Cette Opel GT de 1972, rare Buick sportscar sauvée par un passionné, cache une restauration folle

Publié le 11 avril 2026 à 18:30
Cette Opel GT de 1972, rare Buick sportscar sauvée par un passionné, cache une restauration folle

Entre Detroit, la France et l’Allemagne, une Opel GT 1972 vendue comme Buick sportscar renaît après quatre ans de travaux grâce à un passionné acharné.

Un petit coupé deux places vendu dans les concessions Buick au début des années 70, dessiné en Allemagne, carrossé en France et choyé aujourd’hui par un collectionneur obsessionnel : l’histoire de cette Opel GT 1972 ressemble à un jeu de piste. Longtemps considérée comme une simple curiosité, cette "Buick sportscar" est devenue le terrain d’expression d’un passionné de mécanique prêt à tout pour retrouver l’esprit d’origine.

Entre 1968 et 1973, Opel a produit un peu plus de 103 000 GT, dont près de 79 000 sont parties aux États-Unis, vendues sous bannière Buick. En 1972, 17 389 exemplaires sortent des chaînes, 12 055 pour le marché américain, avec un prix de base autour de 3 400 dollars, soit environ 3 100 €. Mais l’auto restaurée par Eric Lipper joue clairement dans une autre catégorie.

Opel GT 1972 : la petite Buick sportscar née entre France et Allemagne

Techniquement, l'Opel GT 1972 est une vraie petite sportive : quatre cylindres 1,9 litre à arbre à cames en tête, une poignée de 90 chevaux nets, boîte manuelle 4 rapports, propulsion. Le moteur est reculé d’environ quarante centimètres vers l’arrière, créant une architecture de moteur avant central qui change tout en virage. Avec à peine 2 100 livres sur la balance, environ 950 kg, et 4,1 m de long, elle atteint 60 mph (environ 90 km/h) en une dizaine de secondes et 115 mph (185 km/h) en pointe.

Son charme tient aussi aux détails : les phares rotatifs commandés par un grand levier entre les sièges, la bosse de capot sur le côté droit, l’absence de vrai coffre. Les carrosseries en acier étaient fabriquées chez Chausson puis finies par Brissonneau et Lotz en France avant d’être expédiées brutes en Allemagne pour assemblage à Rüsselsheim. Ce trajet en acier nu a provoqué de la rouille très tôt, ce qui explique pourquoi tant de GT ont disparu.

D’un coup de foudre d’enfance à une restauration extrême

Au départ, il y a un souvenir. Un proche achète une Opel GT 1972 neuve, et le jeune Eric Lipper tombe amoureux de cette petite "Mini-Vette" dès qu’il la voit. Des années plus tard, celui qui possède déjà une Mustang Convertible 1964 considérée comme le premier exemplaire assemblé, décide qu’il lui faut sa propre GT. Il finit par trouver une 1972 presque intacte et se lance dans quatre ans de restauration intégrale.

Le travail est mené boulon par boulon. Chaque vis est démontée, plaquée ou polie à un niveau supérieur à l’origine. Eric Lipper traque des pièces d'origine : rares feux de position latéraux en plastique, emblèmes Opel Blitz, panneaux de porte en vinyle jamais reproduits, housses de siège correctes pour 1972. Côté mécanique, il conserve le carburateur Solex à starter à eau, réputé délicat, alors que la plupart des propriétaires l’ont remplacé par un Weber. La voiture garde même sa batterie Delco-General d’origine et ses fils de bougie Packard datés de 1972. Quand elle passe devant la caméra de Lou Costabile, elle n’affiche que quelques miles au compteur.

Une licorne invitée à Keels and Wheels et à Amelia Island

Sur une auto qui rouillait parfois avant même d’être peinte, un exemplaire aussi sain et aussi fidèle à sa configuration d’époque fait figure de "véritable licorne". La GT de Eric Lipper doit être présentée au Keels and Wheels Concours d’Elegance puis au prestigieux Amelia Island Concours d'Elegance, où chaque détail compte, de la texture des panneaux de porte au dessin des fils de bougie.

Ce qui frappe aussi, c’est l’expérience à bord restée totalement analogique : on actionne soi-même le levier qui fait pivoter les phares, on sent le petit quatre cylindres reculé travailler sur l’essieu arrière, on profite d’une sportive légère sans assistance envahissante. Une manière très directe de comprendre ce que pouvait être, en 1972, une "Buick sportscar" pensée pour les passionnés, et aujourd’hui poussée à son paroxysme par une restauration de concours.

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