Monospace avec V10 de F1, 4x4 amphibie… Renault osait vraiment tout
Bien avant ses concepts électriques, Renault imaginait des prototypes autrement plus extravagants. Voici cinq créations des années 1990 qui montrent jusqu’où la marque au losange était prête à aller.
Monospace dopé au V10 de F1, 4x4 amphibie tout droit sorti d’un film de SF, roadster sans pare-brise ou presque… Dans les années 1990, Renault s’est lâché comme rarement avec une série de concept-cars complètement déraisonnables, pensés plus pour faire rêver que pour finir en concession.
Sous l’impulsion du designer Patrick Le Quément, la marque multiplie les délires d’ingénieurs : Laguna Roadster, Racoon, Espace F1, Initiale et Vel Satis concept. Cinq ovnis roulants qui ont marqué les salons de Paris et de Genève, et dont beaucoup d’idées semblaient absurdes à l’époque… avant de devenir banales aujourd’hui.
Laguna Roadster et Racoon : Renault version science-fiction
En 1990, le public du Mondial de Paris découvre le Renault Laguna Roadster, un petit bolide bleu posé au ras du sol. Deux places, moteur 2,0 litres turbo de 210 ch en position centrale arrière, portes en élytre, pare-brise si bas qu’il ne protège presque rien. Pour compenser, Renault imagine des visières façon casque de moto, avec capteurs infrarouges, micro et écouteurs intégrés, comme un ancêtre des casques connectés.
Deux ans plus tard arrive le Racoon, sorte de mini-SUV avant l’heure, monté sur d'énormes pneus, avec une transmission intégrale et un V6 biturbo d’environ 3 litres. Sa grande verrière basculante sert de porte. Il dispose d'un verrouillage à distance et utilise une navigation par satellite. Des caméras trônent à la place des rétroviseurs. Surtout, il sait flotter grâce à des hydrojets : on quitte la route, on file dans l’eau, toujours dans le même engin.
Espace F1 et Initiale : la folie du V10 de Formule 1
En 1994, pour célébrer l’Espace, Renault décide de greffer à son monospace un V10 3,5 litres issu de la Williams-Renault de Formule 1, d'environ 800 ch. L’Espace F1 repose sur un châssis en carbone inspiré d’une monoplace, adopte une carrosserie ultra élargie, quatre baquets et des performances de supercar, le tout avec la silhouette d’un véhicule familial.
La même année, le constructeur dévoile l’Initiale, grande berline de luxe aux lignes audacieuses, volontairement déroutantes. Sous le capot, on retrouve un V10 3,5 litres dérivé de la F1, cette fois assagi à environ 390 ch pour privilégier la douceur. L’intérieur se présente comme un salon roulant ultra cossu, annonçant un haut de gamme français ambitieux, même si ni le moteur ni l’exubérance ne verront la série.
Vel Satis concept et l’héritage des années 90
Pour son centenaire en 1998, Renault imagine la Vel Satis concept, une grande quatre places à mi-chemin entre coupé et berline. Son immense pare-brise remonte sur une bonne partie du toit, les vitres latérales dessinent une courbe continue, et un V6 3,0 litres de 210 ch assure la propulsion. L’habitacle multiplie les raffinements électroniques et les commandes motorisées, comme un manifeste de luxe futuriste à la française.
Ces cinq show-cars n’ont pas été produits, mais ils ont servi de laboratoire à ciel ouvert. Ils ont préparé le terrain pour la Vel Satis et l’Avantime, inspiré le Renault Sport Spider, banalisé le GPS, les caméras de manœuvre, l’accès mains libres ou les intérieurs façon salon. Aujourd’hui, on retrouve un peu de leur audace dans chaque concept électrique signé Renault.



























