Cette Corvette C2 "split-window" de 1963 a été transformée en monstre biturbo… avant de se vendre à un prix dérisoire

Publié le 1 septembre 2026 à 07:30
Cette Corvette C2 "split-window" de 1963 a été transformée en monstre biturbo… avant de se vendre à un prix dérisoire

Sacrilège ou prouesse technique ? Cette Corvette "split-window" transformée pour le SEMA vient de changer de propriétaire pour environ 56 000 €.

Une Corvette C2 de 1963 à lunette arrière divisée, posée sur un châssis sur mesure et dotée d'un moteur central biturbo, ça ressemble à un délire de designer plus qu’à une vraie auto passée aux enchères. Pourtant, ce coupé baptisé V7 Twin Turbo, ex-star du SEMA Show, vient de changer de mains sur Bring a Trailer pour à peine 65 500 dollars, soit environ 56 000 €.

Sur le papier, on parle de l’une des Corvette auxquelles les puristes hésiteraient le plus à toucher : le fameux coupé "split-window", produit une seule année, en 1963, et chéri par les collectionneurs pour sa ligne et son authenticité. Ici, la voiture a été tellement redessinée qu’on peine à reconnaître ses proportions d’origine. D’où ce sentiment partagé entre admiration et malaise chez les passionnés.

Corvette C2 de 1963 "split-window" : icône sacrée, base d’un restomod radical

Le projet naît au milieu des années 2000 autour d’une base de 1963 non "numbers matching", une auto trop fatiguée pour justifier une restauration concours. Le designer Mark Harlan imagine alors une C2 façon prototype des 24 Heures du Mans, dans un univers parallèle où Chevrolet aurait osé le moteur central dès les années 60. L’idée : garder la signature de la lunette divisée tout en réinventant tout le reste.

Pour transformer ce fantasme en réalité, Phil Sommers et son équipe d’American Supercar reprennent la carrosserie en fibre de verre de fond en comble. La voiture terminée décroche le prix de "Best GM Vehicle" au SEMA Show 2007, preuve que le milieu du tuning et du show car a salué l’audace. Côté puristes de la Corvette, l’enthousiasme est tout de suite beaucoup plus mitigé.

V7 Twin Turbo : cabine avancée, moteur central et fiche technique de proto

Techniquement, la C2 de 1963 a été déconstruite. L’habitacle a été avancé de 24 pouces, soit environ 600 mm, la coque élargie d’une vingtaine de centimètres et raccourcie d’environ 75 mm. Le tout repose sur un châssis en échelle sur mesure avec suspensions indépendantes, amortisseurs réglables Penske et gros freins Baer. Même les portes sont spécifiques : elles coulissent et s’ouvrent via des boutons discrets, ce qui lui donne des airs de concept-car.

Le V8 ne se trouve plus devant, mais derrière les sièges : un LS1 en aluminium porté à 395 ci, soit environ 6,5 litres, gavé par deux turbos de 77 mm et un intercooler refroidi par liquide. La puissance n’est pas officiellement annoncée, mais la présence d’une boîte-pont séquentielle Mendeola à cinq rapports, commandée par palettes, confirme le positionnement très orienté piste. L’ensemble fait écho au rêve de Zora Arkus-Duntov, l’ingénieur qui poussait déjà pour une Corvette à moteur central bien avant l’arrivée de la C8 en 2020.

De SEMA à Bring a Trailer : un prix modeste pour un projet qui divise

Après son triomphe à SEMA, le V7 Twin Turbo a circulé sur le circuit des enchères américaines avant de réapparaître récemment sur la plateforme Bring a Trailer. Neuf enchérisseurs se sont affrontés, et le marteau est tombé à 65 500 dollars, environ 56 000 €. Dans les commentaires, certains estiment qu’il faudrait entre 400 000 et 500 000 dollars, soit 344 000 à 430 000 €, pour reproduire aujourd’hui un tel niveau de fabrication sur mesure.

Les avis des passionnés restent pourtant violemment partagés. Une partie du public salue une vraie pièce d’ingénierie, pensée comme une Corvette de course d’un monde alternatif. D’autres regrettent un massacre des proportions de la C2, renforcé par un look très années 2000 : grosses jantes chromées, instrumentation argentée, ambiance show car datée. Beaucoup soulignent enfin que partir d’une 1963 à lunette divisée reste, pour eux, la limite à ne pas franchir, même si cette Corvette-là continuera à faire tourner les têtes partout où elle passe.

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