« Voilà comment on fait revivre une icône » : le designer de la McLaren P1 encense la Renault 5 Turbo 3E

Publié le 5 septembre 2026 à 17:00
Renault 5 Turbo 3E : la 1ère "mini-supercar" du losange gonflée à 540 ch !

Faire renaître une icône comme la Renault 5 Turbo sans tomber dans la nostalgie était un exercice risqué. Pour Frank Stephenson, ancien designer de Ferrari et de la McLaren P1, Renault a pourtant réussi son pari avec la spectaculaire 5 Turbo 3E électrique, au point d’en faire un exemple à suivre.

"Voilà comment on fait revivre une icône" : la phrase claque comme un verdict. Elle vient de Frank Stephenson, star du design auto passée par BMW, Ferrari et surtout la McLaren P1. Son coup de cœur ? La nouvelle Renault 5 Turbo 3E, version électrique et bodybuildée de la petite bombe des années 80.

Dans une tribune publiée en 2026 sur le site de Top Gear, il décortique la façon dont Renault a ressuscité la légende sans tomber dans le copier‑coller nostalgique. Pour lui, la 5 Turbo 3E réussit l’équilibre rare entre respect de l’ADN et langage formel ultra contemporain, au point de devenir un cas d’école pour tous les futurs "revivals".

Renault 5 Turbo 3E : le regard d’un grand designer sur un revival réussi

Frank Stephenson adore d’abord l’attitude générale de la voiture. Il parle d’un croquis resté vivant jusqu’au modèle final : caisse ramassée, assiette de vraie voiture de rallye, proportions qui assument la largeur. Le contraste entre la couleur de carrosserie et toute la partie basse plus sombre allège visuellement la hauteur et affine la silhouette.

À l’avant, il salue ce bouclier massif aux lignes horizontales qui élargissent la voiture, et la relecture des optiques encadrées par des plis de tôle nets. Ce visage reste lisible comme celui d’une Renault 5 Turbo, mais sans pastiche. Les ailes hypertrophiées, "exactement comme elles doivent l’être", et les écopes latérales où se cache la trappe de recharge montrent, selon lui, comment l’électrique peut nourrir le style. À l’arrière, le léger décalage entre diffuseur et panneau de carrosserie crée ce qu’il appelle une honnêteté mécanique brute, avant de lâcher : "Qui a dit que les voitures électriques ne pouvaient pas être excitantes ?".

De la Turbo des années 80 à la mini‑supercar électrique

À l’origine, la Turbo et la Turbo 2 affichaient environ 160 ch pour moins de 970 kg, moteur turbo en position centrale arrière et ailes démesurées, assez pour marquer le rallye et les parkings de supermarché. Toucher à ce mythe restait risqué, tant l’équation "gros caractère, petit gabarit" parlait aux passionnés.

La Renault 5 Turbo 3E change d’époque mais pas d’ambition. Elle devient une mini-supercar électrique : deux moteurs intégrés dans les roues arrière, 555 ch, 4 800 Nm aux roues, moins de 3,5 s de 0 à 100 km/h, environ 2,6 kg/ch. La structure carbone, la propulsion dérivée du savoir‑faire Alpine, la batterie de 70 kWh en architecture 800 V capable d’encaisser jusqu’à 350 kW en charge rapide et une autonomie annoncée à plus de 400 km installent la voiture dans le présent. Son rôle de show‑car de drift sur la montée du Goodwood Festival of Speed, et la série limitée à 1 980 exemplaires prévue pour 2027, renforcent encore son statut d’objet collector.

Ce que la Turbo 3E raconte de la manière de ressusciter une icône

Dans le fond, la méthode ressemble à un manuel non écrit. Garder l’idée – une petite bombe à l’arrière large, pensée pour le fun et la dérive – plutôt que recopier chaque détail des années 80. Assumer la radicalité, quitte à rester à deux places, avec des moteurs in‑wheel qui imposent leurs propres contraintes mais permettent cette posture ultra plantée.

Renault accompagne l’objet d’un récit complet, jusqu’au documentaire "Anatomie d’un come‑back" qui suit la genèse du projet. Les codes visuels de la 5 Turbo 3E irriguent déjà l’univers R5 plus large, des modèles de série aux dérivés plus sportifs. Pour les amateurs de hot‑hatch électriques, le message est clair : l’ère zéro émission peut aussi rimer avec caractère, à condition de traiter le passé comme une matière première, pas comme un musée.

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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