Maserati A6G/54 Spyder Zagato : cet exemplaire unique est proposé aux enchères à plus de 3,4 millions d'euros

Publié le 10 mai 2026 à 07:30
Maserati A6G/54 Spyder Zagato : cet exemplaire unique est proposé aux enchères à plus de 3,4 millions d'euros

Commandée par Juan Perón puis oubliée pendant des décennies, une Maserati A6G/54 2000 Spyder Zagato refait surface. En mai 2026, cette pièce unique pourrait affoler les enchères RM Sotheby’s.

Au Salon de l’automobile de Genève en 1955, décrit par le magazine Robb Report, un président argentin tombe amoureux d’un roadster italien. Juan Perón repère sur le stand Maserati un prototype ouvert carrossé par Zagato et demande une calandre retravaillée, un capot plus agressif, un pare-brise modifié, des ouïes chromées. Quelques mois plus tard, un coup d’État l’expulse du pouvoir, la commande est annulée, la voiture repart en stockage. Des décennies plus tard, ce même prototype revient sur le devant de la scène, primé à Pebble Beach, avec une promesse : faire flancher les collectionneurs de très haut niveau.

Il s’agit de la Maserati A6G/54 2000 Spyder Zagato, châssis 2101, unique spyder A6G/54 carrossé par Zagato. D’après Robb Report, cette série n’a compté que quelques dizaines d’exemplaires et ce châssis a déjà connu une carrière mouvementée : adjugé 4,45 millions de dollars (environ 3,78 millions d'euros) à New York en 2013, puis 2,99 millions de dollars (environ 2,54 millions d'euros) à Monterey en 2022, avant une remise à niveau complète. Les spécialistes cités par le magazine estiment désormais que les enchères à venir pourraient dépasser les 4 millions de dollars (environ 3,4 millions d'euros) pour cette pièce unique.

Une Maserati A6G/54 2000 Spyder Zagato vraiment unique

Selon la maison de ventes RM Sotheby’s, environ soixante châssis A6G/54 ont quitté l’usine Maserati dans les années 1950, dont vingt-et-un habillés par Zagato. Le châssis 2101 est le seul à avoir reçu une carrosserie spyder de l’atelier milanais, ce qui en fait une licorne pour les amateurs de gran turismo italiens. Sous son capot prend place un six-cylindres en ligne de 2 litres à double arbre à cames, dérivé des modèles de course A6GCS. Les modifications exigées à l’époque par Juan Perón – calandre au Trident agrandi, prise d’air de capot plus haute, pare-brise redessiné, ouïes latérales chromées – composent aujourd’hui une silhouette que les juges du Pebble Beach Concours d’Elegance ont récompensée en 2024 par un double prix, dont le Jules Heumann Most Elegant Open Car Award.

Un parcours de l'A6G/54 de Juan Perón aux collectionneurs américains

Après l’annulation de la commande présidentielle, la voiture apparaît au Salon de Paris 1956 puis, d’après les archives de la maison, est cédée à un diplomate américain puis à un officier de l’US Air Force qui l’emmène aux États-Unis. Elle rejoint ensuite l’équipe californienne Genoa Racing, où elle reste remisée pendant des années avant une restauration dans sa configuration Blu Algisto Scuro de 1958, puis un passage chez le collectionneur britannique Brandon Wang et dans plusieurs musées italiens, jusqu’à sa vente au grand collectionneur américain Oscar Davis pour 4,45 millions de dollars (environ 3,78 millions d'euros) en 2013.

En 2022, la Maserati est achetée 2,99 millions de dollars (environ 2,54 millions d'euros) à Monterey par l’investisseur californien Chris Shane, selon les résultats de vente, qui fait ensuite revoir entièrement sa mécanique chez Fast Cars à Redondo Beach.

Une vente Sealed qui peut propulser la Maserati A6G/54 au-dessus de 3,4 millions d'euros

La maison prévoit une vente Sealed en ligne mi-mai 2026, avec un prix attendu au-delà de 4 millions de dollars (environ 3,4 millions d'euros). "C'est, sans aucun doute, la pièce de résistance des voitures de sport Maserati des années 1950, et une icône presque incompréhensible du design italien de l'époque", résume Harvey Stanley, directeur des ventes privées de la maison.

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