Une Pagani Huayra Roadster à plusieurs millions d'euros apparaît à 52 000 € sur Facebook Marketplace
Une vraie Pagani Huayra Roadster, des photos convaincantes et un prix dérisoire : cette annonce Facebook a tout d'une énigme. Reste à savoir ce qui se cachait réellement derrière.
Sur Facebook Marketplace, au fin fond du Missouri, une annonce a fait lever beaucoup de sourcils : une Pagani Huayra Roadster 2018 affichée à seulement 60 000 $ (environ 52 000 €). Pour une hypercar qui joue dans la cour des voitures à plusieurs millions, l’affaire ressemblait plus à un piège qu’à un bon plan.
Le plus déroutant, c’est que les photos ne montraient pas une réplique approximative, mais bien une vraie Huayra Roadster : carbone apparent, intérieur typique Pagani, détails soignés. L’annonce a depuis disparu, mais elle laisse une question qui intrigue les passionnés comme les curieux : comment une auto aussi rare a-t-elle pu se retrouver mise en vente à ce prix-là, et surtout, qu’y avait-il vraiment derrière ?
Pagani Huayra Roadster : pourquoi 52 000 € ne peut pas être un vrai prix
La Huayra, dessinée par Horacio Pagani, a pris la suite de la Zonda dans le club très fermé des hypercars. La version Roadster, produite à seulement 100 exemplaires, a été entièrement personnalisée pour chaque client, avec une monocoque en carbo-titane, un V12 6,0 l biturbo d’origine Mercedes‑AMG, 764 ch, 1 000 Nm et à peine 1 280 kg sur la balance.
Côté prix réel, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Une Huayra Roadster de 2018 s’est vendue autour de 2,3 millions de dollars (environ 2 millions d'euros) aux enchères en 2020. Les données de marché situent aujourd’hui la plupart des Huayra entre 1,7 et plus de 3,9 millions d'euros, avec des versions spéciales qui montent vers 5 à 6 millions. En face, 52 000 euros, c’est à peine 1 à 3 % de la valeur normale.

L’annonce Facebook Marketplace qui fait tiquer tous les passionnés
L’annonce repérée sur Facebook Marketplace indiquait une Huayra Roadster 2018 dans le Missouri, affichée 52 000 €, paiement direct, avec la précision que la voiture roulait et n’avait pas de dégâts, mais sans papiers. Ce mélange de supercar ultra rare, de prix dérisoire et d’absence totale de documents a immédiatement fait réagir.
Autre détail troublant : les clichés semblaient authentiques, pas des images de catalogue. On voyait une vue depuis le siège passager, typique de quelqu’un qui veut montrer qu’il "vit" la voiture, et la classique photo de la clé posée dans la paume de la main. De là sont nées plusieurs théories : la mauvaise blague, le coup de buzz d’un passionné qui a juste eu accès à l’auto quelques minutes, la revente d’un véhicule volé à prix cassé, ou une fausse annonce qui joue avec cette idée.
Arnaque ou pas : les signaux qui doivent alerter sur ce type d’annonce
Pour les spécialistes, plusieurs signaux reviennent systématiquement quand une annonce d’hypercar sent mauvais. On les repère facilement, même sans être expert en mécanique, en prenant deux minutes de recul avant de rêver :
- un prix inférieur de plus de 80 à 90 % aux valeurs de marché connues ;
- absence de papiers, de titre de propriété ou refus de montrer le numéro de série (VIN) ;
- photos déjà vues ailleurs, récupérées sur des sites d’enchères ou des réseaux sociaux ;
- vendeur flou, qui veut du cash rapide et évite tout rendez-vous traçable.
Pour une Pagani ou toute autre hypercar, un vrai vendeur fournit au contraire un dossier complet : historique, factures, carnet, correspondance avec la marque. Les professionnels recommandent de vérifier le VIN auprès de registres de vols ou d’un atelier Pagani avant tout versement. Acheter un véhicule volé reste illégal, même si l’acheteur prétend ne pas savoir, et la voiture peut être saisie à tout moment.














