Nouvelle Koenigsegg CCGT1 : la renaissance d’une légende de la course

Publié le 14 août 2026 à 13:00
1_2

Vingt ans après l'abandon tragique de son projet d'endurance, Koenigsegg prend sa revanche avec la CCGT1 : une hypercar radicale de 1 280 ch, homologuée pour la route et tirée à seulement 70 exemplaires.

On ne croisera sans doute jamais une Koenigsegg au feu rouge en bas de chez soi, mais la nouvelle Koenigsegg CCGT1 mérite vraiment qu’on s’y attarde. Derrière ce nom un peu alambiqué se cache la renaissance d’un projet, une GT1 quasiment prête à courir qui n’a jamais pris le départ.

Nouvelle Koenigsegg CCGT1 : une revanche sur Le Mans

À l’époque, Koenigsegg avait construit la CCGT, une voiture unique destinée aux 24 Heures du Mans. Juste avant son homologation, le règlement GT1 change : fin de l’histoire, un seul châssis, zéro course. Presque vingt ans plus tard, la division Legends de la marque restaure cette CCGT pour la catégorie GT1 Historic, et la CCGT1 arrive comme sa revanche : un hommage moderne, homologué route dans le monde entier, limité à 70 exemplaires déjà tous vendus. La CCGT originelle, dérivée de la CCX, misait sur un châssis d’environ 1 000 kg et un V8 5,0 litres atmosphérique pour affronter les GT1 officielles sur endurance. Les premiers essais affichaient des temps prometteurs, puis les règles ont imposé d’autres contraintes de poids et de production qui rendaient le projet intenable pour un petit constructeur. Le prototype est resté au garage, devenant une sorte de fantôme adoré des fans. Aujourd’hui, ce fantôme retrouve vie en double. L’original, restauré, s’apprête à courir en GT1 Historic. Et à côté, la Koenigsegg CCGT1 est une voiture entièrement nouvelle, bâtie sur la base technique de la CC850, mais avec une carrosserie et une aérodynamique redessinées pour l’endurance.

Nouvelle Koenigsegg CCGT1 : obsédée par la sensation

© Koenigsegg

Au cœur de la CCGT1, on retrouve le V8 5,0 litres bi-turbo maison. Il développe 1 280 ch, et jusqu’à 1 600 ch avec de l’E85, la voiture acceptant tous les mélanges entre les deux. Cette marge de puissance rappelle ses racines d’endurance : pouvoir rouler très vite, très longtemps, en fonction du carburant disponible. La transmission repose sur la Light Speed Transmission (LST), une boîte à neuf rapports sans volant moteur, avec sept embrayages multidisques capables de sauter plusieurs vitesses d’un coup. Deux personnalités s’offrent aux clients : le Koenigsegg Sequential Shift, une séquentielle à neuf rapports avec pédale d’embrayage uniquement au départ et passages à la volée grâce à une coupure d’allumage, ou l’Engage Shift System, une vraie grille manuelle à six vitesses qui cache en réalité la même boîte neuf rapports, avec mode automatique et palettes.
Presque chaque panneau de carrosserie de la CCGT1 a été revu pour générer jusqu’à 800 kg d’appui à 250 km/h. L’aileron arrière actif varie sur 30 degrés entre faible traînée, aérofrein et fort appui, épaulé par un large splitter avant, un fond sculpté et des prises NACA pour le refroidissement. La robe en Ghost Fibre, une fibre blanche mêlée au carbone, reprend une idée apparue en 2009 sur la Trevita, mais avec plus de rigidité, moins de bruit et toujours cet effet "cristal" au soleil.
À l’intérieur, la CCGT1 aligne sièges carbone, harnais six points, grand levier de boîte placé à quelques centimètres du volant et écran tactile central, mais reste utilisable au quotidien : "La CCGT1 a deux identités bien distinctes", explique Christian von Koenigsegg, fondateur de la marque. "Sur route, c’est une grande routière sublime, à la fois confortable et incroyablement capable, mais ses origines sont ancrées dans l’endurance et c’est là qu’elle révèle pleinement son caractère en véritable célébration de la CCGT d’origine." [...] "La CCGT1 offre quelque chose de très attirant pour le pilote du week-end qui veut aussi une voiture de tous les jours vraiment performante sur piste", résume Christian von Koenigsegg.

La Koenigsegg CCGT1 referme une page vieille de vingt ans tout en ouvrant une ère spectaculaire. En transformant un fantôme des 24 Heures du Mans en une hypercar ultra-exclusive homologuée pour la route, le constructeur suédois prouve une fois de plus que les plus beaux rêves automobiles finissent parfois par prendre vie...

Nos marques populaires Voir tout
À propos de l’auteur
Lucas Brenot
Lucas Brenot
J’aime l’automobile pour ce qu’elle apporte concrètement : la sensation de conduite, le plaisir d’un moteur bien réglé, le soin apporté à un intérieur. J’ai grandi avec des voitures autour de moi, et c’est resté une vraie curiosité au quotidien.
Ses derniers articles
Sport Auto