Ralph Lauren : sa collection secrète de voitures a fasciné le Louvre
En 2011, la collection automobile de Ralph Lauren a quitté son garage new-yorkais pour une nef sombre au cœur du palais du Louvre. Comment dix-sept sportives mythiques y ont-elles été élevées au rang d’œuvres d’art ?
Pendant longtemps, on a répété que les voitures ne seraient jamais de l’art. Pendant ce débat, Ralph Lauren, styliste américain, constituait discrètement un garage de machines rares, de la Bentley d’avant‑guerre à la supercar moderne. La collection automobile de Ralph Lauren est devenue l’un des musées privés les plus convoités au monde.
Installée près de New York, cette réserve compte plus de 70 voitures, réunies pour l’essentiel entre 1983 et 1989. Une première sélection a été montrée au Museum of Fine Arts de Boston en 2005. En 2011, 17 d’entre elles ont traversé l’Atlantique pour être exposées à Paris. Que fallait‑il pour qu’une poignée de voitures franchisse le seuil du Louvre ?
Quand la collection automobile de Ralph Lauren s’invite au palais du Louvre
Le cœur de la collection repose dans un entrepôt à Bedford, dans l’État de New York, transformé en écrin blanc et bois sombre. Ralph Lauren y aligne plus de 70 sportives européennes, produites entre la fin des années 1920 et les années 1990. Il assure les conduire régulièrement. Pour Paris, il a prêté 17 modèles couvrant la période 1929‑1996.
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Cette Ferrari 250 GTO appartient à Ralph Lauren.
L’exposition parisienne, intitulée L’Art de l’automobile. Chefs‑d’œuvre de la collection Ralph Lauren, s’est tenue du 28 avril au 28 août 2011 au Musée des Arts décoratifs, 107 rue de Rivoli, dans le palais du Louvre. Le commissaire Rodolphe Rapetti a ordonné le parcours comme une histoire de la voiture de course européenne. L’architecte Jean‑Michel Wilmotte a imaginé une sorte de nef sombre où chaque voiture trônait sur son socle, éclairée comme une sculpture.
Ferrari, Bugatti et Jaguar : les joyaux qui ont convaincu le Louvre
Côté italien, le casting est vertigineux. La Ferrari 250 GTO de Ralph Lauren, châssis 3987GT, affiche quatre victoires en course ; il l’a achetée en 1985 pour 650 000 $, soit un peu plus de 600 000 €, et elle vaudrait aujourd’hui des millions. L’expo alignait aussi une 250 Testa Rossa carrossée par Scaglietti, une rare 250 LM de 1964 et une Alfa Romeo 8C 2900 Mille Miglia de 1938, produite à seulement trois exemplaires.
Chez Bugatti, la Type 59 Grand Prix de 1933 n’a été produite qu’à quatre exemplaires. Plus spectaculaire encore, la Bugatti Type 57SC Atlantic de 1938, dite Pope Atlantic, est le dernier des quatre coupés construits ; l’exemplaire réservé à Jean Bugatti a disparu et la marque estime qu’il dépasserait les 100 millions de dollars, soit plus de 92 millions d’euros, s’il réapparaissait. Autour, des icônes britanniques comme la Jaguar D‑Type, la Bentley 4½ Litre "Blower" et une moderne rarissime, la McLaren F1 LM, l’une des cinq construites, évaluée autour de 20 millions de dollars, environ 18,5 millions d’euros.
Quand l’automobile est accrochée comme une œuvre d’art
"Les voitures sont une œuvre d’art et pas seulement un objet utilitaire. Parmi toutes les choses que nous utilisons chaque jour, la voiture est celle à laquelle nous tenons le plus, celle qui concentre le maximum de technologie et de design tout en offrant le maximum de liberté", a expliqué Rodolphe Rapetti à Top Gear.
Après l’exposition, Ralph Lauren a fait réaliser des miniatures à l’échelle 1/8 des 17 modèles, dont une 250 GTO vendue juste en dessous de 3 000 $, soit 2 700 €.














