Au début des années 2000, ces cinq concepts de sportives diesel annonçaient l'avenir
Avant que le diesel ne tombe en disgrâce, il était même envisagé pour des roadsters et des coupés sportifs. Retour sur cinq concept-cars aussi ambitieux qu'éphémères.
Au début des années 2000, le diesel ne rimait pas avec scandale mais avec modernité et fiscalité avantageuse. En Europe surtout, les constructeurs ont cru bon d’en faire le carburant du futur, y compris pour des coupés et roadsters. C’est ainsi qu’ont éclos cinq concepts de voitures de sport diesel aussi brillants qu’éphémères.
Ces prototypes signés Bizzarrini, Volkswagen, Citroën et Mitsubishi n’ont jamais dépassé le stade des salons, alors qu’ils affichaient des chiffres de consommation bluffants et des performances crédibles. Ils racontent surtout un moment précis où le diesel paraissait presque écologique, juste avant que la réglementation ne referme la parenthèse.
Quand le diesel se rêvait en voiture de sport dans les années 2000
Dans ces années-là, les gouvernements européens favorisaient le gazole, moins taxé et réputé pour ses émissions de CO₂ inférieures à celles de l’essence. Les progrès des moteurs turbodiesel ont poussé les ingénieurs à imaginer des moteurs plus compacts et coupleux, au point d’inspirer la barchetta Bizzarrini Kjara, présentée au Salon de Turin 2000.
Née d’une collaboration entre Giotto Bizzarrini et l’université romaine La Sapienza, la Kjara cachait sous sa carrosserie fluide un hybride mêlant un cinq‑cylindres 2,4 litres Lancia JTD turbodiesel et quatre moteurs électriques, capables d’entraîner l’avant, l’arrière ou les quatre roues. Dans un registre plus grand tourisme, la Citroën C‑Métisse dévoilée à Paris en 2006 adoptait un V6 2,7 litres turbodiesel pour les roues avant et deux moteurs électriques à l’arrière, pour 230 ch, du confort et une consommation contenue.
EcoRacer, Concept‑RA et BlueSport : trois diesel sportifs presque crédibles
Le groupe Volkswagen a poussé loin l’idée du diesel sportif avec l’EcoRacer, un deux‑places dévoilé à Tokyo en 2005 qui pesait 850 kg pour 136 ch issus d’un 1,5 litre TDI, assez pour passer de 0 à 100 km/h en 6,3 s tout en consommant 3,4 l/100 km. Plus proche d’une mise en production, le roadster BlueSport présenté à Detroit en 2009 misait sur un 2,0 litres turbodiesel de 180 ch en position centrale arrière pour aller chasser la Mazda MX‑5.
Côté japonais, le Mitsubishi Concept‑RA présenté au salon de Detroit 2008 servait de vitrine technologique. Châssis en aluminium spaceframe, freins Brembo, direction et suspension actives : la fiche technique évoquait une sportive accomplie. Sous le capot, un 2,2 litres turbodiesel 4N14 de 201 ch associé à une boîte à double embrayage à six rapports privilégiait le couple, la sobriété et la fiabilité plus que la puissance pure.
Pourquoi ces sportives diesel sont restées au stade de concept
Sur le papier, ces voitures de sport diesel des années 2000 combinaient performances correctes, consommation de citadine et image high‑tech. Dans la réalité, le marché des roadsters et coupés compacts se tassait déjà, tandis que les normes antipollution se durcissaient. Quelques années plus tard, le scandale des logiciels truqueurs a plombé l’image du diesel et rendu impensable le lancement de modèles plaisir au gazole.
Ces cinq concepts restent fascinants pour qui aime l’automobile. La Kjara et la C‑Métisse annonçaient déjà les architectures hybrides modernes, tandis que l’EcoRacer, le Concept‑RA et le BlueSport valorisaient allègement, moteurs compacts et transmissions soignées. On retrouve aujourd’hui ces idées dans des sportives hybrides ou 100 % électriques, alors que le diesel a totalement disparu des projets.














