F1 - Monza, un défi unique en F1

Les ingénieurs de Renault expliquent les contraintes de Monza, le circuit le plus rapide de l'année, sur les freins, les moteurs et l'aérodynamique.
Monza présente un défi unique pour les Formule 1. On l’appelle
souvent le ‘temple de la vitesse’, tout simplement parce qu’il est,
et de loin, le circuit le plus rapide du calendrier.
Il est si extrême que les équipes doivent développer un package
aérodynamique spécifique pour rendre les voitures assez fines pour
être compétitives sur le tour long de 5.8km.
L’ancien tracé de Hockenheim présentait un challenge similaire mais
aujourd’hui, Monza est le seul circuit de la saison où les voitures
approchent les 340km/h.
73% du tour pied au plancher
Pour se faire une petite idée de la rapidité du tour, on peut
noter que la ligne droite principale est longue de plus de 1,3km –
une distance sur laquelle les voitures sont à fond après
Parabolica. La ligne droite entre le deuxième Lesmo et Ascari est
également énorme, les pilotes sont à fond sur 911 mètres.
Il n’est donc pas étonnant que les pilotes passent 73% du tour avec
le pied au plancher– plus que sur tout autre circuit – à une
vitesse moyenne de près de 250km/h.
Très peu d'appuis aérodynamiques
Les statistiques aérodynamiques sont tout aussi intéressantes. Ainsi, la R30 offrira 25% d’appuis en moins qu’à Monaco, une configuration permettant d’accrocher une vitesse de pointe de 340km/h au lieu de tout juste 290km/h en Principauté. Cependant, la vitesse en ligne droite se fait au dépends de l’adhérence aérodynamique, chose à laquelle les pilotes devront s’adapter. Les premiers tours des essais libres paraîtront particulièrement étranges même pour les pilotes expérimentés. Ils voudront tous davantage d’appuis !
Des ailerons spécifiques
En termes de configuration aérodynamique, les équipes se
concentrent sur les ailerons avant et arrière. C’est toutefois un
exercice coûteux car ces ailerons ne serviront qu’une seule fois
dans l’année.
« Nous savons que nous devons le faire tous les ans, » explique
James Allison, directeur technique de Renault. « La fabrication des
ailerons est longue, nous commençons donc à nous pencher sur le
package à appuis bas en soufflerie dès le mois de mai. Le package
final est figé en juillet après deux ou trois sessions de
soufflerie longues de quelques jours. Cette année, le F-duct sera
également une alternative possible pour Monza, nous évaluons encore
l’apport de ce système dans l’environnement particulier de Monza.
»
Les dépassements ne seront pas facilités
Sur papier, Monza estun circuit sur lequel les dépassements
devraient être relativement faciles. Après tout, les longues lignes
droites encouragent l’aspiration et elles sont nombreuses sur le
circuit italien.
La réalité est tout autre, comme l’explique Alan Permane, ingénieur
en chef de Renault: « Le problème, c’est que tous les virages qui
mènent aux lignes droites sont des virages rapides, où il est
difficile de suivre une voiture de près. La Parabolica, par
exemple, est un long virage à 180 degrés qui soumet la voiture à
une force latérale d’accélération de 441 mètres et à une vitesse à
la corde de plus de 200km/h. »
Des freins soumis à rude épreuve
Monza est aussi réputé être particulièrement exigeant pour les
freins. Le pilote passe 11% du tour en phase de décélération. En
fait, les contraintes sur les freins sont les plus importantes de
l’année, à égalité avec Montréal. Il y a un nombre important de
grandes zones de freinage, mettant disques et plaquettes à rude
épreuve.
C’est notamment le cas pour le virage numéro 1, que les voitures
approchent à 340km/h. Elles perdent alors 240km/h en tout juste 150
mètres. Cette année, avec la charge en carburant, les systèmes de
freinage seront soumis à 10% de contraintes supplémentaires par
rapport à l’an dernier.
Il ne sera donc pas surprenant de voir les monoplaces être équipées
d’écopes de freins les plus larges possibles pour essayer de
conserver la température des disques à des niveaux convenables.
Avec un communiqué de presse Renault F1.
- Toutes les infos sur le Grand Prix d'Italie 2010.


