À 75 ans, cette légende de Porsche raconte comment il a échappé à la mort en course

Publié le 22 mars 2026 à 18:00
pilote porsche

À Sebring, un géant bavarois de 75 ans raconte comment il a dompté les protos les plus dangereux. Hans-Joachim Stuck, légende Porsche du Mans, y révèle pourquoi il se dit encore en vie.

À 75 ans, Hans-Joachim Stuck s'apprête à sortir sa Porsche 911 T pour le printemps. Le double vainqueur des 24 Heures du Mans et triple lauréat des 12 Heures de Sebring garde la même silhouette qu'à l'époque du Group C, et surtout la même envie de rouler vite. Derrière ce sourire de géant, il reste l'un des derniers témoins d'une période où courir signifiait risquer sa peau.

Devant les journalistes réunis à Sebring, où Porsche aligne encore ses prototypes d'usine, la légende Porsche raconte ses souvenirs avec une précision étonnante. Il parle de sa 911 T moderne équipée de la boîte PDK qu'il a aidé à mettre au point sur la 962, des nuits sans fin au Mans, des bosses meurtrières de Sebring. Et surtout, il revient sur cette impression tenace d'avoir eu, toute sa vie, plus de chance que les autres.

Hans-Joachim Stuck, une légende Porsche façonnée par Sebring et Le Mans

Hans-Joachim Stuck a traversé la Formule 1 des années 1970 avant de s'imposer en endurance avec Porsche. Au palmarès : deux victoires au Mans, en 1986 et 1987, trois triomphes à Sebring, un titre mondial d'endurance. Quand il évoque Sebring, il décrit un tracé qui demande "beaucoup de courage pour rouler vite" et une course qui est "une aventure" où il faut "s'attendre à l'inattendu", a-t-il confié au magazine américain Road and Track.

Un ancien pilote Porsche © Porsche

Désormais âgé de 75 ans, cet ancien pilote a pis tous les risques au volant de sa Porsche.

Face aux plaques de béton qui maltraitaient les prototypes, Hans-Joachim Stuck se sentait protégé dans la 962. "J'ai toujours eu de la chance", dit-il. "Avec la Porsche, grâce à Norbert Singer et Roland Kussmaul et aux autres, nous avions un réglage très spécial pour Sebring. Être dans une Porsche là-bas n'était pas seulement fantastique, c'était une assurance."

Une époque où l'on roulait à 80 % pour rester en vie

Dans ces années-là, avec les prototypes du Group C, une course de 12 heures se gérait en permanence : Hans-Joachim Stuck estime qu'il roulait à 75 ou 80 % pour ménager moteur, boîte et freins. Il replace surtout ce quotidien dans le contexte de la sécurité : "Nous avions des châssis en aluminium, maintenant nous avons des châssis en fibre de carbone, qui sont toujours une sorte d'assurance-vie."

Cette frontière entre casse et miracle, Hans-Joachim Stuck l'a vécue de près à Sebring en 1986, lorsqu'une roue s'est détachée de sa 962 en pleine course. "Là, j'ai eu la chance de perdre la roue au bon endroit, je l'ai perdue dans la ligne droite... Aujourd'hui, perdre une roue et gagner une course n'arrive pas très souvent." L'équipage s'imposera pourtant avec huit tours d'avance.

Un survivant qui se dit "chanceux" d'être encore là

Quand il repense à ces années où il a vu tant d'amis disparaître en Formule 1, en Formule 2 ou en prototypes, Hans-Joachim Stuck ne trouve qu'un mot : la chance. "Après la course, tu t'asseyais et tu disais : 'Jesus Christ, j'étais totalement fou, mais ça a marché, tu vois ?' Heureusement, j'ai fait partie de ceux qui ont survécu... J'ai eu la chance de ne pas frapper quelque chose de l'avant, mais surtout de l'arrière. Merci à mon ami, mon cher dieu, qui s'est toujours occupé de moi."

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