MotoGP - Marc Marquez a tout donné jusqu'à ce que son corps lui ordonne d’arrêter
De retour au Mugello deux semaines après une double opération, Marc Marquez a livré une course acharnée au GP d'Italie avant que son bras droit ne lâche.
Le plan de départ était clair : rentrer tranquillement, soigner la convalescence, ne pas jouer avec le feu. Deux semaines après une double opération à l'épaule et au pied, Marc Marquez avait affiché des intentions raisonnables. Et puis les feux du Mugello se sont éteints.
Le compétiteur a vite pris le dessus sur le convalescent
Quatrième sur la grille, Marc Marquez s'est
retrouvé d'emblée sous pression de Pedro Acosta. L'autre
Espagnol, incisif et mordant, lui a collé aux roues dans les
premiers tours. Forçant le pilote Ducati officiel à jouer
des coudes plutôt qu'à gérer.
Ai Ogura et Fabio Di Giannantonio ont rejoint la fête un peu plus
tard, transformant les premiers instants du GP d'Italie en
bataille rangée à plusieurs protagonistes. Mais Marc Márquez n'a
pas reculé. Avec son expérience, il a défendu sa position
dans les deux premiers secteurs du circuit toscan. Mais dans les
célèbres virages des Arrabbiata, il a levé le pied.
Par lucidité plus que par manque d'envie. « J'avais
peur », a-t-il reconnu. «
Je sais qu'une petite erreur à cet endroit peut provoquer une
grosse blessure. D'abord parce que je ne me sentais pas à 100 %,
mais aussi parce qu'une faute là-bas peut avoir de grosses
conséquences ».
La réalité physique l'a donc rattrapé en milieu de course. «
J'ai tout donné jusqu'à ce que mon corps — ou plutôt mon bras droit
— me dise : OK, stop ».
Marc Marquez conscient de ses limites ?
Il a regardé le panneau au bord de la piste. Dix
tours restants. La fatigue était déjà là, profonde, inévitable. Il
a quand même tenu, croché, refusé de disparaître dans le classement
sans se battre. « Je me suis dit : si je dois vendre
ma peau, je vais la vendre cher ».
Résultat : une septième place pour Marc Marquez. Pas le résultat
dont il rêve, mais le genre de course qui dit quelque chose sur un
homme. Ce qui importe le plus ce week-end-là n'est pas le
classement. C'est ce que Marc Marquez a ressenti. Voire, ce
qu'il n'a plus ressenti.
Les fourmillements dans le bras droit, ce symptôme lié à
son opération à l'épaule qui
empoisonnait ses sensations depuis des mois, ont disparu.
« C'était l'objectif principal de l'opération, a-t-il expliqué.
Et il était là ».
Pour un pilote qui construit sa rééducation tour après tour,
c'est une donnée autrement plus précieuse que le moindre
point au championnat. Voilà un état d’esprit important
dans la saison MotoGP du pilote espagnol.
« À partir de maintenant, peu importe où se situe
mon 100 %. Je vais simplement essayer d'atteindre mon maximum
chaque jour. Je vais pousser ce bras à sa limite et voir jusqu'où
ça peut me mener ». Des déclarations faites à la
presse plutôt rassurantes.
La question de sa carrière au-delà de 2026 est
dans tous les esprits. Marc Marquez ne l'esquive pas. « Si je
suis ici, c'est parce que je veux continuer. Cette année, je ne
prends pas vraiment de plaisir. L'an dernier, oui, beaucoup. Alors
je veux essayer. Personne ne peut garantir que je retrouverai mon
niveau d'avant. Mais vous connaissez mon mental. Je suis prêt à
tenter le coup ».















