Promise à la casse après un ouragan, cette Camaro de 1970 a connu un tout autre destin
D’une épave inondée à une véritable voiture de course : la "Scaremaro" a connu une trajectoire hors norme. Plus de cinquante ans après sa construction, elle est à vendre.
À première vue, cette Chevrolet Camaro de 1970 n’est qu’une muscle car de plus, repeinte en bleu et posée dans le showroom d’un marchand californien. Sauf que cette voiture-là, surnommée "Scaremaro", a d’abord été noyée pendant l’ouragan Agnes, avant de devenir une arme d’endurance IMSA GT pendant plus de dix ans.
Aujourd’hui proposée à la vente chez Fantasy Junction, à Emeryville, la Chevrolet Camaro Scaremaro de 1970 raconte une trajectoire rare : victime d’une inondation alors qu’elle n’a que deux ans, sauvée par un pilote privé, alignée aux 24 Heures de Daytona puis dans les grandes courses américaines, et encore capable de prendre le départ d’épreuves historiques.
De l’ouragan Agnes à la piste : la seconde vie d’une Camaro noyée
En 1972, l’ouragan Agnes frappe la côte Est : 128 morts et 2,1 milliards de dollars de dégâts, soit environ 1,8 milliard d’euros, dans les Caraïbes, les États-Unis et le Canada. Parmi les milliers de voitures immergées dans les inondations se trouve cette Camaro de deuxième génération, sortie d’usine en 1970 et déjà promise à la casse.
La suite bascule quand le pilote Craig Carter repère la voiture. Là où la plupart voient une épave gorgée d’eau, lui imagine un futur châssis de course. La carrosserie est sauvée, l’auto entièrement dépouillée, puis reconstruite dans l’esprit des américaines d’endurance de l’époque. La Camaro de tous les jours disparaît, une vraie voiture de course commence à naître.
Craig Carter, IMSA GT et le palmarès fou de la Scaremaro
Craig Carter engage sa création dans le championnat de l’International Motor Sports Association, en catégorie GT, qui aligne alors des voitures de série lourdement préparées pour les longues distances. Sous le capot, le V8 affiche une cylindrée de 7,8 litres. Il est associé à une boîte manuelle à quatre rapports. Le bruit est tel que la voiture décroche un surnom qui restera : Scaremaro, "la Camaro qui fait peur".
Entre 1972 et le début des années 1980, la voiture dispute plus de 30 courses. Craig Carter a notamment obtenu une 4e place de catégorie aux 24 Heures de Daytona, une épreuve qu’il connaît par cœur avec une dizaine de participations. Le pilote s’aligne aussi quatre fois aux 12 Heures de Sebring. L'auto figure un temps sur la liste des engagées des 24 Heures du Mans, même si elle ne prendra finalement pas le départ.
Scaremaro aujourd’hui : une ex-IMSA à vendre, prête pour Daytona et Le Mans
Après sa carrière active, la Camaro bénéficie d’une restauration complète par un propriétaire passionné, qui lui redonne sa livrée Peerless Machine and Tool Co. : bleu métallisé, intérieur noir, déco début années 1980. Il la remet en piste dans les grands rendez-vous historiques de la côte Ouest, comme le Monterey Rolex Reunion en 2014 et le Sonoma Historic Reunion en 2016. L’humoriste et pilote amateur Adam Carolla, présent à Laguna Seca, la décrira alors comme la voiture la plus bruyante en piste.
Aujourd’hui, Scaremaro est proposée à 95 000 dollars, soit environ 81 000 €, chez Fantasy Junction, avec une lettre signée de Craig Carter qui confirme son statut de survivante de l’ouragan Agnes. Toujours en configuration course, elle reste éligible à des épreuves comme le Daytona 24 Hour Classic ou Le Mans Classic, sous réserve des papiers nécessaires. Une auto pensée pour quelqu’un qui veut vraiment enfiler un casque, pas seulement regarder sa Camaro dormir dans le garage.














