Il vend sa Lamborghini Countach avec une promesse de rachat, mais son prix lui échappe 26 ans plus tard
En 2000, l’Américain Bill Su cède sa Lamborghini Countach LP400 S Série 1 avec une simple promesse orale de rachat. Vingt-six ans plus tard, la vente aux enchères de Monterey va tout bouleverser.
Vendre sa voiture de rêve en se disant qu'on pourra la racheter plus tard, Bill Su y a cru. Vers 2000, ce collectionneur américain se sépare à regret de sa Lamborghini Countach LP400 S Série 1, en scellant avec l'acheteur une promesse simple : s'il la revend un jour, il l'appellera en premier.
Vingt-six ans plus tard, le téléphone a bien sonné. Mais entre-temps, ce coupé rouge de 1979 est passé du statut de belle supercar d'occasion à celui de pièce de musée valant plusieurs millions. Face au nouveau prix et à un marché des supercars de collection en plein envol, l'ancien propriétaire doit renoncer à exercer ce droit de préemption informel.
Une poignée de main pour vendre la Lamborghini Countach de Bill Su
En 2000, la Countach que convoite le Canadien Fred Phillips n'est alors qu'une supercar rare de plus dans le paysage. Livrée neuve à Rome en 1979 puis rapidement expédiée aux Etats-Unis, elle est passée entre les mains de Bill Su en 1999. Un an plus tard, il la revend à Phillips pour 79 000 dollars, environ 73 000 €, avec une promesse orale de priorité en cas de revente.

Dans les faits, cette promesse ressemble à un droit de préemption, ou "right of first refusal" : Bill Su n'y fige pas le prix, il s'assure seulement d'être rappelé avant les autres. Vingt-six ans plus tard, quand Fred Phillips décide enfin de vendre, il tient parole. Mais la valeur de la voiture se chiffre désormais en millions, bien au delà des moyens de son ancien propriétaire.
Une Lamborghini Countach LP400 S Série 1 quasi neuve, 1 803 km au compteur
Cette voiture n'est pas une Countach ordinaire. C'est une LP400 S Série 1, châssis n° 1121086, l'une d'une cinquantaine d'unités sur 238 LP400 S au total. Sous la carrosserie dessinée par Bertone, un V12 atmosphérique de 3,9 litres et 355 ch, et sur cet exemplaire les pneus Pirelli P7 d'époque comme les jantes Campagnolo Bravo sont toujours là, détail qui affole les collectionneurs.
Le catalogue de RM Sotheby's à Monterey décrit en 2026 une auto au kilométrage presque irréel : 1 803 km seulement, soit moins de 800 km parcourus en 26 ans chez Fred Phillips. Vendue pendant la Monterey Car Week avec l'aide du spécialiste Curated, connu pour la chaîne YouTube We Are Curated, la voiture atteint 2,37 millions de dollars, environ 2,05 M€ : près de 30 fois le prix de 2000 et quelque sept fois la cote médiane d'une LP400 S donnée par le guide américain Sports Car Market.
Promesse de rachat : les limites d’un accord à l’amiable
Entre 79 000 dollars en 2000 et 2,37 millions en 2026, la hausse dépasse 2 900 %, soit un rendement moyen proche de 14 % par an. Pourtant, la promesse qui liait Bill Su et Fred Phillips ne lui garantissait qu'un coup de fil avant que la Countach ne parte ailleurs : un droit de préemption donne accès au bien au prix du marché, pas à un tarif souvenir fixé vingt ans plus tôt.
En droit français, une véritable promesse de rachat passe par un contrat écrit : prix ou formule de calcul, durée, conditions, sanctions en cas de revirement.














