Comment ce Peugeot 806 de 280 ch s’est-il retrouvé aux 24 Heures de Spa en 1995 ?
Il avait la silhouette d'un monospace familial, mais une mécanique de compétition et 280 ch. Aux 24 Heures de Spa de 1995, le Peugeot 806 Procar crée la sensation dès les qualifications.
Sur la grille des 24 Heures de Spa 1995, les spectateurs frottent leurs yeux : au milieu des berlines affûtées se glisse un grand monospace bleu et blanc, un Peugeot 806. Sous cette apparence, pourtant, se cache le Peugeot 806 Procar : une vraie voiture de course, pas seulement un coup de communication, qui va laisser la concurrence sans voix.
Ce projet fou est né en Belgique, où le service marketing de Peugeot cherche alors à dynamiser l'image du 806, paisible monospace familial lancé en 1994. En deux mois à peine, l'équipe de Kronos Racing transforme ce monospace familial en machine de 280 ch et 1 100 kg, capable de se qualifier 12e sur 46 et 3e de sa classe. De quoi tendre l'atmosphère dans le paddock avant même le départ.
Peugeot 806 Procar : d'un monospace familial à une arme des 24 Heures de Spa
À l'origine, le Peugeot 806 est l'un des eurovans développés avec Fiat pour répondre au Renault Espace. Produit à Sevel Nord, il offre jusqu'à huit places et, dans sa version la plus puissante, un 2,0 litres turbo de 147 ch, qui lui permet de passer de 0 à 100 km/h en 11 s et d'atteindre 195 km/h. Suffisant pour les vacances, pas pour affronter un raidillon à fond de quatrième.
Cette bascule, Pascal Witmeur la provoque. Pilote et responsable du budget publicitaire de Peugeot Belgique, il veut prouver qu'un monospace n'est pas une simple camionnette. Inspiré par les concepts Ford Transit Supervan et Renault Espace F1, il décide d'aligner un 806 en vraie course d'endurance, au championnat Procar et aux 24 Heures de Spa, et obtient le feu vert du siège comme du RACB.

Une performance qui fait grincer les dents du paddock
Le feu vert tombe au printemps 1995, et le compte à rebours s'enclenche : deux mois pour transformer une coque nue de 806 en bête de course. Kronos Racing vide tout, installe un arceau cage massif, un unique siège baquet et rallonge la colonne de direction. Les trains roulants viennent d'une Peugeot 405 Mi16, tandis que le moteur 2,0 litres atmosphérique de 280 ch provient de la 306 Maxi. Le tout pèse environ 1 100 kg.
Sur la grille, le Peugeot 806 Procar affiche une fiche presque sérieuse : traction, boîte de course, rapport poids/puissance digne d'une berline de Supertourisme malgré sa hauteur. L'équipage est 100 % belge, avec Pascal Witmeur, Éric Bachelart et Philippe Verellen. Beaucoup pensent à un numéro de communication. Les chronos tombent pourtant : 12e sur 46, 3e de catégorie. L'ambiance se refroidit chez les rivales battues par un monospace.
Après Spa, la seconde vie inattendue du 806 Procar
En course, la curiosité tourne au respect. Pendant près de dix heures, le 806 roule au rythme des meilleurs de sa division, allant jusqu'à lever deux roues dans le Raidillon. Puis la mécanique cède : freins usés, pompe à huile défaillante, et le monospace renonce alors qu'il vise encore le podium de catégorie.
Pour la marque, l'effet est acquis malgré l'abandon. Quelque 2 800 propriétaires de monospaces concurrents auraient fait le déplacement pour voir ce 806 se battre avec des voitures de course. Aujourd'hui, le Peugeot 806 Procar 24 Heures de Spa, pièce unique qui a depuis été exposée et proposée à la vente, rappelle ce jour où un monospace a fait taire tout un paddock.














