Pourquoi ce millionnaire brésilien a annoncé l’enterrement de sa Bentley Continental Flying Spur à plus de 350 000 € ?
En 2013, le millionnaire brésilien Chiquinho Scarpa annonce qu’il va enterrer sa Bentley dans son jardin. Quelques jours plus tard, le scandale prend une tournure totalement inattendue.
À São Paulo, en 2013, le millionnaire brésilien Chiquinho Scarpa annonce sur Facebook qu’il va enterrer sa Bentley Continental Flying Spur, une berline de luxe à environ 416 000 dollars, soit près de 357 000 €, dans le jardin de sa maison. Il dit vouloir l’emporter avec lui dans l’au-delà, comme les pharaons égyptiens. L’idée qu’un millionnaire enterre sa Bentley fait immédiatement le tour du Brésil.
Les réactions sont violentes : internautes furieux, éditos indignés, appels à donner la voiture à une association plutôt que de la "gaspiller" sous terre. Scarpa, 62 ans, maintient la date de l’enterrement, publie des photos du trou qui se creuse, laisse monter la colère. La veille de la cérémonie, il convoque la presse… et retourne complètement le scénario.
Millionnaire enterre sa Bentley : la mise en scène qui a choqué le Brésil
Dans les jours qui précèdent, Chiquinho Scarpa alimente lui-même l’incendie. Sur les réseaux sociaux, il pose à côté d’une pelleteuse dans son jardin de São Paulo, puis devant la Bentley alignée face à une fosse fraîchement creusée. Il répète qu’il s’inspire des pharaons de l’Égypte antique, enterrés avec leurs biens les plus précieux pour les utiliser après la mort.
Le contexte rend la mise en scène crédible : l’homme d’affaires est connu comme un playboy excentrique, collectionneur d’objets de luxe. Beaucoup le voient comme le caprice ultime d’un riche déconnecté. Les commentaires l’accusent de mépriser les pauvres, de préférer enterrer une voiture à 357 000 € plutôt que de financer des lits d’hôpital ou des ONG. Le buzz est lancé, exactement comme prévu.
Du faux enterrement à la vraie campagne pour le don d’organes
Le jour J, journalistes et curieux se pressent dans la propriété. La Bentley est là, au bord du trou, prête à être descendue. Le monde s’attend à un "sacrilège". Mais Chiquinho Scarpa interrompt la scène et emmène l’assemblée vers une conférence de presse. Celle-ci est dédiée à la Semaine nationale du don d’organes au Brésil. Derrière lui, une banderole rappelle qu’enterrer des organes en bon état est bien plus absurde que d’enterrer une voiture de luxe.
Il explique alors qu’aucun véhicule ne sera sacrifié. "Je n’ai pas enterré ma voiture, mais tout le monde a trouvé ça absurde quand j’ai annoncé que je le ferais", déclare Chiquinho Scarpa. Puis il élargit : "Il est absurde d’enterrer des corps qui peuvent sauver de nombreuses vies. Rien n’est plus précieux. Soyez donneur, dites-le à votre famille." Sur une petite carte qu’il montre aux caméras, on peut lire : "Je suis donneur d’organes. Et vous ?"
Une opération choc pour le don d’organes qui a vraiment marché ?
Derrière cette histoire, on retrouve l’agence Leo Burnett Tailor Made et l’Associação Brasileira de Transplante de Órgãos, qui coordonne les greffes dans le pays. L’objectif : profiter de la notoriété de Scarpa pour parler d’un sujet jugé trop abstrait, la pénurie chronique de greffons. Le hashtag #eusoudoadordeorgaos devient rapidement tendance, et la Bentley suspendue au-dessus de son trou fait le tour des JT.
Les chiffres communiqués à l’époque évoquent une hausse d’environ 72 % des manifestations d’intérêt pour le don d’organes durant la campagne. Les listes d’attente, elles, restent longues, ce qui montre que le sujet ne se règle pas en une semaine de buzz. Dans de nombreux pays, même là où le don est présumé, la famille garde un rôle clé dans la décision. C’est précisément sur ce point que le millionnaire brésilien voulait attirer l’attention avec sa Bentley presque enterrée.














