Ce constructeur américain se réjouit... de n'avoir vendu que 146 voitures
Avec seulement 146 voitures vendues en un an, ce constructeur californien affiche un bilan qui pourrait sembler inquiétant. Pourtant, cette rareté est au cœur de sa stratégie...
Un constructeur américain qui se félicite de n’avoir écoulé que 146 voitures en un an, cela ressemble à un aveu d’échec. Pour Karma Automotive, marque californienne d’électriques de luxe, c’est au contraire une bonne nouvelle. Ces volumes minuscules font partie intégrante de son positionnement, loin de la course aux chiffres menée par Tesla, BYD ou les généralistes allemands.
Karma Automotive, un ultra‑luxe presque invisible en Europe
Derrière ce paradoxe, une stratégie assumée de rareté extrême.
Fondée en 2014 sur les cendres de Fisker par le groupe chinois
Wanxiang, la marque vise une clientèle fortunée pour qui la voiture
n’est ni un outil du quotidien ni un investissement rationnel, mais
un objet de collection numéroté. Et c’est là que ses faibles ventes
deviennent un argument commercial à part entière.
Basée à Irvine, en Californie, Karma Automotive
reste un acteur microscopique face aux géants du premium. En une
décennie d’existence, le constructeur aurait livré à peine un
millier de véhicules dans le monde, soit une centaine par an en
moyenne. Ses modèles, comme la berline Revero et la gamme G S
Series, sont assemblés dans une petite usine à Moreno Valley qui
emploie quelques dizaines de personnes.
La marque vend déjà ses voitures aux Etats‑Unis, en Amérique du Sud
et en Europe, via un réseau de distribution très restreint. Elle a
même créé une filiale dédiée, Karma Automotive Europe B.V., basée
aux Pays‑Bas. Pour un automobiliste français, croiser une de ces
électriques d’ultra‑luxe relève donc de l’exception, ce qui
renforce encore l’image de rareté recherchée.
Pourquoi le PDG se réjouit de n’avoir vendu que 146 voitures ?
En 2025, le constructeur n’a livré que 146 voitures dans le monde. Marques McCammon assume pleinement ce choix : "Nous voulons que les voitures soient rares et nous voulons qu’elles soient exclusives, pour que chaque fois que vous possédez une Karma, vous puissiez dire : ‘J’ai le numéro X de cette année‑modèle, il n’y en a eu que tant construites dans cette couleur", a-t-il expliqué. "Cela fait partie de l’expérience". Chaque client sait donc exactement combien d’exemplaires similaires existent, jusqu’à la combinaison de couleur et de jantes. Ce principe de série ultra‑limitée rappelle la stratégie de marques comme Bugatti. Et la firme compte le préserver, même avec l’arrivée de trois nouveaux modèles annoncés comme devant porter l’entreprise jusqu’à la prochaine décennie : le coupé hybride Amaris, le super‑coupé électrique Kaveya et le SUV de luxe Ivara. Pour faire fonctionner ce modèle, Karma mise sur des marges élevées et une production très limitée. L’usine de Moreno Valley fonctionne avec un effectif réduit. La plupart des acheteurs utilisent leur voiture comme troisième ou quatrième véhicule, parcourant en moyenne environ 4 000 miles par an, soit plus de 6 400km/an.
Pour les conducteurs français, cette stratégie signifie que les modèles Karma resteront presque invisibles sur les routes, même si la marque est officiellement présente en Europe. Elle illustre un choix : exister comme objet de collection plutôt que comme voiture de luxe.














