Toyota et Subaru sauvent la boîte manuelle... pour les véhicules électriques
Alors que la boîte manuelle pèse moins de 2 % des ventes, Toyota et Subaru misent sur une boîte manuelle simulée pour voitures électriques. Gadget nostalgique ou début d’une nouvelle ère pour les sportives zéro émission ?
La boîte manuelle s'éteint : dans de nombreux marchés, elle représente moins de 2 % du parc neuf, écrasée par les boîtes auto et l'arrivée de l'électrique. Pour beaucoup, les voitures à batterie devaient signer l'arrêt de mort du levier en H et de la troisième pédale. Les moteurs électriques n'ont pas besoin de rapports, encore moins d'un embrayage... et pourtant, deux constructeurs japonais ne se résignent pas.
Comment Toyota transforme ses électriques en fausses manuelles
Avec une boîte manuelle simulée pour voitures électriques,
Toyota et
Subaru veulent
recréer le rituel du passage de vitesses, sans aucune pièce
mécanique supplémentaire. Brevets déposés, prototypes roulants et
promesse de modèles de série dès 2026 : le pari ressemble à un clin
d'œil appuyé aux puristes, mais il pourrait changer la façon dont
on imagine une sportive zéro émission.
Sur ses prototypes, dont le crossover Lexus UX 300e, Toyota
installe un vrai levier à grille et une pédale
d'embrayage, reliés uniquement à des capteurs. Le logiciel
bride volontairement le couple du moteur selon la "vitesse"
engagée, limite la vitesse maximale dans chaque rapport et simule
même un régime moteur artificiel. Jusqu'à 14 rapports
virtuels sont possibles, avec des lois de couple
configurables. En un bouton, le conducteur peut tout couper et
retrouver un comportement d'EV classique, sans changement de
vitesse...
Quand Subaru ajoute le calage et la troisième pédale
Subaru suit la même voie avec le brevet US 20260021713, mais pousse encore plus loin le réalisme. Le texte mentionne un "dispositif de suppression de démarrage à la jackrabbit" qui fait "caler" virtuellement la voiture si l'on relâche mal l'embrayage, et impose d'enfoncer la pédale avant de démarrer. Le levier en H et la pédale ne commandent aucun engrenage, tout passe par des capteurs et un calculateur, avec un mode manuel simulé ou automatique au choix. Pour les ingénieurs impliqués, l'objectif n'est pas la performance pure mais le sourire du conducteur. Rendre un EV moins efficace pour le rendre plus vivant peut sembler absurde à certains. Derrière ces boîtes manuelles virtuelles, Toyota et Subaru envoient surtout un message fort aux passionnés : l’émotion de conduite peut survivre à l’électrification. En réintroduisant coordination, rythme et implication du pilote, ces systèmes recréent des sensations que les sportives modernes, thermiques comme électriques, ont peu à peu gommées au profit de l’efficacité pure.
Pour le monde du sport automobile au sens large, c’est un signal intéressant. Après des décennies à traquer chaque dixième de seconde, certains constructeurs réhabilitent le plaisir “inutile”, celui qui ne sert ni la consommation ni le chrono, mais l’engagement du conducteur.














