Cette berline Bugatti méconnue pourrait valoir plus de 2 millions d’euros aux enchères
Presque inconnue du grand public, la Bugatti EB112, berline fantôme produite à trois exemplaires, va passer sous le marteau à Monaco le 25 avril 2026. Pourquoi cette quatre-portes estimée à plus de 2 millions de dollars affole déjà les collectionneurs ?
Une berline Bugatti dont la plupart des passionnés ignorent jusqu’au nom s’apprête à sortir de l’ombre. Bien loin des hypercars récentes, cette quatre-portes née au début des années 1990 a failli disparaître avec la faillite de la marque. Trois exemplaires seulement ont survécu, cachés dans des collections très discrètes.
L’un d’eux, une Bugatti EB112, sera proposé le 25 avril 2026 par RM Sotheby’s lors de la vente de Monaco, avec une estimation comprise entre 1,75 et 2,3 millions de dollars, soit environ 1,6 à 2,1 millions d’euros. Une berline aussi rare qu’hors norme qui intrigue déjà les collectionneurs.
Bugatti EB112 : une berline fantôme attendue aux enchères de Monaco
Cette EB112 est décrite par RM Sotheby’s comme le dernier des trois exemplaires construits. D’abord assemblée à partir d’un châssis issu du programme EB110, elle a été complétée au tournant des années 2000 pour l’homme d’affaires monégasque Gildo Pallanca Pastor. Restée dans ses garages jusqu’en 2015, elle n’aurait connu depuis qu’un second propriétaire.
© RM
Sotheby's
Cette berline est extrêmement rare.
Récemment restaurée, la berline affiche seulement 388 km au compteur, ce qui la place quasiment au rang de voiture neuve malgré ses deux décennies d’existence. Présentée à Monaco, territoire où elle a été achevée puis longuement stockée, cette Bugatti EB112 aux enchères joue donc aussi sur une forme de retour à la maison.
Le pari avorté de Romano Artioli pour une berline Bugatti d’exception
Le projet naît au début des années 1990, quand Romano Artioli relance Bugatti en Italie et rêve d’une gamme complète. À côté du coupé EB110, il veut une berline Bugatti EB112 capable d’offrir le confort d’une limousine et les performances d’une supercar. À Genève en 1993, le prototype signé Giorgetto Giugiaro et Italdesign surprend avec sa silhouette fastback très fluide.
Sous cette robe inspirée des Bugatti des années 1930 se cache une base ultra sophistiquée pour l’époque : châssis en carbone dérivé de l’EB110, carrosserie en aluminium, transmission intégrale et boîte manuelle à six rapports. Le V12 atmosphérique de 6,0 litres développe environ 460 ch et 590 Nm, pour un 0 à 100 km/h en à peine plus de 4 secondes, avec une vitesse de pointe proche de 300 km/h.
Fiche technique et enjeux de la vente Bugatti EB112 à Monaco
À l’époque, Bugatti vise une production en petite série, mais la faillite de 1995 met brutalement fin au programme. Trois autos seulement verront finalement le jour : un concept conservé par Italdesign et deux exemplaires routiers terminés à Monaco. L’EB112 proposée aujourd’hui réunit donc une rareté extrême et une histoire industrielle interrompue en plein vol.
Dans un marché où les Bugatti de collection atteignent régulièrement des montants à sept ou huit chiffres, cette berline hors normes arrive avec une estimation déjà stratosphérique pour une quatre-portes, alignée sur les résultats récents de la marque en ventes publiques. Entre ses 388 km à peine, son statut de prototype abouti et son lien fort avec Monaco, elle offre un mélange que les amateurs ne retrouveront sans doute pas de sitôt.














