Cette Bugatti EB110 V12 de l’émir, cachée des années, revient à la route et ce qui lui arrive va en choquer plus d’un

Publié le 24 février 2026 à 19:00
eb110

Restée dix-sept ans oubliée dans le garage climatisé de l’émir du Koweït, cette Bugatti EB110 V12 sort enfin de l’ombre. Sa restauration intégrale chez Art & Revs en fait désormais l’une des pièces les plus convoitées du marché sans que son vrai prix ne soit révélé.

Quand la porte d’un garage climatisé au Koweït s’est ouverte, les mécaniciens ont découvert une supercar figée comme dans le temps : une Bugatti EB110 rouge, couverte de poussière mais presque neuve. Pendant 17 ans, ce coupé V12 est resté enfermé dans la collection royale de l’émir du Koweït, loin des circuits et des routes pour lesquels il avait été conçu d'après SupercarBlondie.

Cette EB110 GT fait partie d’une série de seulement 96 exemplaires de route, complétée par 32 versions Super Sport, qui a relancé Bugatti au début des années 1990. Livrée en 1994 puis acquise en 2005 par Sheikh Nasser Mohammed Al-Ahmad Al-Sabah lors d’une vente à Monaco, elle n’affichait qu’un peu plus de 7 000 km lorsque son propriétaire a décidé de la revendre, une histoire qui allait déboucher sur une renaissance spectaculaire.

Bugatti EB110 Emir du Koweït : une icône des années 1990 mise sous cloche

Avec son V12 quadriturbo de 3,5 litres développant environ 560 ch, la EB110 GT abat le 0 à 100 km/h en près de 3,6 secondes et atteint 213 mph, soit environ 342 km/h. Son châssis monocoque en carbone, sa transmission intégrale et sa boîte manuelle en faisaient une vitrine technologique, vendue autour de 350 000 dollars, soit environ 320 000 euros, bien plus chère qu’une supercar italienne de l’époque.

Bugatti EB110 © Arts and Revs

Cette Bugatti est désormais proposée à la vente.

Après son arrivée dans le Golfe, l’EB110 a rejoint une flotte impressionnante de supercars. Mais entre 2005 et 2022, elle a surtout dormi dans un garage climatisé : un peu plus de 4 000 miles au compteur, soit autour de 7 000 km, et presque pas de roulage. Les photos prises à sa sortie montrent une carrosserie saine, alors que la mécanique commençait à souffrir, avec une transmission fatiguée et des premiers points de corrosion.

Bugatti EB110 restaurée : le travail colossal d’Art et Revs

Restée immobile si longtemps, la voiture n’était plus vraiment prête à démarrer. Les joints en caoutchouc, les flexibles et certains éléments de transmission avaient vieilli sous l’effet de la chaleur et de l’humidité, malgré le local climatisé. Sur une supercar des années 1990, ce type de repos forcé peut gripper les freins, altérer les fluides et fragiliser l’électronique, au point d’imposer une remise à plat complète.

Le nouveau propriétaire a donc confié l’auto aux spécialistes luxembourgeois de Art et Revs. L’équipe a entièrement déshabillé la Bugatti, jusqu’au châssis carbone nu, avant de reconstruire chaque sous-ensemble, du V12 aux turbos en passant par la transmission, le refroidissement et le freinage. La carrosserie a été reprise panneau par panneau, l’habitacle rafraîchi, pour retrouver un état proche de la sortie d’usine, au prix d’une restauration parmi les plus coûteuses pour une voiture de collection de ce niveau.

Bugatti EB110 ex-émir du Koweït : des salons de prestige à la vente

Une fois ressuscitée, l’EB110 ex-émir a fait sa rentrée à The Quail pendant la Monterey Car Week en août 2024, avant de se montrer au public français lors de Rétromobile 2025 à Paris. Elle est aujourd’hui proposée à la vente par Art et Revs, sans prix affiché, mais les ventes récentes d’EB110 entre 2,1 et 2,33 millions de dollars, soit jusqu’à environ 2,03 millions d’euros, laissent imaginer une facture située tout en haut du marché de ce modèle.

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