Renault Dauphine “La Brute” : abandonnée dans le désert, elle renaît avec un moteur Porsche
Partie d'une épave oubliée, la Renault Dauphine « Le Brute » est devenue un jouet extrême à moteur Porsche. Mais son créateur vise bien plus qu'un simple délire mécanique...
Petite berline dans les années 60, la Renault Dauphine n'était pas vraiment conçue pour faire rêver. Celle de 1960 que le Californien Justin Cashmore a transformée, surnommée "Le Brute", cache désormais un V6 de Porsche Cayenne compressé au milieu d'un châssis tubulaire construit maison.
Renault Dauphine "La Brute" : de la voiture de marché au jouet de Justin Cashmore
Ce restomod extrême, qu'il a construit pour lui et non pour un client, ne conserve presque que la coque d'origine. Tout le dessous est inédit, avec le moteur déplacé derrière les sièges, pour une auto d'environ 950 kg sans direction assistée ni aides électroniques. Pourquoi pousser aussi loin une ex-petite voiture de marché ? Poussée sur le marché en 1956, la Dauphine a été produite à plus de deux millions d'exemplaires. Moteur 848 cm³ logé derrière l'essieu, simple boîte 3 vitesses, vitres arrière coulissantes pour économiser quelques francs : cette petite quatre portes visait surtout les ménagères, pas les amateurs de conduite sportive, avec un essieu arrière parfois délicat en limite d'adhérence. Des décennies plus tard, un exemplaire de 1960 avait fini oublié à ciel ouvert dans le désert californien, planchers rongés, intérieur détruit, avant de réapparaître dans une petite annonce. Justin Cashmore, préparateur installé à Simi Valley, y a vu la base idéale pour un projet 100 % perso : "Quand quelqu'un d'autre prépare ton sandwich, il sera toujours un peu différent. Quand tu fais ton propre sandwich, tu le fais exactement comme tu veux", confie-t-il.
Renault Dauphine "La Brute" : la métamorphose mécanique

Pour Justin, la Dauphine n'est plus qu'une coque posée sur sa création. "C'est comme une voiture radiocommandée : la coque, c'est ce qui vient de Renault, tout le reste, c'est ce que j'ai construit", résume-t-il. Il a soudé un châssis tubulaire complet, avec trains avant et arrière à double triangulation inspirés d'une Golf Mk4 et suspension à biellettes type pushrod reliée à des amortisseurs de moto. Le premier moteur choisi était sérieux : un VR6 2,8 litres de Golf GTI, d'environ 230 ch, monté en position centrale avec une boîte manuelle 6 rapports Volkswagen. Depuis 2026, La Brute a encore changé de ton en adoptant un 3,2 litres issu d'une Porsche Cayenne, épaulé par un compresseur Vortech et géré par un calculateur moderne qui impose une pédale d'accélérateur électronique. À bord, la Renault n'a plus rien d'une populaire. Justin a déplacé la direction à droite, souvenir de séjours au Japon, et inversé le schéma de la boîte pour rapprocher les rapports. Une cage, des sièges baquet et une tablette faisant office de compteur ont remplacé les garnitures d'époque, tandis qu'un radiateur derrière les sièges reçoit l'air par des ouvertures dans les vitres de custode.
Ancien amateur de sportives sur deux roues, qu'il a abandonnées à la naissance de sa fille, il voulait retrouver la même adrénaline avec plus de protection. La Brute lui offre ce compromis : pas de direction assistée, pas de servofrein, pas d'ABS ni de contrôle de traction, tout passe par le corps du conducteur. Cette philosophie a propulsé la Dauphine jusqu'au SEMA Show 2024 et lui vaut aujourd'hui une miniature OttOmobile au 1/18 limitée à 2 000 exemplaires.














