Avec seulement 125 ch, cette Citroën de 1986 approchait déjà les 200 km/h
En 1986, Citroën lance la BX GTi, une berline de 125 ch qui tutoie pourtant les 200 km/h. Entre technique, légèreté et confort hydropneumatique, son secret intrigue toujours.
Dans les années 80, afficher "125 ch" sur la malle d’une berline, ce n’était pas spectaculaire. Pourtant, en 1986, la Citroën BX GTi frôlait les 200 km/h, tout en gardant quatre portes, un grand hayon et une vraie banquette familiale. Une voiture de tous les jours capable de filer à une vitesse de sportive, sans être épuisante à conduire.
Née avec le restylage de juillet 1986, cette BX GTi remplace les BX 19 GT et BX Sport. Elle s’inscrit dans le succès d’une BX lancée en 1982, produite à plus de 2,3 millions d’exemplaires jusqu’en 1994. Son rôle est clair : offrir des performances de haut niveau, dignes des familiales sportives rivales, tout en préservant le confort typique de la marque, notamment grâce à sa suspension hydropneumatique.
Citroën BX GTi : 125 ch, mais un vrai tempérament de sportive
Sous le capot, on trouve un 4 cylindres de 1 905 cm³, 8 soupapes, injection électronique, directement issu de la grande famille PSA XU9. Il développe 125 ch autour de 5 500 tr/min et 175 Nm de couple à 4 500 tr/min. Sur le papier, ce n’est pas extravagant, surtout à côté de certaines GTI de l’époque plus puissantes. Pourtant, le chronomètre parle. L'exercice du 0 à 100 km/h est réalisé en environ 8,9 secondes et le 1 000 m départ arrêté en 30,5 secondes. Des valeurs très flatteuses pour une berline de grande série sortie en 1986.
Le secret vient surtout du poids. En ordre de marche, la BX GTi tourne autour de 1 025 kg, soit un rapport poids/puissance de 8,2 kg/ch. Pour une cinq portes de 4,24 m, c’est léger. Cette frugalité autorise des reprises vives, un moteur qui n’a pas besoin d’être surpuissant pour emmener l’auto, et explique qu’une puissance moyenne puisse se traduire par des performances dignes d’une vraie sportive.
Une familiale affûtée, pensée pour rouler vite… confortablement
Visuellement, la BX GTi profite du restylage : ailes élargies, boucliers plus enveloppants, aileron arrière, logos GTi discrets, jantes et pneus spécifiques. Rien d’ostentatoire, mais une silhouette plus plantée sur la route, sans renoncer au côté pratique du grand hayon. La fiche technique suit : quatre freins à disque, direction assistée, ABS proposé en option, le tout posé sur une suspension hydropneumatique légèrement raffermie par rapport aux autres BX.
Cette suspension reste l’une des clés de son aisance à haute vitesse. La garde au sol reste constante, la voiture absorbe les irrégularités tout en conservant un cap stable. Les essais d’époque notaient une tenue de route sûre, un freinage puissant et endurant, et un confort rare pour une GTI. L’intérieur bien équipé pour son temps, avec sièges en velours réglables, combiné à six cadrans et nombreuses options (cuir, toit ouvrant, climatisation, pack Hi-Fi), la positionne clairement dans l’univers des jeunes cadres pressés.
De 1986 à aujourd’hui : 125 ch qui n’ont plus le même sens
Si l’on compare avec une compacte actuelle de 120 à 130 ch, on trouve aujourd’hui des vitesses maxi similaires, parfois légèrement supérieures. La différence se joue ailleurs : les voitures modernes dépassent souvent 1 300 ou 1 400 kg, avec bien plus d’équipements de sécurité et d’insonorisation. En 1986, la BX GTi exploitait son faible poids et une aérodynamique travaillée pour offrir des pointes dignes d’une sportive, là où il faut désormais davantage de puissance pour compenser la masse.
La suite logique arrivera vite avec la BX GTi 16 Soupapes de 160 ch, capable de dépasser les 218 km/h et de placer Citroën parmi les pionniers du multisoupape en grande série. Pourtant, quarante ans après, c’est bien la première GTi de 125 ch qui reste associée dans la mémoire collective à une idée précise de la berline sportive : rapide, polyvalente et étonnamment confortable pour avaler les kilomètres à bon rythme.














