Son V8 de 7,5 litres gronde si fort que cette Pontiac GTO tremble à chaque accélération
Cette Pontiac GTO de 1966 n’aurait jamais pu sortir d’usine avec un tel moteur. Son propriétaire lui a greffé un V8 455 et une spectaculaire admission à deux carburateurs quadruple corps.
On a tous un ami qui garde la même paire de chaussures depuis le lycée. Doug Bronson, lui, a gardé sa Pontiac GTO cabriolet de 1966. Il a acheté cette GTO équipée d'une boîte à 4 rapports il y a 49 ans, bien avant d’épouser sa femme, et ne l’a jamais lâchée. Aujourd’hui, sous le long capot, ce n’est plus le V8 389 d’origine qui vit, mais un incroyable V8 Pontiac 455 (7,5 litres) à deux carburateurs quadruple corps.
Cette configuration fait de sa voiture une vraie anomalie mécanique. En 1966, personne ne pouvait commander une Pontiac GTO à V8 455 neuve, ce moteur n’existait pas encore au catalogue. Un vidéaste, Lou Costabile, a filmé le cabriolet au Minnesota : on voit Doug au volant, on entend surtout ce gros V8 gronder, et on comprend pourquoi il a bâti toute une vie autour de cette auto.
Une Pontiac GTO 1966 à boîte manuelle à 4 rapports sauvée de la rouille
Au moment de l’achat, la GTO était loin d’être un bijou de collection : planchers et coffre complètement pourris, budget serré, aucune tôle de reproduction disponible. Doug avait une Pontiac LeMans de 1964 qui traînait dans le jardin, venue du sud des États-Unis. Il a découpé le plancher et le fond de coffre de cette donneuse, les a soudés sous la GTO, et aujourd’hui le résultat paraît sorti d’usine.
La carrosserie est habillée d’un bleu métallisé appliqué chez Maaco il y a environ 25 ans, avec des paillettes métal rajoutées à la demande, au grand agacement des peintres à l’époque. Le cabriolet repose sur des jantes Cragar, affiche des couvre-culasses Mickey Thompson et une capote blanche immaculée que le couple replie rarement pour la préserver. À l’intérieur, les sièges baquets étaient électriques, le système a lâché, ils se règlent désormais à la main.

Du V8 389 d’origine au 455 : la métamorphose mécanique
En 1966, la Pontiac GTO 1966 devient un modèle à part entière et signe une année record avec 96 946 exemplaires produits. Sous le capot, le V8 389 proposait 335 ch avec un carburateur 4 corps ou 360 ch en Tri-Power avec trois 2 corps, tandis qu’une poignée de clients cochait l'option Ram Air XS, ultra rare. Le 455 Pontiac apparaît en 1970 et restera produit jusqu’en 1976. Dans la GTO 1970, il est annoncé à 360 ch.
Doug a choisi d’installer ce 455 dans son cabriolet, mais à sa façon. Le bloc reçoit deux carburateurs quadruple corps Carter AFB d’environ 60 ans, soit huit corps au total : un montage dual quad spectaculaire. Il avait acheté la pipe d’admission en 1976, sans adaptateurs disponibles à l’époque ; un outilleur lui a usiné une cale en aluminium pour monter les carburateurs. L’arbre à cames est un profil Ram Air III d’origine Pontiac, et le freinage a été modernisé avec un maître-cylindre à double circuit.
Ce que l’on entend quand ce V8 455 dual quad se déchaîne
Sur la vidéo tournée par Lou Costabile, le ralenti du 455 donne presque des frissons : le moteur secoue la caisse, chaque explosion dans les cylindres semble distincte. La grosse cylindrée, le profil Ram Air III et les deux carburateurs 4 corps créent une pulsation irrégulière, grave, qui n’a rien à voir avec le ronron plus sage d’un 389 d’origine. Quand Doug effleure l’accélérateur, le régime grimpe d’un coup et la note se tend.
En roulant, dès que le conducteur enfonce franchement la pédale, les papillons secondaires des deux Carter s’ouvrent et le débit du mélange air-carburant augmente brutalement, avec un grondement qui écrase la conversation. Aucun 455 d’usine n’avait ce caractère-là, plus brutal, plus présent. Sa femme, Julie, qui préfère pourtant les boîtes automatiques, adore sortir avec ce cabriolet à 4 vitesses, calée sur des coussins pour mieux atteindre l’embrayage. Elle raconte que la GTO est devenue une machine à attirer les sourires et les pouces levés.














