Porsche mise sur un étonnant moteur à hydrogène pour réinventer le thermique
Coincée entre fin du thermique et électrification, Porsche explore l’hydrogène avec un nouveau brevet pour repousser les limites du moteur.
En pleine course à l’électrique, Porsche suit une autre piste pour préserver son ADN sportif : faire évoluer le bon vieux moteur à explosion sans le remplacer par une batterie géante. Entre réglementation européenne de plus en plus stricte et clients attachés au son d’un flat-six, le constructeur avance sur un fil.
Porsche : l’hydrogène pour sauver le moteur thermique ?
Dans l’ombre de la Taycan, les ingénieurs de Stuttgart travaillent sur plusieurs solutions à base d’hydrogène pour prolonger la vie du moteur thermique. Dernière idée en date, un brevet déposé au DPMA (office allemand des brevets et modèles d’utilité) décrit un système capable de produire son propre hydrogène à bord pour traiter un point noir bien connu : le démarrage à froid. L’Union européenne prévoit l’interdiction des voitures neuves à essence et diesel en 2035, sauf technologies neutres en CO₂. Pour une marque dont l’image repose sur la 911 et des V8 puissants, abandonner le moteur thermique serait un virage brutal. Porsche explore donc l’hydrogène comme carburant direct, mais aussi via des carburants synthétiques. Au Chili, près de Punta Arenas, une usine pilote transforme l’électricité éolienne en hydrogène vert par électrolyse, puis en e‑fuel en combinant cet hydrogène avec du CO₂ capté. La production doit passer d’environ 130 000 litres par an à 55 millions en 2025, puis 550 millions en 2027, pour alimenter compétitions et clients.
Porsche : un brevet de moteur thermique hydrogène
Le nouveau brevet décrit un moteur Porsche
thermique, fonctionnant à l'hydrogène : il ne stocke pas le gaz
dans un réservoir haute pression, il le fabrique. Un petit
électrolyseur embarqué transforme de l’eau en
hydrogène juste après la mise du contact, puis ce
gaz est injecté dans le moteur pour brûler très chaud. Cette
combustion accélère la montée en température du
catalyseur, pièce qui ne fonctionne vraiment qu’une fois chaude et
laisse sinon passer l’essentiel des polluants au démarrage. Le
réservoir d’eau pourrait être commun avec celui de lave‑glace, une
astuce qui économise de la place mais pose des questions d’usage en
hiver ou en usage intensif.
Porsche a aussi étudié un V8 4,4 litres biturbo
converti à l’hydrogène sur un SUV d’environ 2 650 kg, type Cayenne.
Dans une simulation sur la boucle Nord du Nürburgring longue de
20,8 km, ce modèle virtuel aurait signé 8 min 20 s, soit environ 41
secondes de mieux qu’un Cayenne Turbo GT essence.
Ce moteur atteindrait jusqu’à 440 kW, soit 598 ch, tout en demandant deux fois plus d’air qu’un essence classique et en restant très propre : pas d’hydrocarbures ni de monoxyde de carbone détectables, et des oxydes d’azote, en dessous des seuils visés par les futures normes Euro 6d et Euro 7.














