Dodge Viper : le directeur de SRT tranche sur l’avenir de l’icône américaine
À Detroit, Tim Kuniskis met un terme aux espoirs de résurrection de la Dodge Viper. Derrière sa phrase brutale, c’est toute une époque qui vacille définitivement...
Dans la galaxie des sportives américaines, la Dodge Viper gardait un espoir de résurrection. Cet espoir vient de s’évaporer : à Detroit, le patron de SRT, Tim Kuniskis, a expliqué que l’icône à V10 avait "atteint la fin de son cycle de vie". Derrière cette phrase lâchée en entretien se cache l’enterrement en règle d’une éventuelle sixième génération.
Dodge Viper : quand Tim Kuniskis dit stop à une sixième génération
Il possède lui‑même une Viper et ne cache pas son attachement à cette supercar brute, mais il assume le constat : pour rester dans la course aujourd’hui, une sportive doit adopter des transmissions automatiques modernes et beaucoup d’électronique. Pour la Viper, conçue autour d’une boîte manuelle et d’un V10 atmosphérique presque sans filtres, cette évolution signerait une forme de reniement. Interrogé sur le sens qu’aurait une nouvelle Dodge Viper, Tim Kuniskis ne tourne pas autour du sujet : "Autant ça me fait mal de le dire, elle est arrivée au bout de son cycle de vie". Cette phrase ferme la porte aux rumeurs de retour, même si la division SRT vient d’être relancée. Pour le constructeur, la Viper relève désormais du patrimoine plus que du futur catalogue. La façon dont il en parle mélange admiration et lucidité. Il rappelle des performances au niveau des meilleures supercars, et reste attaché au caractère brut de la Viper. Dans le même souffle, il reconnaît qu’elle n’était pas parfaite et s’autorise quelques critiques, en précisant qu’il se le permet "parce qu’il en possède une", là où les attaques venues de non‑propriétaires le font beaucoup moins rire...
Dodge Viper : une norme d’airbags implacable
Pendant des années, l’explication semblait évidente : la Dodge Viper aurait succombé aux normes de pollution ou à des ventes trop faibles. Tim Kuniskis raconte autre chose. Il met en avant une règle américaine d’"ejection mitigation", inscrite dans le règlement FMVSS 226, qui impose des protections pour éviter qu’un occupant soit éjecté par les vitres latérales, via des airbags rideaux dans le pavillon. Tim Kuniskis résume la situation : "Quand ils ont sorti cette nouvelle règle, nous avons dû arrêter la voiture, parce qu’il aurait fallu mettre des airbags au‑dessus de la tête du conducteur, au niveau de l’oreille." Faute de mise en conformité, la Viper ne pouvait plus être vendue après le millésime 2017, ce qui a scellé sa disparition. Le portrait technique de la Dodge Viper reste unique : V10 atmosphérique à l’avant, propulsion, aides électroniques limitées. Tim Kuniskis affirme que "la technologie n’avait pas d’importance" pour cette auto, car "elle était simplement aussi bonne". Pour lui, la Viper incarne une époque où l’on jugeait surtout une sportive à la pureté de ses commandes, avant la sophistication logicielle.
Face aux chronos actuels, même lui admet que la donne a changé : "Honnêtement, aujourd’hui, elle aurait dû devenir une automatique ou une double embrayage", estime‑t‑il. Il se dit "incroyablement impressionné par l’ingénierie" de la Chevrolet Corvette C8, référence livrée uniquement avec une boîte double embrayage. La future vitrine de SRT passera donc par de nouveaux modèles très puissants et technologiques, tandis que l’ADN mécanique de la Viper restera au garage des légendes.














