F1 - Les pilotes totalement divisés sur le halo

Le halo de sécurité testé par Ferrari suscite des réactions diamétralement opposées chez les pilotes, entre rejet total ou soutien sans faille.
Kimi Räikkönen et Sebastian Vettel ont testé le halo de sécurité cette semaine à
Barcelone. Un système de protection de la tête qui devrait être
imposé dès 2017, suite à une demande du GPDA, l'association des pilotes,
après les décès de Jules Bianchi et de Justin Wilson à cause de
blessures à la tête.
Les pilotes Ferrari ont uniquement vérifié la visibilité et Red
Bull va tester un système différent. Certains
pilotes ont pourtant déjà pris position contre le système, que ce
soit pour des raisons esthétiques ou par crainte de voir une F1
trop aseptisée.
« J'espère vraiment que ça ne viendra pas et si c'est le cas,
j'espère qu'on aura la possibilité de ne pas l'utiliser parce que
je ne le veux pas sur ma voiture, » a assuré Lewis Hamilton à
Sky Sports News. « Pitié non !, » a ajouté le
triple champion du monde sur Instagram. « C'est le système le
plus moche de l'histoire de la Formule 1. Je soutiens les
évolutions pour la sécurité mais c'est la Formule 1, et c'est très
bien bien comme c'est actuellement. »
Faut-il laisser une part de danger ou améliorer la sécurité à tout
prix ? Apporter une réponse est complexe mais Nico Hülkenberg
a une opinion très tranchée : il est totalement opposé au
halo: « Pour moi c'est horrible, » a confié
l'Allemand à Motorsport.com. « Je pense que ça stérilise le
sport. Il y a besoin d'une part de danger pour le rendre sexy et
attractif, et c'est aussi ce dont la Formule 1 a besoin. Avant il y
en avait beaucoup plus. »
Hülkenberg s'opposera à un tel système: « Ne le faites
pas, » a-t-il prévenu au site officiel de la F1. « Ca
envoie le mauvais message. La F1 est très sure
actuellement. »
D'autres pilotes ne comprennent pas le refus du halo
Daniel Ricciardo ne comprend pas les pilotes qui refusent le
changement. Il n'a pas apprécié les propos de Nico Hülkenberg sur
l'impact du halo.
« J'ai entendu que Hülkenberg a dit des choses que je ne
partage pas, parce que ça ne sert à rien de jouer au héros dans
cette situation, » a déclaré l'Australien à Motorsport.com.
« Ca ne change pas le sport, ni la vitesse de la voiture,
c'est juste que quand il y a des objets qui volent, c'est une
petite protection en plus pour nous. Je ne sais pas pourquoi il
bombe le torse pour quelque chose comme ça, ça n'a aucun
sens. »
Nico Rosberg de son côté a une opinion totalement opposée à celle
de Lewis Hamilton, son équipier. Pour lui, le halo est une
évolution dont la Formule 1 ne peut pas se passer.
« C'est vraiment la bonne chose, à avoir le plus vite possible, et
c'est fantastique qu'ils fassent avancer les choses en le mettant
sur les voitures, » s'est félicité l'Allemand, interrogé par
Autosport. « Sous certains angles ça a même une apparence
assez cool, de l'avant par exemple. Evidemment, on peut
travailler sur certains angles, mais ce n'est pas moche non plus.
C'est bien. Nous devons le mettre sur la voiture, c'est
tout. »
« Je comprends les puristes évidemment, mais les puristes se
plaignent probablement depuis 50 ans. Jackie Stewart a été très
critiqué dans les années 1970 pour son travail sur la sécurité, et
il y avait vraiment un risque de décès avec ces
voitures. »
« Il y aura toujours des puristes qui voudront que rien ne
change, c'est acceptable, très bien, tout le monde a son opinion,
mais pour moi il faut le faire. »
Pour Sebastian Vettel, qui a pu tester l'élément, l'aspect
esthétique n'a pas la moindre importance: « Je suis
d'accord sur le fait que ce n'est pas beau, » a-t-il précisé à
Autosport. « Ce n'est pas l'image qu'on a l'habitude de voir
pour la F1. Mais si ça améliore la sécurité et que ça sauve des
vies, il y a au moins deux pilotes qui seraient encore avec nous,
Henry Surtees et Justin Wilson, si nous avions eu ce genre de
système. C'est peut-être moche mais rien ne justifie de ne
plus avoir ces deux personnes avec nous. »
La visibilité reste bonne avec ce système selon l'Allemand, mais il
est loin d'être dans sa version définitive: « On peut voir ce
qu'il faut voir. Nous pouvons améliorer l'esthétique du système et
la visibilité. Je l'ai aussi testé dans le simulateur et je pense
que nous verrons des évolutions très rapidement. »














