Comment ce vieux six-cylindres Jeep peut-il sortir 440 ch sans turbo ?
Un préparateur américain a transformé le robuste six-cylindres 4,0 litres de Jeep en un 5,0 litres atmosphérique développant environ 440 ch. Le moteur est destiné à un Cherokee de 1996 engagé dans des courses de boue.
Sur le papier, le vieux six-cylindres en ligne Jeep de 4,0 litres n’a rien d’un sprinteur : fiable, costaud, mais lent. Pourtant, un atelier de Caroline du Nord, Newcomer Racing, vient de lui offrir une préparation radicale en portant sa cylindrée à 5,0 litres. Résultat ? Un bloc atmosphérique de 440 ch, sans le moindre turbo.
Ce moteur, destiné à un Jeep Cherokee de 1996 préparé pour des courses de boue, sort plus du double des 190 ch d’un 4,0 litres d’origine. Et il fait mieux que le très moderne six-cylindres biturbo Hurricane de 3,0 litres du Grand Wagoneer, annoncé à 426 ch. Tout ça à partir d’un moteur que même un journaliste spécialisé décrit comme "un moteur de camion brut de décoffrage".
Du six en ligne rustique au chouchou des préparateurs
Produit de 1987 à 2006, l’AMC 242 a animé pendant près de vingt ans plusieurs modèles de la marque. Sa réputation s’est faite sur la longévité et le couple à bas régime, pas sur la fiche technique. Dans un Cherokee XJ neuf, on parlait d’environ 193 ch, largement suffisants pour grimper un chemin, pas pour aligner les chronos.
La fin de carrière de ce bloc a coïncidé avec l’arrivée des vraies Jeep "de performance", comme le Grand Cherokee SRT8 équipé d’un V8 Hemi en 2006. Pourtant, sa conception robuste a toujours attiré les préparateurs. Newcomer Racing en est un bon exemple : l’atelier a déjà poussé un six en ligne Jeep au-delà de 1 000 ch avec turbo et carburateur, preuve que la base encaisse des traitements extrêmes.

De 4,0 à 5,0 litres : un Jeep pensé pour la boue
Pour ce projet, Newcomer Racing a réalésé le bloc et augmenté la course du vilebrequin. Le moteur est passé de 4,0 à 5,0 litres. Le rapport volumétrique grimpe à 13:1, une valeur très élevée, et le bloc reste totalement atmosphérique, sans compresseur ni turbo pour l’aider à respirer.
Le client vise des épreuves de "mud drag" avec son Cherokee de 1996, ces runs en ligne droite sur une piste de boue épaisse. Keith Newcomer évoque des courses d’accélération dans la boue, avec l’objectif de garder la vitesse de rotation des roues malgré de gros pneus. D’où l’importance d’une large plage de puissance, mélange de gros couple et d’allonge, plutôt qu’un simple pic à haut régime.
Carburateur, injection et duel avec le Hurricane moderne
Le préparateur a d’abord assemblé ce bloc de 5,0 litres avec un carburateur et une admission sur mesure, avant de basculer sur une injection électronique (EFI). Le propriétaire tenait à conserver le faisceau d’origine de son Cherokee ; le faisceau a donc été dépouillé de tout ce qui ne servait pas aux fonctions essentielles, histoire de gagner quelques kilos sans compliquer la maintenance.
Sur le banc, les deux configurations affichent une puissance de pointe très proche, autour de 440 ch. Ce chiffre dépasse d’environ 14 ch la version "Standard Output" du Hurricane 3,0 litres biturbo du Grand Wagoneer, pourtant bardé de technologie moderne. Un rappel discret qu’un vieux six en ligne en fonte, bien travaillé, peut encore tenir tête aux moteurs les plus récents, du moins sur le banc de puissance.














