moindre coût. Vendue autour de 2 000 à 2 500 dollars, soit environ 1 850 à 2 300 €, elle recevait un petit moteur deux cylindres de 624 cm³, 33 à 38 ch, pour à peine plus de 100 km/h.

Face à elle, la Lamborghini Aventador joue dans une tout autre cour : V12 6,5 litres d’environ 730 ch, 0 à 100 km/h en moins de 3 secondes et un tarif dépassant 300 000 €. Mais à Kannur, K K Sarin a décidé de rapprocher ces deux extrêmes dans un même garage.
K K Sarin, le jeune Indien qui a appris la supercar sur YouTube
Né à Mavilayi, près de Kannur, K K Sarin a grandi dans une famille modeste, avec un père soudeur. Très jeune, il distribue des journaux et enchaîne les petits boulots. Il obtient son permis à 18 ans, après avoir réussi à s’acheter une première voiture à 17 ans.
Diplômé en électronique dans un institut technique, il tient aujourd’hui un studio de tatouage. Le soir, son école se trouve sur YouTube : tutoriels de carrosserie, vidéos de supercars, ralentis d’Aventador. En janvier 2025, il achète une Nano d’occasion et se lance dans sa réplique, avec pour seules références un jouet à l’échelle et des images en ligne. Un an de travail et environ 300 000 roupies, soit près de 3 000 €, y sont passés.
Une voiture la moins chère du monde déguisée en Aventador… mais toujours une Nano
Pour approcher les proportions d’une Aventador, le châssis de la Nano a été rallongé et retravaillé, avant de recevoir une carrosserie entièrement faite main. Sarin façonne des panneaux à partir de matériaux divers et de pièces récupérées en casse, ajoute un large aileron arrière en bois, des prises d’air latérales, des optiques inspirées Lamborghini et surtout des portes papillon. La peinture jaune vient parachever l’illusion.
Sous cette enveloppe italienne, la mécanique reste pourtant celle de la petite citadine : moteur arrière de Nano, éléments de suspension issus de motos, roues empruntées à d’autres modèles et réservoir déplacé. L’habitacle mélange tableau de bord inspiré d’une Honda, compteur de Honda City et sièges fabriqués à la main. La voiture fonctionne, mais n’est pas homologuée et ne circule que sur des terrains privés ou sur la plage de Muzhappilangad Beach, où son créateur espère encore tester, corriger et affiner sa drôle de supercar maison.














