Cette Ferrari 212 arrive aux enchères, et son prix s'annonce fou
Première Ferrari de Roberto Rossellini, la 212 Export Spider 0076E refait surface aux enchères d’Amelia Island chez Gooding Christie's. Entre Dolce Vita et marché des icônes, sa cote pourrait surprendre.
Elle a le charme patiné d’une voiture sortie d’un vieux cliché noir et blanc. À Amelia Island, en Floride, la 16e vente du Concours d’Élégance organisée par Gooding Christie's les 5 et 6 mars va aligner plusieurs Ferrari historiques des années 1950, souvent dans un état proche de l’origine.
Parmi ces raretés, une Ferrari 212 Export Spider de 1951 ayant appartenu au réalisateur italien Roberto Rossellini s’annonce comme la star du catalogue. Restée plus de quarante ans dans une collection privée américaine, elle est estimée entre 2 et 3 millions de dollars, soit environ 1,85 à 2,8 millions d’euros. Et derrière ce prix, il y a une vraie histoire de cinéma.
Ferrari 212 Export Spider 0076E : la première Ferrari de Roberto Rossellini
Produite à moins de trente exemplaires, la Ferrari 212 Export Spider 0076E reçoit une carrosserie signée Carrozzeria Vignale sur un dessin de Giovanni Michelotti. Sous le capot, un V12 Colombo de 2,6 litres développe environ 150 ch, associé à une boîte manuelle à cinq rapports. Ce châssis a été exposé aux salons de Genève puis de Turin au printemps 1951.
© Gooding
Christie's
Cette Ferrari 212 respire un vécu passionnant.
C’est justement au Salon de Turin que Roberto Rossellini, 45 ans, déjà auteur de Rome, ville ouverte, Allemagne année zéro et Stromboli, tombe sous le charme de la voiture, accompagné de son épouse Ingrid Bergman. Il achète ce châssis 0076E, sa toute première Ferrari. Gooding Christie's parle d’un "catalyseur à l'une des associations les plus romantiques, culturellement importantes et bien documentées de l'histoire de Ferrari, où le cinéma italien, la célébrité internationale et le nom Ferrari ont convergé pour la première fois", explique Gooding Christie's, cité par Motorlegend.
De Rome à Monaco, une 212 Export au parfum de Dolce Vita
Livrée neuve en février 1951, la Spider est immatriculée à Rome le 17 avril sous la plaque "Roma 147114". On l’aperçoit ensuite sur les routes italiennes et jusque sur la Riviera, lors d’un voyage à Monaco immortalisé par le photographe Edward Quinn. Profil très bas, pare-brise raccourci, lignes tendues : cette 212 Export condense l’image de la sportivité italienne du début des années 1950.
Rapidement, la voiture passe de Roberto Rossellini à sa société de production Aniesse Film S.r.l., puis à d’autres propriétaires italiens, dont la compagnie Trasporti Aerei Mediterranei. Au début des années 1960, le célèbre importateur Luigi Chinetti la fait venir aux États-Unis. Elle circule alors entre plusieurs collectionneurs américains avant d’entrer, dans les années 1980, dans la grande collection privée dont elle sort aujourd’hui.
Pourquoi la Ferrari 212 de Rossellini affole déjà le marché
La 212 Export 0076E présente un atout recherché : son moteur V12 porte toujours le même numéro que le châssis, ce que les amateurs appellent des "matching numbers". La voiture reste largement non restaurée, avec une ancienne peinture rouge, un habitacle très ancien et même un autocollant de New York daté de 1966. Dans la même vente, une Ferrari 750 Monza de 1955 est estimée entre 3,5 et 4,5 millions de dollars, soit environ 3,2 à 4,1 millions d’euros, ce qui situe le niveau du plateau.
Pour les passionnés français, cette 212 Export de Roberto Rossellini réunit plusieurs mondes : histoire du cinéma, naissance du mythe Ferrari et goût pour les autos "dans leur jus". Son passage sur le podium d’Amelia Island sera observé de près, tant par les collectionneurs que par ceux qui aiment quand les voitures racontent une époque entière.














