Quand Pontiac a caché un moteur V12 Ferrari dans une Firebird : l'incroyable histoire de la Pegasus
Dans les années 1970, Pontiac a créé la Pegasus. Une Firebird unique et secrète... équipée d'un V12 Ferrari.
Et si, au début des années 1970, les Américains de Detroit avait glissé un moteur tout droit venu d’Italie dans l’un de ses coupés les plus emblématiques ? Derrière les portes d’un studio de style, un patron charismatique pousse ses équipes à oser un mariage aussi improbable que fascinant. Ce projet secret allait donner naissance à une Pontiac Firebird expérimentale, condensé de lignes européennes et de solutions techniques audacieuses. Son nom : Pontiac Pegasus.
Pontiac Pegasus, la Firebird qui parlait italien
Regardez la Chevrolet
Camaro de 1970 et la Pontiac Firebird
de cette même année. Puis pensez à la Ferrari 250 GT
SWB : proportions basses, pavillon fluide, assise tendue.
Cette parenté n’a rien d’un hasard. Au sein de General Motors, le
jeune designer Jerry Palmer esquisse des codes
plus européens pour une future Camaro. William L.
Mitchell, vice-président du design chez GM, s’en empare et
les ramène chez Pontiac pour signer une Firebird au charme
latin.
Le concept sera baptisé Pegasus, comme le cheval
ailé. La carrosserie rouge s’affine. La face avant adopte un air de
250 Testa Rossa avec une séparation centrale
typique Pontiac, ajoutée puis retirée lors d’une remise en état
après un premier accrochage avec Mitchell au volant. Le trait se
prolonge à l’arrière avec une poupe très fine, tandis que
l’habitacle, au cuir généreux et compteurs Ferrari, s’éloigne du
plastique et du faux bois des Pontiac de série.
Sous le capot, un V12 Ferrari
Sous le long capot se cache le cœur d’une Ferrari 365 GTB/4
Daytona. Autrement dit, un V12 4,4
litres de 352 ch, vraisemblablement donné
par Ferrari. Pour l’installer, les ingénieurs reculent la cloison
pare feu d’environ 23 centimètres. D’abord accouplé à une
boîte automatique GM à trois rapports, l’ensemble
ne convient pas à ce V12 à six carburateurs double
corps conçu pour chanter avec une boîte manuelle à
cinq rapports.
La voiture roule aujourd’hui avec un V12 de Ferrari 365
GTC/4 et une vraie boîte manuelle
Ferrari. Le capot ventilé, bombé au centre, n’est pas un
caprice de style : il dégage les cornets d’admission. Les freins à
disques proviennent d’une Corvette, preuve d’un bricolage maison
malin, tandis que les roues à rayons Borrani ne sont pas
de simples enjoliveurs.
À bord, derrière un volant bois à trois branches, la planche de bord reste celle d’une Firebird. Mais les instruments sont bien d’origine italienne et la sellerie respire le grand tourisme.
Ce que la Pegasus a légué aux Camaro et Firebird de série
Les clins d’œil de la Pegasus se retrouvent vite en concession.
Le thème des phares semi encastrés apparaît sur les Camaro et
Firebird millésime 1974. L’année suivante, la lunette arrière
panoramique améliore d’un coup la visibilité. La poupe ultra fine,
elle, s’invite en 1973 sur les Pontiac Grand Am et
Le Mans, mais l’effet est vite gâché par l’arrivée
des pare chocs imposés par la réglementation.
Utilisée par Bill Mitchell bien après sa retraite
en 1977, et accidentée au moins deux fois lorsqu’il la conduisait,
la voiture a finalement rejoint la GM Heritage Collection, où
elle rappelle à quel point les designers savent s’inspirer les uns
des autres et jusqu’où allait l’influence de Bill Mitchell à la
grande époque.


