Il passe de 0 à 100 km/h en 1,4 seconde et comprend ce que les pilotes de F1 encaissent vraiment
Tom Scott pensait savoir à quoi ressemblait une accélération extrême. Propulsé de 0 à 100 km/h en 1,4 seconde à bord de la Mythen, le youtubeur britannique a rapidement changé d’avis.
Depuis votre canapé, vous avez l’impression de connaître la Formule 1 par cœur. Les caméras embarquées, les départs canons, les pilotes qui parlent tranquillement à la radio en plein virage… Puis vous entendez l’histoire de Tom Scott, youtubeur britannique qui n’est pas pilote, propulsé dans une monoplace électrique pensée pour reproduire un départ de F1. Et là, la distance entre spectateur et pilote prend une autre dimension.
Tom ne monte pas dans une vraie F1, mais dans la Mythen, une voiture expérimentale conçue par des étudiants et anciens de l’ETH Zurich. Objectif : lui faire vivre un 0-100 km/h façon Grand Prix. Lui croit savoir à quoi s’attendre. Il en ressort en disant que cette seconde d’accélération a été "la plus longue de sa vie", et en comprenant que ce que vivent les pros n’a rien à voir avec ce que l’on imagine.
De la voiture de tous les jours à un départ façon F1
Pour mesurer le choc, il suffit de comparer. Votre voiture, même un peu sportive, met 6 ou 7 secondes pour atteindre 100 km/h. Une F1 le fait en environ 2 secondes. Mythen, elle, a catapulté Tom de 0 à 100 km/h en environ 1,4 seconde, avec un potentiel théorique sous la seconde. L’astuce : deux ventilateurs sous la voiture qui créent une dépression et la plaquent au sol, un système d'aspiration actif qui donne assez de grip pour encaisser jusqu’à environ 3,8 G d’accélération.
Avant d’appuyer, Tom doit suivre un briefing de sécurité consacré au système haute tension, apprendre à couper la voiture et à s’extraire en moins de cinq secondes. Quand il se place enfin sur la ligne, active l’effet de sol et lâche la pédale de frein, la monoplace bondit. Il hurle "Oh mon Dieu… quoi ?" puis tout s’arrête net : coupure automatique à 100 km/h, freinage, silence. Il pense avoir été plaqué au fond du baquet pendant quatre ou cinq secondes. Les données affichent 1,4 seconde.

Ce que le corps et le cerveau d’un amateur encaissent vraiment
Tom compare cette poussée au catapultage d’un avion de chasse depuis un porte-avions. En F1, les pilotes encaissent régulièrement plus de 5 G en freinage ou en courbe. La tête et le casque pèsent alors l’équivalent de plusieurs dizaines de kilos que la nuque doit tenir, pendant 1 h 30, dans un cockpit qui peut monter à presque 50 °C. Sur la Mythen, Tom n’a pris "que" quelques G en ligne droite, sur un instant, et son cerveau a déjà décroché au point de déformer complètement la notion de temps.
Un journaliste spécialisé, pourtant habitué aux monoplaces, a raconté avoir eu du mal à simplement garder une Alpine F1 sur la bonne trajectoire à Portimão lors de quelques tours d’essai. Repères de freinage impossibles à suivre, bips de changement de rapport trop rapides, vent qui arrache le casque… Même constat pour Richard Hammond quand il a testé une Renault R25 : la monoplace exigeait d’être poussée suffisamment fort pour fonctionner correctement. Pendant que l’amateur subit, un pilote de F1, lui, gère en plus les pneus, les réglages au volant, la radio et les autres voitures.
Pourquoi l’expérience F1 des amateurs reste très encadrée
Dans l’histoire de Tom, rien n’est laissé au hasard : répétition de la procédure, plusieurs départs de plus en plus rapides, équipes prêtes à intervenir au moindre souci électrique. Même dans les programmes où des invités roulent en vraie F1, l’accès est progressif. On commence par des monoplaces plus modestes, on apprend la position allongée, la sensibilité des freins carbone, puis on ne fait que quelques tours en F1, souvent avec des réglages moteur et aérodynamiques assagis.
Pour les expériences commerciales ouvertes au public, le principe est le même. Il faut déjà avoir de la pratique sur circuit, parfois une licence, et on roule très loin des limites réelles de la voiture. Les pneus ne sont pas à la température d’un Grand Prix, les réglages restent bridés et le nombre de tours est réduit. Ce que l’on achète, au fond, c’est un éclair de violence qui suffit à comprendre que les pilotes ne "conduisent" pas simplement une voiture plus rapide : ils domptent une machine qui, en une seconde, peut déjà mettre un amateur au bord de la saturation.














