Toyota et Subaru sauvent la boîte manuelle... pour les véhicules électriques

Publié le 29 janvier 2026 à 18:30
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Alors que la boîte manuelle pèse moins de 2 % des ventes, Toyota et Subaru misent sur une boîte manuelle simulée pour voitures électriques. Gadget nostalgique ou début d’une nouvelle ère pour les sportives zéro émission ?

La boîte manuelle s'éteint : dans de nombreux marchés, elle représente moins de 2 % du parc neuf, écrasée par les boîtes auto et l'arrivée de l'électrique. Pour beaucoup, les voitures à batterie devaient signer l'arrêt de mort du levier en H et de la troisième pédale. Les moteurs électriques n'ont pas besoin de rapports, encore moins d'un embrayage... et pourtant, deux constructeurs japonais ne se résignent pas.

Comment Toyota transforme ses électriques en fausses manuelles

Avec une boîte manuelle simulée pour voitures électriques, Toyota et Subaru veulent recréer le rituel du passage de vitesses, sans aucune pièce mécanique supplémentaire. Brevets déposés, prototypes roulants et promesse de modèles de série dès 2026 : le pari ressemble à un clin d'œil appuyé aux puristes, mais il pourrait changer la façon dont on imagine une sportive zéro émission.
Sur ses prototypes, dont le crossover Lexus UX 300e, Toyota installe un vrai levier à grille et une pédale d'embrayage, reliés uniquement à des capteurs. Le logiciel bride volontairement le couple du moteur selon la "vitesse" engagée, limite la vitesse maximale dans chaque rapport et simule même un régime moteur artificiel. Jusqu'à 14 rapports virtuels sont possibles, avec des lois de couple configurables. En un bouton, le conducteur peut tout couper et retrouver un comportement d'EV classique, sans changement de vitesse...

Quand Subaru ajoute le calage et la troisième pédale

Subaru suit la même voie avec le brevet US 20260021713, mais pousse encore plus loin le réalisme. Le texte mentionne un "dispositif de suppression de démarrage à la jackrabbit" qui fait "caler" virtuellement la voiture si l'on relâche mal l'embrayage, et impose d'enfoncer la pédale avant de démarrer. Le levier en H et la pédale ne commandent aucun engrenage, tout passe par des capteurs et un calculateur, avec un mode manuel simulé ou automatique au choix. Pour les ingénieurs impliqués, l'objectif n'est pas la performance pure mais le sourire du conducteur. Rendre un EV moins efficace pour le rendre plus vivant peut sembler absurde à certains. Derrière ces boîtes manuelles virtuelles, Toyota et Subaru envoient surtout un message fort aux passionnés : l’émotion de conduite peut survivre à l’électrification. En réintroduisant coordination, rythme et implication du pilote, ces systèmes recréent des sensations que les sportives modernes, thermiques comme électriques, ont peu à peu gommées au profit de l’efficacité pure.

Pour le monde du sport automobile au sens large, c’est un signal intéressant. Après des décennies à traquer chaque dixième de seconde, certains constructeurs réhabilitent le plaisir “inutile”, celui qui ne sert ni la consommation ni le chrono, mais l’engagement du conducteur.

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À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
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