Pikes Peak (2026) : le pari fou de Valentin Simonet pour offrir un destin historique à une Renault légendaire

Publié le 2 mars 2026 à 13:30
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Le 21 juin 2026, la Renault R.S. 01 défiera les nuages. Engagée sur les 20 km et les 156 virages de Pikes Peak, la GT française sera pilotée par Valentin Simonet, bien décidé à hisser le Losange jusqu’au 4 302 mètres d'altitude.

Alors que le sport automobile tricolore traverse une période de doutes, cette initiative a des allures de manifeste : prouver que l’esprit Renault Sport peut encore rugir, loin des projecteurs d’usine.

Renault R.S. 01 : engagée à Pikes Peak, un symbole fort

La montée de Pikes Peak International Hill Climb n’est pas une course comme les autres. C’est la plus célèbre course de côte au monde, un ruban d’asphalte suspendu entre ciel et montagne, où l’air se raréfie à mesure que la puissance s’évapore.
Jusqu’à 30 % de perte pour un moteur non optimisé à cette altitude. Le groupe Renault y a déjà laissé une trace, notamment avec le Dacia Duster “No Limit” en 2011 ou plus récemment avec l’Alpine A110 en 2023. Mais jamais une “vraie” Renault frappée du losange n’avait affronté officiellement la montagne américaine.
C’est là que le projet de Valentin Simonet prend une dimension presque historique : engager pour la première fois une Renault R.S. 01 à Pikes Peak, en catégorie Pikes Peak Open, avec une voiture privée, préparée en France, par une équipe française. Un projet mûri depuis des mois, pensé comme un hommage autant qu’un défi sportif.

Renault R.S. 01 : l’ovni né des World Series by Renault

Pour comprendre le sens du projet, il faut revenir en 2014. Renault cherche alors une remplaçante à la Mégane Trophy et décide de créer une machine sans compromis pour un championnat monotype spectaculaire, le RS Trophy, intégré aux World Series by Renault. Ainsi naît la Renault R.S. 01...
Présentée par Alain Prost, la voiture impressionne immédiatement. Sous son design agressif inspiré en partie du concept DeZir, on découvre une véritable voiture de course : châssis monocoque carbone développé avec Dallara, suspensions à double triangulation avec amortisseurs horizontaux façon prototype, aérodynamique extrême. La R.S. 01 peut générer jusqu’à 1,7 tonne d’appui aérodynamique, un chiffre digne d’une monoplace de haut niveau. À l’époque, ses performances sont comparables au DTM.
Sous le capot arrière, Renault va chercher le meilleur au sein de son alliance : le V6 3,8 litres biturbo de la Nissan GT-R, préparé par Nismo. Dans sa version course, il développe environ 550 ch, couplé à une boîte Sadev 7 rapports avec embrayage centrifuge, sans pédale d’embrayage. Le départ s’effectue presque comme avec une automatique : on engage la première, on accélère, et l’embrayage gère seul la mise en mouvement.
Mais fin 2015, tout s’arrête. Les World Series disparaissent, le championnat aussi. Seulement 35 châssis seront produits. Trop performante, difficile à placer malgré une homologation GT3, la R.S. 01 aura une carrière brève et confidentielle. C’est précisément cette trajectoire inachevée qui séduit Valentin Simonet. Pour lui, la R.S. 01 symbolise une époque où Renault osait concevoir des machines extrêmes, pensées pour le spectacle et la performance pure.

Renault R.S. 01 : transformer une pistarde en alpiniste mécanique

Si la base est impressionnante, le défi Pikes Peak est colossal. À 4 302 mètres d’altitude, le moteur devra être profondément revu : travail sur les turbos, le collecteur, la gestion de la pression de suralimentation, l’admission, la cartographie. L’objectif : compenser la perte de puissance liée à l’air raréfié. L’aérodynamique, déjà spectaculaire, devra aussi être adaptée aux spécificités de la montée. Même combat pour la gestion thermique, la motricité et la réponse moteur.
En catégorie Pikes Peak Open, la liberté de préparation est large, mais chaque détail compte. La voiture conserve sa configuration GT3 : freins acier PFC (plus endurants et maîtrisables que le carbone d’origine), pneus Michelin, probablement en gomme plus tendre pour la course de côte, et un cockpit typé prototype avec électronique Cosworth, réglages d’ABS, de traction control et de réponse d’accélérateur.
Dans une vidéo publiée sur la chaîne YouTube du pilote (voir ci-dessous), les premiers tours de roue au circuit Ricard permettent déjà de mesurer l’ampleur du potentiel de la voiture. Malgré des conditions piégeuses, la voiture s’est montrée saine et étonnamment accessible, proche dans les sensations d’un prototype moderne. Derrière le projet, la structure Krafft Racing accompagne Simonet dans ce chantier titanesque. Mais au-delà de la performance, le pilote adresse un message clair aux ingénieurs d’Alpine Racing et ex-Renault Sport de Viry-Châtillon : cette R.S. 01 est bien leur héritage roulant.

Le 21 juin 2026, l’objectif sera simple et immense à la fois : emmener la première Renault de l’histoire au sommet de Pikes Peak. Et prouver qu’une voiture parfois oubliée peut encore écrire une page majeure du sport automobile français...

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À propos de l’auteur
Hugo Taupin
Hugo Taupin
Passionné par l'automobile depuis mon plus jeune âge, je suis toujours à l'affût des nouveautés du monde automobile. Je partage les dernières actualités autour de cette sphère. Grand amateur de performance et de pilotage, je saisis chaque opportunité de prendre le volant et de ressentir l'adrénaline sur piste.
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