Cette Ferrari Dino 246 GTS n'est plus équipée de son V6 d’origine mais dépasse pourtant les 700 000 € aux enchères
Pensée comme la « petite Ferrari » des années 1970, cette Dino a été entièrement réinventée par Moto Technique. Résultat : un restomod à moteur V8 qui affole les collectionneurs.
Une Ferrari Dino 246 GTS noire qui hurle dans les tours avec un V8 de 3,6 l sous le capot, ce n’est pas exactement ce qui a quitté Maranello en 1972. Pourtant, cet exemplaire restomod signé Moto Technique fait exploser les compteurs. Les enchères en ligne ont déjà dépassé les 800 000 $ (soit environ 700 000 €) sur la plateforme Bring a Trailer.
À l’origine, cette Dino portait un V6 de 2,4 l, pensé comme la "petite" Ferrari de la gamme. Aujourd’hui, elle se rapproche plus d’une supercar moderne que d’un coupé de collection sage. Mais les enchérisseurs semblent ravis de payer pour cette métamorphose, quitte à tourner le dos au dogme de l’originalité pure.
Ferrari Dino 246 GTS : la base V6 devenue bête à V8
Au catalogue au début des années 70, la Dino 246 GTS misait sur un V6 central arrière de 2 418 cm³. Celui-ci développait environ 195 ch et était capable de filer à près de 235 km/h. Elle a été produite à seulement un peu plus de mille exemplaires en version GTS. Avec sa carrosserie signée Pininfarina et son toit targa, elle était déjà recherchée pour son équilibre et sa sonorité très particulière.
Sur cet exemplaire, le V6 a été retiré au profit d’un V8 Ferrari Tipo 105C porté à 3,6 l. Atmosphérique, il est donné pour environ 400 ch. Moto Technique a ajouté des papillons de gaz individuels, une gestion électronique MoTec, une boîte manuelle à 5 rapports issue d’une 328. Des combinés filetés, des barres antiroulis et des freins Brembo ont également été empruntés à une 360 Modena. La coque a été mise à nu, repeinte en noir. Le tout a été posé sur des jantes de 17 pouces chaussées de Michelin Pilot Sport 4S.
Un projet Monza 3.6 Evo qui coûte plus qu’une Dino d’origine
Derrière cette transformation, on trouve le collectionneur David Lee. Il a mandaté l’atelier britannique Moto Technique pour créer la Dino idéale, rebaptisée "Monza 3.6 Evo". Plus de 3 000 heures de travail et plus d’un million de dollars auraient été investis pour ce seul châssis. Celui-ci a été entièrement reconstruit entre 2017 et 2018. L'auto totalise un peu plus de 8 500 miles (environ 14 000 km).
Selon les bases de données d’enchères, une Dino 246 GTS d’origine se négocie en moyenne autour de 500 000 $ (environ 435 000 €). Le record absolu frôle 1 028 000 $ (environ 900 000 €) pour une rare version "Chairs and Flares" vendue à Pebble Beach. Voir un restomod sans moteur d’origine se hisser au‑dessus de ce niveau moyen place donc cette Evo 3.6 presque au même rang qu’une Dino strictement conforme sortie d’usine. Un phénomène inimaginable il y a encore quelques années.
Puristes, restomods et nouvelle hiérarchie du mythe Ferrari
Dans l’univers des Ferrari classiques, les collectionneurs ont longtemps juré par les "matching numbers". Les certificats Ferrari Classiche étaient également garants d’une mécanique intacte. Cette Dino à V8 montre qu’un autre public apparaît. Des acheteurs sont prêts à payer très cher pour une vision modernisée, plus performante et plus utilisable au quotidien.
Face à une Dino d’origine réservée aux concours et aux musées, cette 3.6 Evo vise les passionnés. Ceux qui veulent réellement conduire, profiter d’un freinage moderne, de pneus actuels et d’un moteur bien plus démonstratif. Tout cela sans renoncer au look seventies. Que l’on penche pour la pureté du V6 ou pour la folie du V8, le niveau atteint par les enchères indique une évolution. Les restomods Ferrari les plus aboutis ont clairement trouvé leur place sur le marché.














