Des pneus de F1... recyclés en chaussons d'escalade révolutionnaires ?
Au Japon, une société a mis au point un modèle de chausson d'escalade considéré comme "révolutionnaire" car conçu avec de la gomme... recyclée d'anciens pneus de Formule 1 !
De l'escalade dans les colonnes de Sport Auto ? Ne partez pas trop vite : voici une histoire pour le moins cocasse mêlant pneus, Formule 1 et chaussons de grimpe...
Des chaussons d'escalade... en pneus de F1 recyclés ?
Pendant que la Formule 1 bat son plein du côté de
Melbourne, loin de soubresauts géopolitiques au
Moyen-Orient qui pourraient toutefois venir perturber le bon déroulé du
début de saison, une histoire pour le moins
insolite est parvenue à nos oreilles au détour de la
semaine précédent le Grand Prix d'Australie, coup
d'envoi d'une campagne entre inconnues et
tensions.
En tant que grimpeur amateur, il arrive à votre
serviteur à la plume - pratiquant de bloc à ses heures
perdues - de vagabonder du côté de la presse spécialisée,
en quête des dernières histoires humaines ou
sportives comme le milieu de l'escalade sait les produire.
L'actualité qui retient notre attention dans ces lignes est née
d'une publication sur réseaux sociaux concernant
un nouveau chausson de grimpe conçu... avec
d'anciens pneus de Formule 1.
Le
buzz débuta cet hiver dans les salles
d'escalade après la publication d'une vidéo montrant une
chaussure d'escalade comme "collée" sur une paroi
rocheuse verticale, sans assistance humaine pour la maintenir en
place. Or, pour les non-initiés, un chausson standard n'est pas
imaginé pour adhérer ainsi à une quelconque
surface. Alors, trucage grossier ?
Comment ça marche ?
Même pas. Le secret ? GP Rubber, un
matériau imaginé à partir de gomme recyclée de
pneumatiques utilisés en Formule 1. Le chausson en
question, baptisé GP1 ou
GP2 (rien à avoir avec l'ancienne
appellation de la Formule 2), a été conçu par
RAToM, une petite société japonaise
encore relativement inconnue mais dont la trouvaille pourrait bien
révolutionner la manière de concevoir des chaussures
d'escalade. Et, à terme, la pratique même du sport
?
L'onde de choc provoquée par cette
vidéo, publiée par Max Fisher - un
Américain propriétaire de la société de ressemelage
Rhythm Resole à Flagstaff, aux Etats-Unis - fut
suffisamment conséquente dans le petit monde de la
grimpe pour que d'autres avant nous se penchent sur la
question.
Le média spécialisé PlanetGrimpe a ainsi
conduit une enquête approfondie sur ce
fabricant nippon derrière cette invention. On y apprend que
RAToM a été fondée par un
ancien pilote de moto, familier avec le
fonctionnement de pneumatiques en compétition. Une
longue expérience, étalée sur deux décennies,
qu'il a voulu mettre à profit pour "développer lui-même une
gomme issue de pneus de course, adaptée à l’escalade",
explique l’un des dirigeants de RAToM à PlanetGrimpe.
Une démarche écologique
Et à la manière d'un Pirelli
fournissant aux écuries de F1 sa traditionnelle gamme de
pneus à chaque Grand Prix, la structure propose
plusieurs composés de chausson sur base de
critères similaires à ce qu'on peut trouver en course automobile, à
savoir la dureté, la souplesse,
l'adhérence, etc. Au point d'écarquiller
quelques sourcils dans le milieu de l'escalade quant à la
légitimité d'utiliser un matériau qui "colle" aux
surfaces, réduisant dès lors une partie de l'effort propre
à la discipline.
Au-delà de la légalité ou non du produit dans un cadre de
compétition - il existerait quelques zones grises dans la
réglementation régie par la World
Climbing (ex-IFSC, la fédération
internationale d'escalade), la démarche se veut également
écologique. Comme souligné auprès de PlanetGrimpe : "la
durabilité est la véritable raison d’être du projet. L’adhérence
n’est qu’un aspect secondaire. Nous voulons réduire les déchets
issus des pneus de course [...] Le réchauffement
climatique ne se résoudra pas en quelques années, mais nous
espérons sensibiliser et mener des actions concrètes en matière de
recyclage, pour que les générations futures puissent vivre dans un
environnement plus sûr.
Bien que l’on parle beaucoup de GP Rubber à travers le prisme de la
performance, sa véritable raison d’être reste la durabilité.
L’escalade est intimement liée à la nature, et nous pensons que les
grimpeurs devraient se demander si leur matériel reflète cette
relation".
A l'heure d'écrire ces lignes, la production de ce chausson au matériau inédit - dont les techniques de fabrication sont jalousement gardées par RAToM - demeure encore limitée, notamment par la contrainte de mettre la main sur d'anciens pneumatiques de F1, produits en quantité limitée en fonction d'un calendrier réglementé.
Source : PlanetGrimpe















