Près de Reims, ce circuit historique de F1 allait disparaître : une cagnotte inespérée le sauve in extremis

Publié le 12 février 2026 à 19:00
circuit gueux

Aux portes de Reims, le circuit de Gueux, berceau des Grands Prix de France, s’offre une seconde chance grâce à une cagnotte nationale. Que promet ce retour à la vie avant son centenaire de 2026 ?

Près de Reims, les gradins désertés du circuit de Gueux semblaient figés pour toujours. Ou presque. La donne change avec une collecte nationale. Fabrice Gomes, président des Passionnés du circuit de la Marne, l'avoue à France 3 Champagne-Ardenne : "On est super heureux que 42 000 euros aient été récoltés. On a des donateurs de cinq ou dix euros, mais ce sont ces petites rivières qui forment les grands fleuves."

Circuit de Gueux : un monument dans l'histoire de la F1

L'histoire du tracé routier, ouvert en 1926, reste impressionnante. "Il a été le premier circuit de France où se déroulaient des Grands Prix de Formule 1. Il en a accueilli onze. Avec des grands pilotes, comme Jean-Pierre Beltoise ou Maurice Trintignant.
Sa carrière a commencé en 1926, mais elle s'est arrêtée en 1972 parce qu'il était devenu trop dangereux par rapport à la vitesse des véhicules : pas d'échappatoire, pas de barrières de sécurité. Le mettre aux normes aurait été très cher. Il est tombé en abandon." Pour son président : "comme son nom l'indique, c'est un circuit historique. C'est le seul et unique circuit d'Europe qui reste encore debout, malgré les aléas."
Sans mobilisation locale, le ruban de béton aurait disparu. "Si une association ne s'était pas créée au début des années 2000, le circuit n'existerait plus aujourd'hui. Les bulldozers sont arrivés et ils ont démonté les passerelles, abattu la maison du gardien, les tribunes découvertes aussi..." Il rappelle aussi le sort d'un autre tracé : "entièrement été détruit. Il ressemblait un peu à celui de Gueux."

Le circuit de Gueux © Wikimedia Commons

Ce circuit français devrait enfin revivre.

Tour des restaurants : la cagnotte décisive

La collecte, lancée en novembre 2025 par la Fondation du patrimoine, a déjà réuni 42 000 euros sur 45 000, pour des travaux au printemps. Face au chantier, le président résume : "Nous, bénévoles, avons un peu de savoir-faire. Mais on n'a pas suffisamment de matériel et de connaissances pour le gros œuvre, pour que ça soit pérenne."
L'argent servira d'abord à sécuriser la tour des restaurants. "Le but de la souscription est de pouvoir fermer la totalité de la tour des restaurants, qui s'élève sur trois étages, au centre des stands. À l’époque, elle abritait trois restaurants qui pouvaient compter chacun une centaine de convives. Actuellement, il n'y a plus de fenêtre.
Tout a été arraché, dégradé pendant que le circuit était à l'abandon. L'objectif est de refaire toutes ces fenêtres, telles qu'elles étaient à l'époque, en fer, avec les vitres et les portes." Une entreprise rémoise, AMV Métallerie, réalisera gratuitement menuiseries et pose.

Circuit de Gueux : le retour à la vie

Inscrit aux Monuments historiques, le site vit au rythme des bénévoles, présents chaque vendredi et dimanche. Les 12 Heures de Reims étaient "surnommées le petit Le Mans. Parce que ceux qui n'avaient pas réussi à s'illustrer au Mans venaient prendre leur petite revanche sur les 12 Heures de Reims. La course démarrait à minuit pile, et finissait à midi le lendemain." Aujourd'hui, rassemblements mensuels et centenaire prévu en septembre 2026 prolongent l'histoire du circuit.

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