Cette Lotus Carlton oubliée depuis 35 ans refait surface, son prix surprend tout le monde
Restée plus de trente ans dans la collection du sultan de Brunei, une rare Lotus Carlton de 1991 vient d’être vendue aux enchères à Birmingham. Mais derrière ce prix, l’état du projet et son histoire explosive laissent encore planer le doute.
Restée cachée pendant plus de trente ans dans la collection privée du Sultan de Brunei, une Lotus Carlton de 1991 vient de refaire surface. Cette berline britannique, préparée par Lotus pour Vauxhall, réapparaît au Royaume‑Uni dans un état marqué par le temps, mais avec une histoire hors norme.
Immatriculée neuve au Royaume‑Uni en août 1991, la voiture a été expédiée vers Brunei à peine une semaine plus tard pour rejoindre le garage royal. Récemment rapatriée en Europe, elle a été confiée à Iconic Auctioneers et présentée à Birmingham comme un projet de restauration.
La Lotus Carlton, super‑berline sulfureuse des années 1990
A la base, la Vauxhall Lotus Carlton n’est qu’une berline familiale transformée par Lotus en missile routier. Son six‑cylindres 3,6 litres biturbo développe 377 ch pour une vitesse de pointe annoncée à 176 mph, soit environ 284 km/h, plus rapide que bien des Porsche et Ferrari de l’époque. De quoi inquiéter les autorités britanniques, peu rassurées par une familiale plus vive que les voitures de police.
© Iconic
Auctioneers
Cette Lotus est assez rare.
Cette furie à quatre portes a aussi séduit le Sultan Hassanal Bolkiah. Richard Greenhalgh, d’Iconic Auctioneers, rappelle : "Immatriculée pour la première fois au Royaume-Uni le 7 août 1991 sous le numéro J238 KLR, la voiture a été exportée vers Brunei à peine une semaine plus tard pour rejoindre la vaste collection privée du sultan," a expliqué Richard Greenhalgh à SupercarBlondie. Trois Lotus Carlton auraient rejoint Brunei, mais cet exemplaire argenté serait le seul sorti des garages royaux.
Une Lotus Carlton du Sultan de Brunei en état de projet
Au compteur, cette Lotus affiche seulement 20 703 miles, soit environ 33 318 km depuis 1991. Stockée pendant des années, la peinture argent a mal vieilli et la carrosserie réclame une reprise complète, la mécanique aussi, mais l’auto coche les cases recherchées : "Les archives de Lotus ont confirmé que le numéro d'identification du châssis, le numéro de moteur et le numéro de série correspondaient bien à leurs registres," a précisé Richard Greenhalgh, preuve que châssis et moteur sont bien d’origine.
L’intérieur en cuir sombre serait resté étonnamment frais, ce qui renforce le potentiel de ce projet. Pour expliquer l’aura de la voiture, Richard Greenhalgh résume : "Le fait qu'il ait été produit en série limitée n'a fait que renforcer son attrait," avant de rappeler que production limitée, provenance royale et performances démesurées font aujourd’hui de cette berline fatiguée une cible idéale pour les collectionneurs.
Une vente aux enchères qui entretient le mythe Lotus Carlton
Lors de la vente de Birmingham, Iconic Auctioneers visait un résultat autour de ce niveau de prix pour cette Lotus Carlton. "Nous l'avions estimée à environ 40 000 £, et elle s'est vendue 42 750 £," a détaillé Richard Greenhalgh, soit près de 56 551 dollars, environ 50 900 €. Loin du record de 107 536 £ atteint par une Carlton en 2024, ce montant reflète la restauration lourde à engager.
Cette résurrection fait écho à une autre page sombre de l’histoire du modèle, celle de la Carlton "40 RA" utilisée pour une série de braquages au Royaume‑Uni avant d’être abandonnée par ses auteurs. La Lotus du Sultan, elle, entame une seconde vie plus paisible : son nouveau propriétaire devra investir lourdement, mais il repart avec un morceau d’histoire automobile mêlant palais royal et frissons de supercar camouflée.














