Kode89 : le designer de la Ferrari Enzo crée une hypercar V12 comme on n’en fait plus
À l’heure des hypercars hybrides et électrifiées, la Kode89 choisit une tout autre voie : V12 atmosphérique, boîte manuelle et production extrêmement limitée.
Une hypercar V12 avec trois pédales et une grille apparente, signée par l'homme qui a dessiné la Ferrari Enzo : on pensait ne plus jamais voir ça. Le designer japonais Ken Okuyama revient avec la Kode89, une supercar confidentielle qui remet la boîte de vitesses manuelle au centre du jeu.
Alors que les hypercars actuelles empilent batteries, turbos et boîtes à double embrayage, la Kode89 fait volontairement machine arrière : moteur V12 atmosphérique placé en position centrale, commande d’embrayage bien réelle sous le pied gauche et levier cranté qui claque dans sa grille ouverte. Huit exemplaires seulement verront le jour, avec une première mondiale annoncée au Pebble Beach Concours d'Elegance le 16 août 2026.
Ken Okuyama Kode89 : le V12 manuel comme manifeste
Pour situer le personnage, Ken Okuyama a signé la silhouette de la Ferrari Enzo, mais aussi celle de la Maserati Quattroporte, avant de fonder Ken Okuyama Cars. Ses précédentes créations, kode9, kode57 ou kode0, restaient des relectures ultra luxueuses de bases existantes comme la Lotus Elise, la Ferrari 599 ou la Lamborghini Aventador. Avec la Kode89, il passe à un projet de vaisseau amiral entièrement développé en interne.
Sous le capot arrière, les clients auront le choix entre un V12 atmosphérique de 5,4 litres donné pour 540 ch ou une version 5,9 litres portée à 750 ch. Quelle que soit la configuration, le moteur reste associé à une boîte manuelle à 6 rapports, avec une grille de sélection apparente et trois pédales. Cette approche résolument analogique veut replacer le conducteur au centre, Ken Okuyama allant jusqu’à lâcher que sa Kode89 est "peut-être plus italienne que les voitures qui sortent aujourd'hui d'Italie", une pique directe aux géants de la péninsule.
Kode89 : clin d’œil à 1989, Mythos et châssis en alu
Le nom Kode89 n’est pas un hasard : il renvoie à 1989, année où Pininfarina présentait le concept Ferrari Mythos sur base de Testarossa, une étude qui a convaincu Ken Okuyama de rejoindre la maison italienne. Sa nouvelle hypercar reprend ce goût pour les lignes tendues et les volumes très bas, avec un nez acéré, un pare-brise court, de grandes prises d’air latérales et un aileron fixe. Sur le profil, on reconnaît immédiatement la patte du créateur de l’Enzo.
Là où le projet change radicalement de registre par rapport aux précédentes Kode, c’est sous la peau : la Kode89 repose sur un châssis tubulaire en aluminium conçu maison, capable d’accueillir différents V12 montés dans le sens de la longueur. Ce choix de l’alu plutôt qu’une coque en carbone vise moins le chiffre sur la fiche technique que le ressenti au volant, avec une rigidité dite plus "vivante" et un dialogue plus direct avec la route que sur certaines hypercars récentes.
Hypercar ultra limitée, clients initiés et pari de l’hydrogène
La production se limite à un premier micro‑lot déjà entièrement réservé, à un tarif tenu secret. Le profil visé : des collectionneurs lassés des supercars numériques, en quête de sensations mécaniques brutes.
En coulisses, Ken Okuyama développe aussi une version bi‑carburant hydrogène, façon laboratoire roulant pour prolonger la vie du V12 dans un paysage d’hypercars toujours plus électrifiées.














