Ce prince de Dubaï a claqué 3,3 M€ pour la voiture la plus rapide du monde
Au début des années 1990, un prince de Dubaï commande à Lotec une C1000 censée devenir la voiture la plus rapide du monde. Trente ans plus tard, ce prototype millionnaire ressurgit des garages américains pour viser concours d’élégance et musées prestigieux.
Au début des années 1990, un membre de la famille régnante de Dubaï a décidé de dépenser 3,6 millions de dollars, soit environ 3,3 millions d’euros, pour se faire construire la voiture la plus rapide de la planète. Un caprice XXL, dans une ville déjà saturée de Ferrari et de McLaren, qui aurait pu faire la une de tous les journaux auto pendant des décennies. Étrangement, cette hypercar unique a fini par disparaître des radars.
Tout part de ces cafés de Dubaï où les habitués arrivent chacun avec un bolide plus extravagant que le voisin. Lassé de se faire voler la vedette, le cheikh commande à un petit constructeur allemand une machine impossible, avec une consigne simple : "Faites-moi la voiture la plus rapide du monde". Cinq ans plus tard, le résultat est là. Son nom : la Lotec C1000.
Lotec C1000 : le caprice d’un royal de Dubaï devenu hypercar unique
Le commanditaire est un royal de Dubaï, souvent identifié comme le cheikh Maktoum, décidé à dominer la scène supercar locale. Il se tourne vers Lotec GmbH, spécialiste allemand des préparations Mercedes, pour créer une hypercar one-off. Le budget grimpe jusqu’à 3,6 millions de dollars, pour un seul exemplaire, achevé au milieu des années 1990 après des années de mise au point en collaboration avec Mercedes-Benz.

La Lotec C1000 reçoit un V8 5,6 litres Mercedes-Benz M117 biturbo d’environ 1 000 ch, un châssis et une carrosserie en fibre de carbone pour un poids proche de 1 080 kg. Le "1000" du nom renvoie à cette puissance annoncée. Lotec revendique un 0 à 100 km/h en 3,2 secondes et une vitesse de pointe théorique de 431 km/h (268 mph), jamais officiellement vérifiée, des essais ayant plutôt tourné autour de 374 km/h. À Dubaï, l’auto écrase alors la concurrence et s’affiche dans magazines et calendriers du monde entier.
De star des années 1990 à supercar bradée et presque oubliée
Au début des années 2000, l’hypercar quitte la famille de Dubaï pour les États Unis. Mise aux enchères en 2006, elle s’échange pour environ 243 000 dollars, soit à peine 225 000 euros, une somme dérisoire au regard de son coût de création. Ensuite, plus rien ou presque : la voiture change de mains, apparaît épisodiquement sur eBay, reste stockée dans des garages américains et disparaît des événements majeurs.
Son statut de prototype unique l’empêche d’apparaître dans les classements officiels de "voiture la plus rapide du monde". Pendant que la McLaren F1 puis la Bugatti Veyron monopolisent la lumière, la Lotec C1000 glisse dans l’ombre, connue surtout des passionnés hardcore. Sa valeur estimée grimpe pourtant autour de 7,2 millions de dollars, soit près de 6,6 millions d’euros, sans que le grand public ne mette vraiment un visage sur cette légende oubliée.
Comment John Temerian a ramené la Lotec C1000 sous les projecteurs
En 2023, le marchand américain John Temerian, de We Are Curated à Miami, reçoit un coup de fil inattendu : la C1000 dort en Caroline du Nord. "La voiture a fini en Caroline du Nord, de tous les endroits possibles", raconte-t-il sur VINwiki. Face à ce fantasme des années 1990, il lâche : "Je suis tombé amoureux". Puis il se projette déjà : "L'idée de promouvoir cette voiture, peut-être même de tenter un run de vitesse maxi, j'ai dit qu'il fallait le faire".
L’équipe organise un shooting spectaculaire sur le port de Miami, essuie un refus du très select concours de la Villa d’Este, puis décroche une invitation à Pebble Beach, où la C1000 termine deuxième de la catégorie Wedge Concept. Depuis, l’hypercar trône au Petersen Automotive Museum, au cœur de l’exposition Totally Awesome! Cars and Culture of the ’80s and ’90s. Sur Reddit, un fan résume l’émotion : "Absolument putain de magnifique", quand un autre souffle, "Je suis jaloux de tes yeux". Pour une voiture née pour battre tous les records, sa vraie course aura surtout été de revenir du néant.














